Annuel aménagement Avis d'expert

François-Xavier Trivière, sociologue, directeur Territoires et projets du groupe Brémond « Il y a une aspiration au domestique dans le monde du travail »

Mots clés : Travail

Quel regard portez-vous sur l’immobilier tertiaire ?

Le monde classique du tertiaire véhicule des modèles auxquels on adhère moins, à l’image des grands parcs des années 1960-1970, où la dimension du statut était très forte pour l’entreprise, par la force symbolique d’une tour, par exemple, et dans l’organisation du travail avec des espaces distribués en fonction des niveaux hiérarchiques. Au malaise des cadres dans les années 1970-1980, on a apporté la réponse du bureau paysagé, des espaces plus ouverts, puis certaines stratégies d’entreprise sont allées vers le modèle du campus. Aujourd’hui, elles cherchent à se brancher vers la nouvelle économie à travers le coworking. C’est une ouverture importante pour amener de la créativité dans les entreprises.

Cette nouvelle économie apporte-t-elle de nouveaux modèles ?

Chez les entrepreneurs de la nouvelle économie, il y a une revendication pour faire entrer du domestique dans l’univers professionnel. Nous sommes sur le principe qu’il y a une continuité de l’individu. On n’endosse plus différents costumes à la maison et au travail. On cherche à retrouver des caractères de l’espace domestique dans l’espace de travail : un espace à soi, où l’on est soi-même. C’est un peu de l’ordre de l’utopie, mais cela crée des attentes et produit des réponses.

Comment faire évoluer les parcs immobiliers tertiaires ?

Les grands parcs tertiaires sont monofonctionnels et il faut les transformer en morceaux de ville, avec des amplitudes de fonctionnement plus grandes, des dalles plus vivantes, et en créant de la surprise. En périphérie, l’enjeu est de diversifier les typologies d’entreprise en s’intéressant, par exemple, à des entreprises qui sont dans la conception et la fabrication. Globalement, l’époque où on lançait des programmes tertiaires en blanc est passée. Aujourd’hui, nous devons amener l’utilisateur le plus tôt possible dans le process. On l’a expérimenté sur l’île de Nantes, avec un collectif d’entreprises qui nous a accompagnés dès la phase de conception, et qui s’est constitué en maîtrise d’usage. Cette démarche me semble fondamentale pour reconstruire un marché.

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