[TO] Règles techniques

Hôpitaux Une planification des interventions

Mots clés : Gestion de l'entreprise

L’Assistance publique des Hôpitaux de Paris se dote d’outils de gestion pour rationaliser les interventions.

L’Assistance publique des Hôpitaux de Paris (APHP) représente l’un des plus importants patrimoines immobiliers de l’Hexagone avec une cinquantaine d’hôpitaux, couvrant une surface de 3,2 millions de mètres carrés.

La direction du patrimoine et de la logistique s’est récemment dotée d’un service d’ingénierie de l’environnement, de la sécurité et de la maintenance. « L’objectif de ce nouveau service, explique son responsable Laurent Gorza, est notamment de mettre en place une véritable politique de maintenance qui suppose une planification des investissements et des interventions. Cette politique doit tenir compte de compétences hétérogènes, d’un établissement à l’autre. »

Compte tenu de la complexité des installations, la réponse apportée consiste à doter l’ensemble des intervenants d’un outil de gestion partagé, intégrant les avancées des uns et des autres. « En effet, notre rôle au siège porte plutôt sur le conseil et l’expertise. Aux responsables de la maintenance, sur le terrain, de répondre rapidement aux demandes des équipes de soins. »

Comme tous les patrimoines importants, celui de l’APHP comprend des constructions anciennes, parfois même vétustes. Le rôle de l’outil de gestion est à la fois d’améliorer la qualité du patrimoine bâti mais aussi de garantir la sécurité des personnes et des biens, avec, comme objectif final, de réduire les coûts d’exploitation.

Assurer la sécurité

L’hôpital Necker a servi de site pilote au projet parce qu’il présente, d’une part, un patrimoine varié relativement représentatif et qu’il possède, d’autre part, des réseaux électriques complexes en raison d’évolutions successives des locaux. L’étude a été menée par Raphaël Rollinger, consultant au sein de l’entreprise Ligeron, spécialisée dans le management et la maîtrise des risques, dans le cadre d’une thèse menée à l’Esstin de Nancy. Toute amélioration suppose une analyse d’ensemble afin de définir les priorités. « La réponse consiste a adopter une démarche, de type industrielle, d’analyse des risques », précise Raphaël Rollinger. L’analyse des risques porte, à la fois, sur le patrimoine bâti et sur l’architecture des réseaux techniques. Il s’agit, pour le bâti, d’évaluer le niveau de risque encouru en cas de non intervention, de façon à hiérarchiser les opérations de maintenance. Le niveau de risque est obtenu par le calcul d’une criticité, qui est le produit d’une probabilité d’occurrence d’un événement redouté par la gravité de ses conséquences. Pour les réseaux sécuritaires, il s’agit de comparer différentes architectures entre elles en s’appuyant sur l’évaluation de critères pertinents.

Une opération similaire a été réalisée à l’hôpital Henri-Mondor de Créteil, où des outils de sûreté de fonctionnement ont été utilisés ainsi que d’analyse de dysfonctionnement tels que la méthode Amdec (Analyse des modes de défaillance de leurs effets et de leur criticité), couramment utilisée dans l’industrie. « La méthode mise au point est bonne, selon Laurent Gorza. Les indicateurs qui ont été définis vont servir à développer un outil de gestion du patrimoine, complété par un document d’une trentaine de pages, qui sera remis aux responsables de maintenance. Après des tests réalisés sur site, la montée en puissance du programme est prévue pour les années 2000-2001. »

TABLEAU : récapitulatif d’aide à la décision

Une méthode d’aide à la décision

La méthode de sélection des priorités d’intervention s’applique à un ensemble de travaux à réaliser, tous corps d’état confondus, dans le but de maintenir le patrimoine à un niveau de performance fixé et compte tenu des contraintes d’un budget restreint.

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ENCADRE

L'avis de l'expert RAPHAEL ROLLINGER, consultant chez Ligeron

« Une approche globale »

« Nous avons développé une approche globale de la gestion des bâtiments et des infrastructures techniques, destinée aux établissements hospitaliers. Pour cela, nous nous appuyons sur des concepts de sûreté de fonctionnement et de maîtrise des risques, déjà utilisés dans le domaine de l’industrie. L’objectif est double : il s’agit, d’une part, d’aider le gestionnaire dans la sélection des interventions de travaux, de façon à conserver son patrimoine en l’état, compte tenu des exigences qui lui sont imposées ; et, d’autre part, de favoriser le choix d’une architecture de réseaux techniques, dans le cadre d’importants travaux de rénovation ou de travaux neufs. Si la méthode s’appuie sur le concept de la sûreté de fonctionnement, qui passe par des critères de fiabilité, de maintenabilité, de disponibilité et de sécurité, il n’est pas question pour autant de recourir à un formalisme qui serait trop contraignant. En effet, l’outil doit être facilement applicable par des personnes non formées à la sûreté de fonctionnement. Ainsi, seuls sont utilisés l’approche fonctionnelle, les mécanismes de propagation de défaillance, les analyses inductives ou déductives. »

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