Carrières

Ils n’ont pas suivi de formation BTP

Mots clés : Accessibilité - Apprentissages - Enseignement supérieur - Entreprise du BTP - Fonction publique - Hygiène et sécurité du travail - Métier de la construction

Pas besoin de sortir du sérail pour faire carrière dans le BTP. Certains nouveaux venus sur le marché du travail y trouvent leur voie par des chemins détournés : stages, contrat de professionnalisation, recherches d’emploi élargies… Diplômés de l’industrie, de chimie, ou encore de sciences humaines, portraits de quatre jeunes professionnels à qui le changement d’orientation a réussi.

Vous devez être abonné au moniteur pour lire la suite de ce contenu
PAS ENCORE ABONNÉ
ENCADRE

« Multiplier les expériences de terrain pour être crédible »

Allisson Montet, 26 ans, ingénieur chimiste, ingénieur travaux principal chez Bouygues Bâtiment Ile-de-France

Même si le diplôme d’Allisson Montet la présente comme ingénieur chimiste, la jeune femme de 26 ans n’a pas hésité longtemps avant de rejoindre les rangs du BTP. « En sortant de classe préparatoire, je ne souhaitais pas m’engager dans un métier. Je me disais que le plus important était d’acquérir le titre d’ingénieur et que, pour la spécialité, on verrait plus tard. Je suis entrée à l’Ecole nationale supérieure de chimie et de physique de Bordeaux, ce qui ne m’a pas empêchée de faire mon premier stage chez Bouygues Bâtiment Ile-de-France. C’est après cette expérience que tout s’est décidé », explique-t-elle. Convaincue que la construction est ce qui lui convient le mieux, Allisson multiplie les stages chez Bouygues lors de sa scolarité (Bouygues UK en deuxième année, Bouygues Bâtiment Ile-de-France en troisième année), pour travailler sa « crédibilité » : « Comme je n’avais pas de diplôme dans le domaine du BTP, autant avoir une solide expérience terrain. » Bon raisonnement : à peine diplômée en 2005, le groupe français lui proposait de la recruter en tant qu’ingénieur travaux. Un poste dans lequel la jeune femme s’est depuis totalement épanouie. « Le fait de venir d’un autre secteur n’est pas un problème. Cela éveille plus de curiosité que d’animosité de la part de mes interlocuteurs », analyse-t-elle.

ENCADRE

« Une motivation supplémentaire »

Yann Treille, 32 ans, diplômé en sciences de l’éducation, aide conducteur de travaux en réhabilitation sociale chez GTM Bâtiment (Vinci Construction)

Rien ne prédisposait Yann Treille à devenir aide conducteur de travaux. « J’ai passé un bac littéraire, puis un DEUG en sciences de l’éducation à l’université de Saint-Denis. Je voulais devenir éducateur spécialisé, ou instituteur », se souvient le jeune homme. Après une première expérience d’aide médico-psychologique dans un foyer pour personnes handicapées, Yann sent pourtant qu’il est temps de changer. « Ce travail m’a épuisé psychologiquement et j’ai réalisé que je ne pourrais pas l’exercer très longtemps. J’ai donc changé de voie et, après plusieurs jobs alimentaires, je suis tombé sur une annonce de GTM Bâtiment sur le site de l’ANPE qui correspondait exactement à ce que je souhaitais faire. » Embauché en mars 2007, le jeune homme se forme à l’école de la réhabilitation de Vinci pendant dix mois et débute en tant qu’aide conducteur de travaux en janvier 2008. Près d’un an plus tard, il s’estime toujours en formation. « Mon parcours atypique agit comme une motivation supplémentaire. Je continue d’apprendre tous les jours. »

ENCADRE

« J’ai tout de même envoyé mon CV car les missions m’intéressaient »

Clément Perbal, 26 ans, ingénieur en génie des systèmes industriels, ingénieur qualité chez les Maçons Parisiens

La spécialisation ? Clément Perbal l’a longtemps évitée. « Au sortir du bac, je n’avais pas d’idée précise concernant mon futur métier. J’ai donc opté pour une école d’ingénieur relativement généraliste de l’industrie, l’Ecole d’ingénieurs en génie des systèmes industriels de La Rochelle. En suivant ce cursus, je me laissais la chance de travailler dans la logistique, la production, les études… », explique-t-il. Diplômé en juin 2006, le jeune homme est embauché par un cabinet de conseil pour effectuer des missions dans l’industrie automobile. Au bout de quatre mois, alors que sa mission se termine, Clément se met en quête d’un nouveau travail. Sur un site d’emploi, il effectue une recherche sous l’intitulé « ingénieur qualité ». Surprise, il tombe alors sur une offre des Maçons Parisiens, une PME francilienne de construction. « Je m’attendais à trouver des offres émanant de l’industrie, mais pas du bâtiment. Mais j’ai tout de même envoyé mon CV, car les missions m’intéressaient, et parce que j’avais d’anciens camarades de l’école d’ingénieur qui avaient opté pour cette filière », se remémore le jeune ingénieur. Embauché en avril 2007, Clément Perbal a découvert un « univers nouveau, où les contacts humains comptent beaucoup ». Pour se familiariser avec le secteur, il n’hésite pas à effectuer trois visites par semaine sur chantier. En attendant, d’ici l’an prochain, de passer conducteur de travaux.

ENCADRE

« Je n’ai pas hésité à poser beaucoup de questions »

Noémie Abdoun, 28 ans, ingénieur en génie chimique, ingénieur étude de prix chez Cari

C’est en 2003, son diplôme d’ingénieur de génie chimique en poche, que Noémie Abdoun a compris qu’elle n’avait peut-être pas choisi la meilleure orientation. « J’ai eu du mal à trouver un travail dans l’industrie chimique, un milieu très masculin. J’ai donc décidé de suivre une formation en contrat de professionnalisation en qualité, sécurité et environnement (QSE) », explique-t-elle. La jeune femme répond ensuite à une annonce de Cari pour un poste d’animateur QSE. « Je n’avais jamais entendu le nom de cette entreprise et tout ce qui relevait du bâtiment m’était étranger. Mais l’intitulé du poste m’a attirée. » Embauchée en novembre 2005, Noémie découvre un univers insoupçonné. « Ma fonction impliquait de nombreuses visites de terrain, et des échanges avec les chefs de chantier et les compagnons. Etant novice, je leur posais beaucoup de questions, et eux étaient ravis de m’apprendre. Cela s’est très bien passé. » Après cette première expérience, convaincue que le BTP lui convenait, la jeune femme a demandé à évoluer vers un poste davantage technique, plus en adéquation avec sa formation : celui d’ingénieur études.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X