Technique et chantier

Equipement universitaire Rentrée en pente verte pour les apprentis chimistes parisiens

Mots clés : Apprentissage - Architecte - Architecture - Droit de l'urbanisme - Rénovation urbaine

Les étudiants en chimie de l’université Paris-Diderot ont découvert en octobre leurs nouveaux locaux, réalisés par l’agence parisienne X-TU sur la ZAC Masséna (Paris XIIIe). Inclus dans la première phase de développement du quartier, le bâtiment s’articule autour d’une rampe plantée, en prévision des aménagements futurs.

A quelques pas du récent bâtiment de l’unité de formation et de recherche (UFR) de biologie signé des architectes François Chochon et Laurent Pierre, l’université de Paris-Diderot inaugure son nouveau département de chimie. Un édifice habillé de façades aux motifs pixelisés ou en verre sérigraphié qui empruntent au vocabulaire graphique du jeu informatique. Côté ouest, le jeu s’anime, le volume entre en mouvement et se déploie en « U » autour d’un vide. Une percée qui prend tout son sens une fois franchie la grille d’entrée : là où était attendu un banal lieu privatif, c’est un espace public qui s’offre au regard. Sous le parvis, un large escalier d’accès au hall distribue les locaux et grimpe sur deux niveaux depuis la rue.

Longeant le bâtiment, cette promenade en balcon sera bientôt ouverte aux riverains. Le programme n’imposait pourtant pas la création d’un tel espace public au sein de cet UFR, pas plus que le terrain ne présentait de dénivelé qui aurait justifié la présence d’une telle pente. La seule volonté exprimée par la Ville de Paris, maître d’ouvrage du projet, était de concevoir ces 10 700 m2 en prévision de la deuxième phase d’aménagement du quartier, comprenant son raccordement à l’avenue de France quelques mètres plus haut…

Les architectes de l’agence parisienne X-TU ont répondu à cette contrainte. Mieux, elle a directement inspiré le dessin de leur proposition. « C’est sûrement pour cette raison que nous avons gagné le concours, estime Nicolas Desmazières, cofondateur de l’agence avec Anouk Legendre. C’est un bâtiment qui trouvera toute sa raison d’être à la fin de l’aménagement du site, quand l’escalier sera emprunté par tous. Cette pente ne faisait pas partie du cahier des charges, mais elle nous a paru évidente au regard du contexte. »

Truffé d’astuces

« Nous voulions malgré tout un bâtiment qui se tienne tout seul. La pente est aussi intéressante au niveau sculptural. Elle crée un parcours urbain et de la volumétrie », ajoute l’architecte. En effet, non seulement cette traversée dynamise un volume a priori monolithique, mais elle permet aussi d’enrichir le cœur de l’UFR d’une coulée verte. Flottant au-dessus de cette rampe végétale, deux passerelles tubulaires en inox poli miroir se teintent des reflets des graminées et du hall intérieur, brouillant davantage les frontières entre intérieur et extérieur.

Le jeu en façade n’est pas seulement formel. Ainsi, les motifs sérigraphiés permettent de gommer des allèges imposantes. Ou encore, pour préserver le volume et éviter des retraits malheureux, X-TU a choisi de reculer le bâtiment au regard de l’alignement prévu, tout en le respectant avec une partie du socle de l’escalier. Et puis, des astuces apparaissent ici et là comme ces deux décrochés rendus possibles grâce au nouvel alignement qui abritent salles de réunion et escalier de secours : « Une référence aux œuvres de l’artiste basque espagnol Eduardo Chillida », précise Nicolas Desmazières. Une inspiration qui vaut pour l’ensemble du projet, sorte de Rubik’s cube géant agencé par des mains habiles.

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ENCADRE

Fiche technique

Maîtrise d’ouvrage : Ville de Paris.

Conducteur d’opération : Semapa.

Maîtrise d’œuvre : X-TU (Anouk Legendre et Nicolas Desmazières) architectes. Iosis Group, BET et économiste. Peutz, acousticien.

Entreprise générale : Sicra.

Surface : 10 700 m2 Shon sur huit niveaux.

Coût : 24,60 millions d’euros TTC (bâtiment et équipements laboratoires).

ENCADRE

Qualité de l’air et qualité acoustique obligatoires !

Sur le toit de l’UFR, une demi-douzaine de « cheminées » atypiques se dressent face à celle de l’ancienne usine de la Sudac, aujourd’hui école d’architecture de Paris Val-de-Seine. Ces extracteurs sont reliés aux hottes installées dans les laboratoires, des « sorbonnes », qui servent à filtrer et évacuer les vapeurs toxiques dégagées par les produits manipulés lors des expériences. Ces sorbonnes et leurs extracteurs représentent 6 % du coût du bâtiment. Côté acoustique, la présence prochaine d’une ligne TGV entre les gares d’Austerlitz et de Lyon qui longera le bâtiment, a obligé le bureau d’études Peutz et associés à réaliser l’autonomie structurelle de l’UFR. Une distance minimale a ainsi été respectée entre l’implantation du bâtiment et le tracé des futures voies, et un joint de désolidarisation parcourt tout l’édifice depuis les fondations jusqu’au sommet.

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