Architecture et urbanisme

Etendre la ville aux zones inondables ?

Régulièrement remise au centre des débats sur la densification de la ville, la construction dans les zones inondables reste soumise en France à une réglementation stricte. Néanmoins, des exemples européens à l’échelle du territoire démontrent comment ce risque peut être intégré à la base du projet urbain.

Construire ou ne pas construire en zone inondable. Alors que le président de la République, Nicolas Sarkozy, proposait le 29 avril 2009 lors de la consultation sur le Grand Paris de diminuer les contraintes de constructibilité en zones inondables, la tempête Xynthia venait, au mois de février suivant, mettre un coup d’arrêt à tout projet d’assouplissement du cadre législatif. L’inondation reste en France le principal risque naturel. Le 17 février 2011, l’Etat lançait un plan digue de 500 millions d’euros : renforcement des plans de prévention des risques d’inondations (PPRI), destruction des constructions dans les zones les plus exposées, réfection de 1 200 kilomètres de digues… Pourtant, « ne pas construire en zone inondable oblige à aller chercher des terres plus loin, encourageant l’étalement urbain sur des terres agricoles fertiles. Les zones inondables sont évidemment des réserves foncières tentantes », explique Laurence Castel, directrice du développement durable et de la qualité au sein de la Société du Grand Paris et ancienne directrice adjointe de la Diren d’Ile-de-France. Un propos à mettre en perspective avec la loi relative au Grand Paris du 3 juin 2010 qui prévoit la construction de 70 000 logements par an dans la Région capitale. Construire en zone inondable serait une des clefs de la densification urbaine.

Projet de territoire

« En France, on est soumis aux zones non aedificandi alors que nos voisins construisent partout », lançait l’architecte-urbaniste Yves Lion, le 27 mai, lors du séminaire ministériel sur l’urbanisme de projet. Au-delà d’aménagements ponctuels (noues, infiltration à la parcelle, bassins de rétention…) ou d’une architecture adaptée, c’est un projet à grande échelle qu’il convient d’actionner : « Le risque d’inondation est un phénomène complexe qui nécessite d’analyser et de prendre en compte l’ensemble du territoire », poursuit Laurence Castel. Ainsi dans le quartier de Hafencity, à Hambourg en Allemagne, 123 hectares de friches portuaires sont élevés à huit mètres au-dessus de l’eau permettant une structuration originale des espaces publics. A Nimègue aux Pays-Bas, un bras du Waal est remis en eau pour sécuriser l’extension de la ville plus au nord. Dans la boucle de Chanteloup sur le territoire de Seine-Aval, la contrainte hydraulique structure plusieurs opérations autour de la ZAC Nouvelle centralité. Trois démarches originales qui font de la gestion du risque d’inondation la force du projet urbain.

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