Architecture Fondations

Essai transformé !

Mots clés : Fondation

Le chantier test de forage à 100 m de profondeur a été réalisé avec succès.

Une prouesse qui préfigure les travaux du Grand Paris.

Une folie, non pas des grandeurs, mais des profondeurs.

L’entreprise Sefi-Intrafor annonçait récemment, en grande pompe, le lancement d’un essai de forage sur le site de sa maison mère, Fayat Fondations, à Grigny, dans l’Essonne. Le but de cette expérimentation grandeur nature ? Réaliser un forage dans le sol, préalable à la réalisation d’une paroi moulée, sur une hauteur de 100 m. Un record ! Pour mener à bien ce chantier test amené à faire date dans la profession, l’entreprise a même investi dans des matériels spécifiques. Pas moins de 7 millions d’euros ont ainsi été mobilisés par Sefi-Intrafor pour l’achat de nouvelles machines, dont un cutter (ou rotoforeuse) de 40 tonnes monté sur un porteur sur chenilles d’une capacité de levage de 130 t.

L’objectif des 100 m a été atteint le 7 mars dernier. L’essai a été « très riche d’enseignements », fait savoir Alexandre Ferrié, directeur général adjoint de Sefi-Intrafor. Durant les premières semaines du chantier, les équipes sur place ont dû faire face à de nombreux aléas géotechniques, du fait notamment des phénomènes, bien connus dans le sous-sol francilien, de dissolution de gypse. Toutefois, le forage puis le bétonnage d’une paroi moulée de 100 m de haut, constituée de trois panneaux de 80 cm d’épaisseur chacun, ont été menés à bien, « moyennant quelques aménagements, précise le responsable. Jusqu’à une cinquantaine de mètres de profondeur, le forage est parfaitement maîtrisé. Au-delà, les difficultés augmentent, qui nécessitent, dans l’état actuel des choses, une amélioration de la méthodologie et de la technique. »

Géologie tourmentée. Parmi les défis restant à relever figure la pose du joint d’étanchéité sur une hauteur de 70 m. « Pour poser ce type de joint, courant dans les travaux de fondations, il est nécessaire de ficher, entre deux panneaux de paroi moulée, une palplanche métallique porte-joint sur toute la hauteur du forage. Or, le décoffrage de cette dernière, entre les deux panneaux bétonnés, s’est révélé, après différentes tentatives, malaisé, malgré l’utilisation de matériels spécifiques », fait savoir Alexandre Ferrié. L’enjeu de cette opération ? « Rendre compatible la réalisation d’une paroi moulée de grande profondeur avec les exigences d’un marché de travaux, en termes notamment de délais d’exécution », explique le directeur général adjoint. Qui poursuit : « C’est la gageure à laquelle s’attellent nos équipes. D’autant plus ardue que nous sommes amenés à réaliser des ouvrages enterrés toujours plus complexes, dans des géologies toujours plus variées. » En ligne de mire : le projet du Grand Paris Express et, avec lui, la construction, d’ici à 2030, de 68 gares souterraines, de quatre nouvelles lignes de métro et de tous les ouvrages de service associés (tranchées couvertes, puits de sécurité et de ventilation, accès piétons aux stations, etc. ). La filiale du groupe Fayat entrera dans le dur très prochainement : l’entreprise participera à la construction, sur la nouvelle ligne 15 Sud, de la gare Saint-Maur-Créteil, à quelque 52 m de profondeur. A sa livraison en 2022, elle sera la gare la plus profonde de France.

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