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Ile-de-France : manque de visibilité sur l’année en cours

Les loueurs ne se laissent pas griser par le fort rebond d’activité au 1 er trimestre, qu’ils attribuent à une météo favorable.

«Surtout ne pas s’enflammer suite à l’embellie de janvier et février 2011, qui ont été marqués par un niveau d’activité bien meilleur que la même période en 2010. » Nicolas Kubryk, P-DG de Phocomex, attribue une large part de cette performance aux bonnes conditions météo qui ont stimulé les chantiers et la location, alors que les intempéries avaient fortement perturbé le début 2010. Difficile donc de comparer et surtout de détecter dans les bons chiffres du premier trimestre 2011 les signes d’une franche reprise. « Nous nageons dans l’incertitude, confirme Denis Poisson, P-DG de Morel et coprésident du DLR en Ile-de-France. Au premier trimestre, une reprise du marché semblait bel et bien s’amorcer. En mai, la prudence domine. »

Mauvais mois d’avril

Ce rapide changement d’humeur chez les loueurs franciliens a d’abord été provoqué par un mauvais mois d’avril. « Le creux du printemps est sans doute dû à l’apurement des congés dans nombre d’entreprises de construction », estime Denis Poisson. Mais d’autres clignotants rendent la profession perplexe. « Le manque de foncier, rappelle le dirigeant, pèse sur la construction de logements. » Les banques, qui prêtaient plus facilement, ont réduit leur offre de financement. « Le tissu économique présente une certaine fragilité, reprend Denis Poisson. Des PME qui avaient surnagé au plus fort de la crise rencontrent de grosses difficultés. Les baisses de chiffres d’affaires ont entraîné celles des fonds de roulement. Ces entreprises sont rattrapées par leur manque de trésorerie. » Toutefois, grâce à sa taille (25 % du marché national) le marché francilien a moins souffert de la crise que d’autres selon Nicolas Kubryk. Phocomex qui possède six agences autour de Paris, mais est surtout implanté dans le Sud-Est et un peu dans l’Ouest, pèse peu en région parisienne. Le loueur a cherché à répondre à la crise en jouant sur deux registres : fidéliser ses clients et développer de nouvelles activités. Phocomex, qui était surtout présent dans les fondations spéciales et l’événementiel, prend pied chez les entreprises paysagères, dans les TP et la route.

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Un quart des agences françaises

Avec presque 700 points de location répartis dans la région, l’Ile-de-France concentre le quart de l’offre française. Autre particularité : 97 % des clients demandent la livraison sur le chantier, un goût pour ce service qui s’explique par les difficultés de circulation autour de Paris.

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L' oeil de l'expert Vincent Wassmer, co-président du DLR Ile-de-France*« L’activité est là mais les prix sont au plus bas »

« Après 2009, l’année noire, la courbe baissière a commencé à s’inverser en 2010. Le premier trimestre 2011 est marqué par un rattrapage d’activité mais avec peu de visibilité. De sorte que nous ne savons pas si l’activité connaîtra cette année une croissance à un ou deux chiffres. Pour l’instant, la demande en matériel est très forte chez les loueurs qui doivent réinvestir dans leur parc. En revanche, les utilisateurs finaux n’ont pas repris leurs investissements. Il y a un courant d’activités mais dans un contexte très concurrentiel avec de très fortes tensions sur les prix. »

* Distributeurs, loueurs et réparateurs de matériels de bâtiment, TP et manutention.

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