Edito

Extinction de voie

C’est un rapport étrange et décevant. Celui de la Mission d’évaluation de la politique du logement qui propose la restriction de l’aide personnalisée (APL), la fin des aides aux HLM, la hausse de la TVA de 5,5 à 10 % pour les travaux de rénovation énergétique, la réduction de l’avantage fiscal du Pinel… C’est à ne plus rien y comprendre ! S’agit-il de faire des économies ou de réorienter l’argent d’une politique du logement à 40 milliards qui peine à trouver sa voie ?
Les professionnels sont à nouveau perplexes : veut-on vraiment construire et rénover 1 million de logements par an ?
Ces propositions sont rendues publiques au moment où le redémarrage de l’activité se profile. 2015 serait l’année de l’infléchissement de la courbe des mises en chantier de logements neufs avec 320 000 unités, et 2016 l’année de la reprise. C’est comme si l’on était pressé d’annoncer aux Français qu’on va leur reprendre – ailleurs – le peu qu’on leur a donné pour les encourager à mieux se loger. Comme si l’on cherchait à tenir en haleine des entrepreneurs qui désespèrent de mesures ambitieuses. Comme si l’on cherchait la pédale de frein sous le tableau de bord, l’élan à peine repris.
Les enjeux de cette reprise économique du BTP sont ceux de l’emploi au sein d’entreprises qui forment leurs ouvriers à des métiers de terrain, de l’intégration sociale dans un secteur qui brasse les cultures, de la transition énergétique dans un habitat massivement énergivore et de la mixité sociale au cœur du renouvellement urbain. Il s’agit là des priorités que nos gouvernants eux-mêmes nous rappellent tous les jours dans leurs discours.
Mais désormais l’heure n’est plus au discours !

Vous devez être abonné au moniteur pour lire la suite de ce contenu
PAS ENCORE ABONNÉ
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X