Actu

Etape à Saint-Rémy- lès-Chevreuse Quand écologie et art de bâtir se marient

Mots clés : Apprentissages - Droit de l'urbanisme - Enseignement supérieur - Espace naturel - Innovations - Qualité environnementale

– Porte du parc naturel de la haute vallée de Chevreuse, cette commune de 6 400 âmes a su développer une urbanisation mesurée. -Les Saint-Rémois, défenseurs de l’environnement, protègent aussi les ingénieurs du centre de recherche- formation de la FNB.

Pas facile pour une commune, cernée par des villes nouvelles tentaculaires (Les Ulis au sud ; Saint-Quentin-en-Yvelines au Nord), de résister à la poussée du béton ! Et pourtant, Saint-Rémy-lès-Chevreuse, à une quarantaine de kilomètres de Paris, a gagné un véritable «challenge» : garder intact son environnement, tout en développant un urbanisme résidentiel mesuré, des implantations professionnelles, et de nombreuses activités culturelles et de loisirs.

Au sortir de la gare RER, terminus de la ligne qui la relie à Paris et à Roissy (1), le caractère encore rural de cette petite ville, agricole et maraîchère à l’origine, saute aux yeux : des champs, des vaches, une ferme, un clocher… Sur ses 965 ha de superficie, 65 % sont des espaces verts. Une qualité de vie qui étonne les nombreux promeneurs venus découvrir le splendide parc naturel régional de la Haute Vallée de Chevreuse, et qui n’avait d’ailleurs pas échappé aux Parisiens partis à la conquête des résidences secondaires à partir des années 50.

Un très grand nombre de ces résidences secondaires, se sont depuis transformées peu à peu en résidences principales. Mais surtout, la commune a dû faire face entre 1990 et aujourd’hui, à une poussée très sensible d’une population qui s’est rajeunie. De fait, Saint-Rémy-lès-Chevreuse a dû s’équiper au fil des années. La commune compte désormais, cinq groupes et restaurants scolaires, deux centres de loisirs, neuf courts de tennis, deux terrains de football, 747 places de stationnement, le lycée interdépartemental de la Vallée de Chevreuse et la piscine Alex Jany, un marché couvert, l’Espace Jean Racine, la maison de retraite Beauplan…

Mais, urbanisation et équipement ont été développés dans la mesure, car les habitants, il y a deux ans, ont envoyé à la nouvelle équipe municipale conduite par leur maire, Jacques Veyssières, un message clair et fort : « protection, amélioration de l’environnement et du cadre de vie d’abord ». Un message qui a poussé les élus à mener une nouvelle réflexion autour de l’urbanisme en abandonnant un projet de ZAC sur le site de la Glacière, autour du lycée interdépartemental, et en lançant une procédure de révision du plan d’occupation des sols. Ce POS a classé la plaine de la Glacière, voisine de Gif-sur-Yvette, en zone naturelle non équipée, et la plaine de Chevincourt (propriété de l’Etablissement public d’Aménagement de la Ville nouvelle de Saint-Quentin-en-Yvelines) en zone agricole. Ces sites classés viennent compléter ceux de la vallée du Rhodon, la vallée de Chevreuse, la vallée de la Mérantaise et les bois d’Aigrefoin.

De plus, Jacques Veyssières, au sein du Syndicat mixte du Parc naturel régional que dirige Charles-Antoine de Ferrières depuis le château fort de la Madeleine a voté l’adoption du projet de Charte concernant les 23 communes du Parc et qui définit les grands objectifs de protection de l’environnement. Elaborer cette charte, a nécessité trois ans de travail au cours desquels il a fallu établir un diagnostic territorial et de développement économique. « Nous avons réalisé, en particulier, des inventaires très élaborés des paysages, du patrimoine, de la faune, de la flore. Nous avons ainsi recensé 115 sites d’intérêt écologique majeur », poursuit Charles-Antoine de Ferrières. Au final, les communes qui devront adopter la charte d’ici à octobre et la signer à la fin de l’année, devront s’engager notamment : à maîtriser la progression de l’urbanisation, préserver les milieux naturels, maintenir la qualité des paysages et des eaux… Mais aussi : maintenir le développement d’activités afin d’éviter un dérapage social, la montée de l’intolérance et de l’égoïsme de la part des néo-ruraux.

