Management et prévention

Financement les business angels à l’assaut des PME

Mots clés : Gestion de l'entreprise - PME

Offrant une véritable alternative aux financements « traditionnels » parfois difficiles à décrocher, les investisseurs privés individuels (« business angels ») partent à l’assaut de jeunes entreprises à fort potentiel, en quête de liquidités et de conseils. Entretien avec Claude Rameau, co-président de France Angels.

Comment définissez-vous un business angel ?

Il s’agit d’une personne physique qui accepte d’investir une partie de son patrimoine personnel dans une société innovante à potentiel. Outre de l’argent, elle amène également à l’entrepreneur ses compétences professionnelles, ses réseaux, son temps… La plus grande part des business angels sont en effet des cadres supérieurs ou des dirigeants, qu’ils soient en activité ou à la retraite. Nous voyons également arriver de jeunes entrepreneurs, notamment dans les nouveaux secteurs de l’économie, qui ont récemment revendu leur société avec un important profit.

Historiquement, le business angel regardait plus volontiers les sociétés qui se créent ou en post-création – structurellement, les plus risquées. Mais cette situation change : la structuration actuelle des business angels leur permet d’adopter des stratégies différentes, avec des niveaux d’investissements plus importants ; ils peuvent ainsi s’intéresser à des sociétés en deuxième tour de financement, voire en situation d’être reprises.

Quel rôle joue le business angel auprès de l’entreprise dans laquelle il investit ?

Les business angels n’ont pas vocation à tenir les manettes de l’entreprise. La gestion et la responsabilité finale demeurent entre les mains de la direction. Un pacte d’actionnaires, rédigé par un avocat, définit en amont le cadre de la relation entre le dirigeant et l’investisseur. En outre, ce dernier n’a pas vocation à rester actionnaire plus de 4-5 ans. Ce qu’il souhaite c’est investir, contribuer à l’envol de l’entreprise, et réaliser une forte plus-value en capital.

Comment s’organisent aujourd’hui les business angels ?

Il y a moins de 10 ans, lorsqu’une personne souhaitait investir dans un projet intéressant qu’elle peinait à identifier, elle se tournait vers un business angel, intégrait un groupe d’investissement. C’est ainsi que, petit à petit, se sont constitués les réseaux. Ces derniers permettent à leurs membres de dénicher de bons dossiers, sans pour autant avoir à se rendre visibles ; c’est le réseau qui communique, qui est identifiable pour les entrepreneurs en quête d’argent. Se mettre en réseau permet également de confronter avec d’autres son opinion sur un projet ou sur un entrepreneur. En outre, en investissant avec d’autres business angels d’un même réseau, il réduit le niveau d’investissement sur un projet, et donc le niveau de risque – ce qui l’incitera à intervenir dans plusieurs projets. Enfin, sur de gros projets, il peut arriver qu’un réseau en sollicite un autre pour réaliser un « co-investissement ».

Quelle fonction exerce France Angels ?

Il s’agit d’une association, créée en 2001, qui vise à la fois à fédérer les réseaux de business angels, et à les multiplier. Pour provoquer la création de réseaux, nous avons monté « l’école des business angels », une journée d’information, destinée à rassembler des investisseurs potentiels et des partenaires locaux. Nous comptons une soixantaine de réseaux, essentiellement géographiques – mais pas seulement : si la proximité géographique entre l’entreprise et son investisseur est très importante, il existe des dossiers exigeant une expertise pointue. C’est pourquoi nous avons décidé de créer des réseaux sectoriels, à l’instar de celui dédié au développement durable.

Que pensez-vous des mesures annoncées par Hervé Novelli, secrétaire d’Etat en charge des entreprises, lors de la semaine des business angels ?

Hervé Novelli a renouvelé l’appel à projets lancé il y a près de 2 ans par Renaud Dutreil, son prédécesseur au ministère des PME. Il a permis aux réseaux de business angels, qui en faisaient la demande, de percevoir un financement public pour leurs frais de fonctionnement. Un nouvel appel à projets de labellisation sera donc lancé en 2008 ; cela permettra, incontestablement, de structurer plus efficacement les réseaux.

En outre, Hervé Novelli s’est dit prêt à favoriser, dans les mois qui viennent, la mise en place d’une politique d’abondement, amenant les pouvoirs publics à investir dans une entreprise, chaque fois qu’un business angel prendrait le risque de le faire. Cela entraînera un effet de levier fort.

Enfin, France Angels devrait également intégrer le réseau France investissement, et bénéficier par là-même de ses actions de soutien.

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Les business angels en questions

• Combien sont-ils ?

– Il existe aujourd’hui 5 000 business angels en France, dont 3 000 sont rassemblés dans la soixantaine de réseaux membres de France Angels.

– L’objectif affiché : 10 000 business angels en 2009, et 20 000 en 2012 répartis dans 170 réseaux.

• Combien investissent-ils ?

– Pour être considéré comme business angel, un investisseur doit investir un minimum de 5 000 euros dans une entreprise.

– L’investissement moyen par business angel et par projet est inférieur à 50 000 euros*. La fourchette du montant investi par business angel s’étale de 5 000 à 250 000 euros.

• Quand et comment investissent-ils ?

Les business angels interviennent majoritairement au cours des deux premières années d’existence des sociétés (dont 42 % au moment de la création), très souvent à plusieurs et de manière minoritaire, 82 % des prises de participation mentionnées étant inférieures à 20 %. Ils investissent dans l’ensemble des secteurs d’activité, mais en cohérence avec leur expérience professionnelle*.

• Avec quels résultats ?

85 % des bénéficiaires reconnaissent le rôle décisif et incitatif joué par les business angels dans la création et le développement de leurs activités*.

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