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Etape à Egletons « Capitale » des travaux publics

Mots clés : Bois - Enfance et famille - Réseau routier - Tourisme - Travail

-Le chef-lieu de canton de Haute-Corrèze abrite des richesses liées au Pays vert, comme la viande bovine, le bois et le tourisme. -Toutefois, il n’échappe pas à ce qui est devenu, au fil des décennies d’après-guerre, une véritable vocation : les travaux publics.

Egletons a le regard obstinément tourné vers l’avenir. Sur place, il semble en effet que les Egletonais se préparent à tirer avantage des opportunités de désenclavement qui s’offrent à eux, et curieusement, ce sont les travaux publics qui pourraient, une fois encore, montrer la voie.

Les six écoles de TP de la commune disposent d’une assise indiscutable en France et à l’étranger. Elles attirent plus de 2 000 jeunes, dans une commune qui compte environ 5500 habitants. Tout le monde s’accorde à reconnaître que la personnalité de Charles Spinasse, maire dans les années 30, et ministre de l’Economie nationale dans le gouvernement de Léon Blum en 1936, n’est pas étrangère au dynamisme local du secteur de la construction. Reconnu pour ses talents de visionnaire, Charles Spinasse a initié le développement d’Egletons en ouvrant des avenues au beau milieu des champs, et en créant l’Ecole nationale professionnelle. Transformée en 1943 en école d’application aux métiers des travaux publics, par la FNTP, elle marqua le point de départ du rayonnement professionnel d’Egletons.

« Notre ville revendique le titre de « capitale des TP », confirme José Avelino, correspondant local de La Montagne et du Populaire. Le secteur emploie aujourd’hui – indirectement – 500 personnes. » Les six établissements sont regroupés au sein de l’association « Egletons ambition » qui leur permet de définir des objectifs communs. « Cette heureuse conjonction du public et du privé a transformé Egletons en véritable label, renchérit Rémi Garnero, proviseur du lycée Caraminot et président de l’association. Nous travaillons aujourd’hui à la création d’un centre de ressources des TP sur Internet, qui mettra à disposition des entreprises les réponses à toutes les questions qu’elles peuvent se poser (technique, formation, réglementation), et ce où qu’elles se trouvent dans le monde. » Connectés à la fin de cette année, les établissements de TP d’Egletons s’ouvrent sur le monde !

Les travaux publics, porteurs de modernité ? Nul doute qu’ils tirent la ville vers le futur. Outre l’arrivée d’Internet, la population attend le démarrage du chantier de l’autoroute A 89 Bordeaux-Lyon, qui pourrait donner un coup d’accélérateur à l’économie locale. Le tracé coupe le territoire de la commune en deux, au milieu du « coquetier » qu’il dessine sur 1685 ha. « Le désenclavement du Limousin est devenu une nécessité, souligne José Avelino. L’autoroute fera travailler les marchands de bois du « pays vert », car il est prévu d’employer ce matériau pour tous les équipements des aires, et l’habillage des ouvrages d’art. » Une manne que l’on craint de voir retardée, avec l’arrivée de Dominique Voynet au ministère de l’Environnement et de l’Aménagement du territoire. « L’A 89 nous apportera de l’oxygène pour plusieurs années, assure Michel Paillassou, responsable des travaux à la mairie d’Egletons. Elle sera l’occasion de raccorder nos deux zones industrielles – Chaulaudre et Tra-le-Bos – par la déviation sud, dans le prolongement du diffuseur autoroutier prévu à l’ouest de la commune. Actuellement, 10 000 véhicules traversent Egletons chaque jour, dont 700 poids lourds ! » Autre fierté d’Egletons : l’agroalimentaire, grâce aux célèbres vaches limousines : le plus gros contribuable communal est l’usine de fabrication de steak haché Vital (Charal), avec 300 salariés. Deux unités de salaison emploient une cinquantaine de personnes, pour la fabrication du saucisson de montagne.

Le tourisme représente la troisième activité de la commune : les touristes viennent chercher le repos sur les rives du lac d’Egletons (11 ha), au village vacances ou au camping. On vient aussi visiter l’église romane Saint-Antoine pour son ostensoir reliquaire du XIVe siècle, la Vieille Porte et les remparts et, du 25 au 27 juillet, participer à la deuxième édition du festival médiéval. Autres sujets de curiosité aux environs : les ruines du château de Ventadour (XIe siècle), le château des Rosiers d’Egletons qui vit naître les papes Clément VI et Grégoire XI, le village de Bort-les-Orgues. Propriété de Jacques Chirac, le château de Bity ne se visite pas. En revanche, les administrés sont intarissables sur les débuts en politique du président de la République.

Pour les amateurs de tête de veau, de salers (apéritif), de saucissons, tourtous, cèpes et myrtilles du plateau de Millevaches, Egletons mérite un détour, même si l’ouverture de l’A 89 n’est pas programmée avant l’an 2000.

Hormis les travaux publics, la deuxième activité économique concerne les fameuses vaches limousines (4) : les usines de steak haché et de salaisons emploient environ 350 personnes. L’espace Ventadour (3), 1 200 places, permet à la commune d’accueillir des congrès. Enfin le « pays vert » attire de nombreux touristes grâce à son lac (1) et aux ruines du château de Ventadour (2).

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Farges et Fils SA, A la croisée du bois

Guy Farges et son fils Thierry ont pris le tournant, à l’approche du chantier de l’A89. Propriétaires d’une entreprise qui emploie 28 personnes, ils viennent de créer TBN19, un terminal de seconde transformation du bois produit par la scierie. Ils sont ainsi prêts à répondre à la demande des marchés qui s’orientent, selon eux, vers le bois.

Les grumes de résineux (3 à 18 m) qui proviennent des trois départements limousins (Corrèze, Creuse et Haute-Vienne) sont découpées par des machines entièrement automatiques, qui positionnent les scies au laser. Les bois de charpente et d’emballage sont séchés par déshumidification à 70 °C, puis rabotés. Le traitement contre les insectes et la pourriture s’opère par autoclave : Les produits à base de chrome et d’arsenic pénètrent dans les fibres sous 10 à 14 bar.

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Monique Mazeyrat, maire d'Egletons Petite enfance et urbanisme

« Notre axe de réflexion principal touche à la petite enfance : il passe par la construction cet automne d’une maison de l’enfance (crèche, halte-garderie, assistance maternelle) et d’une aire couverte pour le sport. Par ailleurs, l’espace Ventadour construit en 1995 fait d’Egletons la deuxième ville du Limousin pour l’accueil de congrès. Enfin, après la réalisation d’un giratoire ovale et la réfection d’une rue piétonne, nous réhabilitons le coeur historique en créant un chemin touristique sur le rempart. Au total, la commune consacre 10 millions de francs par an à l’investissement. »

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