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GEORGES-HENRI PINGUSSON, MODERNE SINGULIER

Mots clés : Architecture - Conservation du patrimoine - Hôtels et pensions de famille

La Cité de l’architecture et du patrimoine revient sur cette figure atypique du modernisme. Puisant dans son fonds, elle dévoile la richesse et l’éclectisme de la production de l’architecte, au-delà des deux chefs-d’œuvre reconnus que sont l’hôtel Latitude 43 et le mémorial des Martyrs de la déportation.

Derrière les grands ténors du mouvement moderne, il est des figures qui ont moins occupé les feux de la rampe. Georges-Henri Pingusson (1894-1978) est l’une de ces voix singulières. A partir de son très riche fonds d’archives, la Cité de l’architecture et du patrimoine, à Paris, met en lumière l’œuvre de l’architecte dans une exposition signée par l’historien Simon Texier. Le chercheur avait consacré sa thèse en histoire de l’art, en 1998, à l’architecte sous le titre « Henri Pingusson, l’architecture comme « transcendance poétique du concret », ou l’impossible doctrine ».

Chronologique, le parcours déroule les différentes facettes de celui qui fut également urbaniste et sera très impliqué dans la défense et la promotion de sa profession. Membre actif de la revue L’Architecture d’Aujourd’hui dès sa création, en 1930, il s’engage successivement auprès de l’Union des artistes modernes (UAM), la Société des architectes modernes (SAM) ou l’Association française de normalisation (Afnor). Il enseignera aux Beaux-Arts de Paris à partir de 1949, puis à Nanterre dans les années 1970.

Au centre de la scénographie, quatre espaces thématiques : l’hôtel Latitude 43 (1932, Saint-Tropez), l’architecture religieuse (fin des années 50), le mémorial des Martyrs de la déportation (1953-1962, Paris) et la reconstruction du vialle de Grillon (1974-1978, Vaucluse). Une cinquième partie, portant sur le mobilier et le design, fait quelque peu figure de parent pauvre, notamment en raison du nombre réduit d’objets présentés. L’un des points forts de l’exposition réside dans la richesse des représentations graphiques, abondantes, variées et d’une remarquable qualité d’exécution.

L’accrochage associe de nombreuses perspectives et élévations au crayon, parfois rehaussées au pastel, mais aussi des photographies d’époque et des écrits.

Latitude 43, manifeste moderne

Les premières réalisations balnéaires que Pingusson signe dans les années 1925-1930 avec son associé d’alors, Paul Furiet, dévoilent une écriture sous le double registre du régionalisme et de l’art décoratif. Cette période se conclut par l’hôtel Latitude 43, sa première commande importante et son manifeste moderne.

Pour ce projet mené tambour battant, le commanditaire lui donne carte blanche. Il conçoit un imposant bâtiment façon paquebot, avec sa façade de 100 m de long, organisée autour d’une rotule.

Plusieurs perspectives aériennes au tracé d’une grande finesse révèlent l’ampleur d’un complexe s’étendant jusqu’à la mer et comprenant des terrasses, des terrains de sport, une piscine et une...

Vous lisez un article de la revue AMC n° 267 du 15/03/2018
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