Management

Formation Le complexe du DIF

Mots clés : Apprentissages - Droit du travail - Formation continue

Après plus de deux ans d’existence, le droit individuel à la formation trouve difficilement sa place. Comment l’entreprise peut-elle faire vivre ce droit conféré aux salariés ?

Flexisécurité, réforme de la formation professionnelle, libération de la croissance : le gouvernement souhaite faire évoluer le marché du travail pour redonner du souffle à l’économie. Mais il ne suffit pas d’imposer le changement. Le droit individuel à la formation, créé par un accord national interprofessionnel, conforté par la loi du 4 mai 2004, puis aménagé dans chaque branche professionnelle, peine à se développer dans le négoce. Pour que les réformes trouvent leur place sur le terrain, la réflexion sur l’emploi ne doit pas concerner uniquement les partenaires sociaux. Elle doit s’installer parmi les salariés et entre salariés et employeurs.

« Le droit individuel à la formation (DIF) est assez mal connu des salariés mais ça démarre. Par l’usage, les gens en feront connaissance », indique Antoine Francis, de la Fédération nationale des travailleurs de la construction (CGT). Le DIF est en vigueur depuis l’année 2005, et pourtant les salariés n’en ont pas encore pris totalement possession. Méconnu, souvent. Jugé inutile, parfois.

Les petites entreprises en difficulté

Pour Dominique Guelfucci, en charge du secteur céramique et matériaux de construction pour la fédération générale Force Ouvrière, « la connaissance du DIF par les salariés dépend aussi de la taille de l’entreprise ». Dans les établissements Lescouezec, qui emploient 50 salariés, « personne n’a demandé à bénéficier du DIF », indique Martine Duchene, chef comptable. Cette entreprise à taille familiale utilise surtout la promotion interne pour faire évoluer ses salariés.

Pour exister, le DIF doit être connu des salariés. Mais si nul n’est censé ignorer la loi, les salariés n’ont pas forcément les textes du DIF sur leur table de chevet. Faiblement représentés dans le négoce, les syndicats ne peuvent pas être le seul relais de ce droit qu’ils ont négocié. Qui alors doit s’occuper du DIF ? Dans le négoce, ce sont les employeurs qui – dépassant l’obligation légale d’information – ont mis en place des dispositifs d’information sur le DIF. Chez Costamagna Distribution, la lettre individualisée qui informe les 285 salariés sur les heures acquises au titre du DIF est accompagnée d’un modèle de formulaire de demande. La forme de la...

Vous lisez un article de la revue Negoce n° 296 du 01/05/2008
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