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Etape à Ancenis Le culte du « pays »

Mots clés : Architecte - Architecture - Culte - Enfance et famille - Matériel - Equipement de chantier - Réseau routier - Tourisme - Transport aérien - Transport ferroviaire

-Sous-préfecture de Loire-Atlantique, cette ville compte autant d’emplois que d’habitants : 7 000. -Les Anceniens, qui sont très liés à leur « pays », ont pris l’habitude d’investir dans l’économie locale qui profite de bonnes voies de communication (autoroute, TGV et aérodrome).

Sur l’autoroute A11 qui relie Angers à Nantes, un immense panneau marron sur lequel on peut lire : « Pays d’Ancenis ». Une appellation que l’on pourrait qualifier de « contrôlée » dans la mesure où ce « pays » fait partie des quarante-quatre sites expérimentaux choisis par la Datar dans le cadre de la mise en oeuvre d’une éventuelle politique de « pays ».

Ancenis n’avait d’ailleurs pas attendu cette expérience à l’échelle nationale pour organiser son territoire, c’est-à-dire regrouper vingt-neuf communes qui forment également, depuis le 1er janvier 1995, un district. Depuis plusieurs décennies, les habitants de cette partie de l’Hexagone ont pris l’habitude de se serrer les coudes et de faire preuve de solidarité, probable héritage d’un environnement rural et de traditions chrétiennes (1).

« Cette solidarité et cet attachement au « terroir » ont des conséquences économiques, industrielles et sociales très positives, constate René Robert, responsable de la communication du groupe Cana (coopérative polyvalente qui a réalisé l’année dernière plus de 8,3 milliards de francs de chiffre d’affaires et qui compte un bon millier de salariés à Ancenis). Presque tous les Anceniens, qui sont des gens très entreprenants, mettent un point d’honneur à rester au pays et à y investir ».

Le groupe Cana, qui est le premier employeur de la ville, précédant de peu Manitou, leader mondial des chariots élévateurs tout terrain (voir encadré ci-contre), est né à Saint-Mars-la-Jaille, à une vingtaine de kilomètres de son siège social actuel, il y a une soixantaine d’années. Sa « délocalisation » n’a donc pas pénalisé le « pays ». La famille Braud, principale actionnaire de Manitou, a toujours été fidèle à la patrie de Joachim du Bellay, dont la statue semble surveiller la Loire, un fleuve qui a la réputation d’être capricieux, voire dangereux. Les autres sociétés industrielles ou commerciales anceniennes (Fonderie Bouhyer, Giraudet Emballages, PVO Routage, Monnier, une entreprise spécialisée dans les installations électriques, Braud Aliments, etc.) ont toujours privilégié ce territoire de vingt-neuf communes ou le Maine-et-Loire qui commence de l’autre côté du pont suspendu.

Conséquences de cette attachement territorial : la ville compte autant d’emplois que d’habitants (7 000 environ), et même davantage avec sa voisine Saint-Géréon (9 200 emplois au total). Le chômage ne touche « que » 8,7 % de la population active, soit quelque 4 % de moins que la moyenne nationale. En outre, les finances communales sont en mesure de supporter bon nombre de projets qui sont du niveau d’une ville moyenne, grâce notamment à la taxe professionnelle qui représente plus de 35 millions par an. « Soit 77 % des recettes de fonctionnement », comme tient à le préciser Jean Barbin, le secrétaire général de la mairie.

Cette situation relativement confortable incite le député maire, Edouard Landrain, « Doudou », comme tout le monde l’appelle ici, à faire preuve du même dynamisme que ses administrés. Passionné de sports et de culture, cet ancien chirurgien-dentiste de 67 ans s’efforce de mettre en place des équipements dignes d’une ville-centre. Les deux grands projets en cours ou à venir : la montée en puissance de l’Aéropôle, aménagement par le district d’une zone d’activités à proximité immédiate d’une piste d’aviation de 1 200 m de long (pour les avions d’affaires essentiellement), le premier gros investisseur privé étant TIE (Toyota Industrial Equipment SA, qui fabrique des chariots industriels) ; la rénovation d’une ancienne caserne de gendarmerie dans le quartier Rohan, dont une partie est classée Monument Historique. « Il s’agit d’une opération de longue haleine, avec la construction de logements, l’installation d’un lycée et de services administratifs, etc. », explique le député maire. Avant d’ajouter : « ce qui ne nous empêche pas de réfléchir à l’aménagement ou à la construction d’un espace culturel sur ce site situé en bordure de Loire ».