Or ce dernier pari, Saint-Rémy-lès-Chevreuse l’a déjà bien relevé. Et c’est là tout le paradoxe, car les Saint-Rémois, fervents défenseurs de leur environnement, protègent en leur sein des bâtisseurs. Les compagnons de la Fondation de Coubertin perpétuent l’excellence des savoir-faire de la menuiserie-ébénisterie, de la métallerie-ferronerie d’art, de la taille de pierre et de la fonderie d’art. Le Centre de recherche du bâtiment du Domaine de Saint-Paul (propriété de la société immobilière du même nom, dont le principal actionnaire est la FNB), abrite les ingénieurs-formateurs du Centre expérimental de recherches et d’études du BTP (CEBTP), du Comité scientifique et technique des industries climatiques (Costic), du Centre d’assistance technique et de documentation (Cated), de l’Ecole supérieure des jeunes dirigeants du bâtiment (400 personnes au total dans 30 000 m2 de bureaux, laboratoire, hôtel restaurants répartis sur 75 ha). La commune accueille en outre le laboratoire de recherche et d’essais du pétrolier Total, ainsi que les centres de formation des assurances AGF et de l’EDF… Juste retour des choses : les bâtisseurs travaillent dans des cadres boisés et enchanteurs, à l’image du domaine de Saint-Paul, ou du château-musée de Coubertin, entièrement restauré, sur lequel veille avec passion son conservateur, Pascale Grémont.

PHOTOS :1. Centre de formation du chauffage du domaine de Saint-Paul.

2. Unique en France : le RER dessert un parc naturel régional.

BONNES ADRESSES

Office du tourisme : 1, rue Ditte, tél. : 01.30.52.22.49.

Maison du parc naturel régional de la haute vallée de Chevreuse, Château de la Madeleine, tél. : 01.30.52.09.09.

Hôtel restaurant « Au Bord du Lac », 2, rue Digue, tél. : 01.30.52.00.43.

Restaurant « La Cressonnière » : 46, rue Port-Royal, tél. : 01.30.52.00.41.

A ne pas manquer, le château de Coubertin : visites sur rendez-vous, et expositions d’automne : les métiers de la Fondation de Coubertin, Bronzes d’automne du 10 septembre au 9 novembre prochains, tél. : 01.30.85.69.60.

Vous devez être abonné au moniteur pour lire la suite de ce contenu
PAS ENCORE ABONNÉ
ENCADRE

Fondation de Coubertin «L'esprit a rencontré la main »

Lorsque Jean Bernard, rénovateur du Compagnonnage du Tour de France, recherche à la fin des années 40 un lieu pour créer une maison de Compagnons à Paris, on le met en contact avec Yvonne de Coubertin, propriétaire d’un vaste domaine à Saint-Rémy-lès-Chevreuse, et qui est particulièrement sensible au travail manuel. Le courant passe, et une association du Compagnonnage rural naît en 1950. « Le 1er mars 1973, cette association devient la Fondation de Coubertin, reconnue d’intérêt public, rappelle son conservateur, Pascale Grémont. Cette université ouvrière, dont la mission est le perfectionnement de jeunes travailleurs manuels (26 jeunes), est indépendante et vit du produit du travail de ses ateliers ». Le domaine se divise en trois zones : le château datant du XVIIe siècle qui abrite une importante bibliothèque, les collections de la Fondation et son jardin des bronzes, les communs réservés à la formation à l’hôtellerie et à l’hébergement, et le parc où sont implantés les ateliers Saint-Jacques (menuiserie-ébénisterie, métallerie-ferronnerie, taille de pierre), et la fonderie d’art de Coubertin qui a réalisé notamment la célèbre Porte de l’enfer du musée Rodin, et les salles de cours.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X