Régions

ENTRETIEN JACQUES FLOCH « Désormais les piétons reconquièrent la ville »

Mots clés : Services urbains - Transport collectif urbain

Le maire de Rezé, président de l’Agence d’études urbaines de l’agglomération nantaise, explique la diminution des déplacements par automobile. Celle-ci est passée de 59,4 % en 1990 à 57,4 % en 1997, alors que, dans la plupart des autres grandes villes françaises, la part de l’automobile continue d’augmenter. A quoi attribuez-vous l’inversion de tendance historique en matière de trafic automobile ? La diminution de deux points de la part de l’automobile dans les déplacements est imputable, avant tout, à l’utilisation des transports collectifs, tramway en tête. Même si leur part ne progresse que de 0,8 % (14,8 % en 1997), car les usages nouveaux mettent du temps à entrer dans les moeurs. On voit maintenant tous les parkings de rabattement de Rezé remplis dès le matin par des gens qui partent de chez eux en voiture, prennent le tramway jusqu’au centre-ville et rejoignent leur lieu de travail à pied : cela a mis quelques années. L’autre facteur est une nette augmentation de l’offre en matière de voirie et de nouveaux parcours qui s’ouvrent aux piétons en ville. Le bouclement du périphérique, les deux nouveaux ponts du centre-ville de Nantes vers Rezé, qui n’ont que trois ans et la nouvelle organisation de la pénétrante sud améliorent nettement l’accessibilité et la mobilité dans l’agglomération.

L’offre nouvelle de voirie constitue un gros volet d’investissement pour votre ville ?

Nous consacrons près de 12 millions à la voirie. Désormais, les piétons reconquièrent la ville. On réaménage les trottoirs (180 km à Rezé, à 150 francs le mètre carré), la voirie pour transformer en boulevards urbains d’anciens grands axes routiers et permettre l’accès transversal à la Loire. Pour attirer des piétons au centre-ville, on devrait, comme en Autriche, couvrir les belles rues commerçantes de Nantes de verrières pour les protéger du froid ou de la pluie. C’est une idée folle, bien sûr, mais ce serait un moyen d’offrir un lieu attractif en centre-ville.

Parallèlement, la population de l’agglomération a augmenté en sept ans, atteignant 546 000 habitants (499 000 en 1990) pour 224 000 ménages. Comment le statisticien que vous êtes analyse-t-il ces données ?

L’agglomération nantaise est entourée de départements ruraux (la Vendée, la Mayenne et une grande partie du Maine-et-Loire), qui exportent leurs demandeurs d’emploi dans la métropole régionale.

L’autre phénomène, plus local, est lié aux grandes délocalisations sur Nantes, concernant au fil des années les services du casier judiciaire, des naturalisations et, bien sûr le ministère des Affaires étrangères, dont la moitié des effectifs sont désormais basés à Nantes. Enfin, de nombreux jeunes ménages hésitent à s’installer à plus de 20 minutes du centre-ville.

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