Bref, Ancenis, qui a l’impression de s’être un peu mieux fait connaître à l’occasion de l’émission télévisée « Intervilles » du 2 juillet, mérite le détour. Non seulement pour admirer son château médiéval, les façades en tuffeau blanc de la vieille ville où la plupart des rues portent des noms de Saints et goûter aux spécialités locales (2). Mais aussi et surtout pour constater qu’une ville de taille modeste peut fort bien trouver sa place entre Angers et Nantes et faire coexister monde rural et développement technologique. Rien que de ce point de vue là, Ancenis mériterait deux, voire trois étoiles dans les guides de tourisme.patrice drouin

(1) D’où de nombreux établissements scolaires privés. (2) Les principales spécialités anceniennes : vins : muscadet, cabernet, gros plant, malvoisie, gamay ; poissons de Loire au beurre blanc, poissons fumés, anguilles, saumons ; rillettes (d’Ancenis), etc.

BONNES ADRESSES

Office de tourisme, place du Millénaire 44150 Ancenis. Tél. : 02.40.83.07.44.

Hôtel restaurant Akwaba, bd du Dr Moutel, Ancenis. Tél. : 02.40.83.30.30.

Château de la Jaillière (chambres d’hôtes) 44370 La Chapelle-Saint-Sauveur. Tél. : 02.40.98.62.54.

Restaurant « La toile à beurre », 82, rue St-Pierre, Ancenis.

Tél. : 02.40.98.89.64.

Restaurant gastronomique « La Charbonnière », boulevard Joubert, Ancenis. Tél. : 02.40.83.25.17.

PHOTOS :1. Le château médiéval racheté récemment par la commune.

2. L’ancienne caserne Rohan en cours de réhabilitation.

3. La tour de Oudon, une des curiosités touristiques du «pays» d’Ancenis.

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ENCADRE

Groupe Manitou, leader mondial du chariot élévateur

Une politique très familiale

Manitou est une entreprise familiale – et ancenienne – qui a réussi à conquérir les cinq continents avec ses chariots élévateurs tout terrain. Le capital du groupe est détenu à 68 % par la famille Braud qui compte trois générations en son sein. Dont le P-DG, Marcel (66 ans) et son fils, Marcel-Claude (42 ans), qui va être nommé très prochainement directeur général. Manitou mène une politique familiale très poussée. Il n’est pas rare en effet que le mari travaille à la production et que la femme fasse partie du personnel administratif. En outre, chaque été, entre 80 et 100 stagiaires sont embauchés par l’entreprise. Ce sont presque tous des enfants du personnel. Autre illustration de cette stratégie familiale : Manitou parraine une voiture de course (Formule 3000) qui est conduite par un jeune pilote ancenien, David Terrien, dont la mère est l’un des 900 salariés de l’unité de production d’Ancenis !

ENCADRE

Jean-François Blanchet, architecte libéral à Ancenis Un touche-à-tout pragmatique

A Ancenis, il y a quatre architectes. Jean-François Blanchet, 39 ans, est l’un de ceux-là. D’origine ancenienne, il s’est installé dans sa ville en 1981, sitôt son diplôme en poche. Avec l’aide d’un dessinateur, il a depuis lors conçu aussi bien des maisons individuelles et des bureaux que des bâtiments industriels, des équipements ludiques, des rénovations d’établissements scolaires, des aménagements de halles, etc. « La diversité des chantiers n’est pas pour me déplaire. D’autant qu’elle me permet de rencontrer des gens d’horizons divers », affirme cet architecte pragmatique dont le principal regret est de ne pas avoir assez de temps pour voyager avec son épouse et ses deux enfants ou pour faire de la voile dans le golfe du Morbihan.

Lorsque l’occasion se présente, Jean-François Blanchet n’hésite pas à s’associer avec un autre cabinet pour réaliser une opération. C’est ainsi qu’il construits actuellement à Ancenis un complexe sportif de 12 millions de francs avec un cabinet des Sables-d’Olonne (OAU). « Il ne faut pas avoir peur de confronter ses idées », remarque-t-il.

PHOTO : Jean-François Blanchet

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