Architecture

« Il faut tirer parti de l’identité de la Part-Dieu mais en inventer une pour la Gaîté »

Mots clés : Architecte

Entretien avec Winy Maas, architecte, cofondateur de l’agence MVRDV.

La Part-Dieu, à Lyon, arrive en deuxième position des centres commerciaux les plus fréquentés de France, tandis que les Parisiens peinent à se souvenir du chemin qui mène à la galerie marchande Gaîté, à Montparnasse, dans le XIVe arrondissement. Ces équipements ont toutefois des points communs. Ils sont situés à côté de grandes gares et figurent tous deux au patrimoine de la foncière Unibail-Rodamco. Surtout, d’ici à 2020, les deux sites, réalisés dans les années 1970, seront rénovés par la même agence d’architecture de Rotterdam (Pays-Bas) : MVRDV. L’enjeu de ces grandes manœuvres : accroître l’attractivité des deux complexes. En y ajoutant cette touche de « pop chic » dont l’architecte Winy Maas a le secret.

– MVRDV entame actuellement la transformation de deux centres commerciaux gérés par le groupe Unibail-Rodamco. Est-ce un hasard ?

Nous connaissons le groupe depuis 2004. Nous avons pris part, à cette date, à la première consultation sur le réaménagement des Halles, à Paris, et avons fait cette proposition de couvrir le centre commercial avec un grand dan ce floor de verre multicolore.

« Imaginer une nouvelle forme de leisure shopping, un alliage fait de commerces et de loisirs. »

Puis, il y a sept ou huit ans, le groupe a fait appel à quelques agences d’architecture, dont la nôtre, pour réfléchir au futur de l’environnement commercial.

Unibail-Rodamco gère un énorme portefeuille de lieux de commerce dans toute l’Europe, et maintenant aux Etats-Unis, et la question de l’adaptation de ces centres aux nouveaux usages se pose évidemment. Le groupe cherche à développer de nouveaux types de lieux.

Beaucoup de choses sont imaginables aujourd’hui quand il s’agit de créer des équipements neufs. Ainsi, on voit le succès avec lequel se développent en Chine de nouvelles installations totalement à l’air libre. Pour Unibail-Rodamco, l’enjeu est cependant avant tout de remettre l’existant au goût du jour, et il leur faut pour cela composer avec beaucoup de contraintes économiques. Il n’est donc pas tant question de bouleversements radicaux que d’évolution.

– Leurs implantations souffrent donc, comme d’autres, de la concurrence du commerce en ligne ?

Le modèle du centre commercial classique n’est pas le seul à avoir atteint ses limites. Aux Pays-Bas, les centres-villes se vident de leurs magasins. Vous observez, d’ailleurs, le même phénomène en France. Puisque la part purement marchande de l’activité des grands complexes se réduit, il faut imaginer une nouvelle forme de leisure shopping , un alliage fait de commerces et de loisirs. Pour les enseignes, ces lieux sont davantage envisagés comme une vitrine, un point de services à la clientèle : les gens ne viennent pas forcément pour acheter mais pour poser une question, tester un produit avant de peut-être finaliser leur achat sur...

Vous lisez un article de la revue Moniteur n° 5963 du 16/02/2018
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