Régions Bâtiment

Entretien avec Olivier Tommasini président de la FFB Hauts-de-France (1) – – « Une entreprise doit être rentable pour être pérenne »

Mots clés : Bâtiment d’habitation individuel - Entreprise du BTP - Marché de l'immobilier - Politique du logement - Travaux publics

7,9 mois d’activité, en moyenne, dans les carnets de commandes des entreprises de TP des Hauts-de-France.

13 % Croissance du nombre de logements neufs autorisés (18 368) en Normandie sur douze mois à fin juillet 2017. Dreal.

7 M€ HT Coût du dédoublement de la bretelle de sortie de l’A23, dont 3,3 M€ pris en charge par Immochan et Auchan.

Comment se porte le bâtiment dans les Hauts-de-France ?

Notre activité va mieux, en particulier dans la métropole lilloise et le sud de l’Oise, tourné vers Paris. Les chiffres tout juste publiés par la Cerc montrent une croissance de presque tous les indicateurs, y compris dans les départements les moins urbanisés. Le carnet de commandes des entreprises est meilleur, l’horizon dégagé. Au niveau national, le point d’inflexion sur l’emploi est dépassé avec plus de 15 000 emplois créés. Dans la région, ce n’est pas encore le cas : on enregistre une baisse de 0,9 % de l’emploi salarié au premier trimestre 2017 par rapport à l’année dernière. Dans les Hauts-de-France, le bâtiment embauche des intérimaires (+ 2,9 %) mais pas de CDI. Cela va donc mieux, mais pas encore pour l’emploi salarié. Par ailleurs, il ne faut pas confondre volume et rentabilité.

La rentabilité n’est pas au rendez-vous ?

Pas vraiment. L’objectif, désormais, est justement de retrouver la rentabilité. Les maîtres d’ouvrage doivent comprendre que les prix vont augmenter parce qu’une entreprise doit être rentable pour être pérenne. Le bâtiment emploie 105 000 personnes en CDI dans la région et 6 144 en intérim. Dans beaucoup de petites villes, les entreprises de bâtiment sont les plus gros employeurs. Si elles déclinent, cela va accentuer encore la fracture territoriale. Le tissu d’entreprises ne peut pas se limiter à la région lilloise et aux confins de l’Ile-de-France ! De plus, si les annonces du gouvernement vont globalement dans le bon sens, les menaces sur le prêt à taux zéro (PTZ) en zone C et B2 et sur et le crédit d’impôt pour la transition énergétique (CITE) ont renforcé nos inquiétudes.

Que voulez-vous dire ?

Le PTZ marche du tonnerre en région : + 39 % en un an pour le neuf, soit 875 prêts. Or 50 % des maisons individuelles sont réalisées grâce à un PTZ, dont la moitié en zone B2 ou C.

Sans le PTZ dans ces zones, les entreprises ne pourraient plus travailler localement. Et la même chose se passerait avec la suppression du CITE. La rénovation a enfin décollé et elle donne du travail aux entreprises dans tous les secteurs. Si on casse du jour au lendemain ces deux mécanismes, les entreprises qui ne sont pas présentes dans les grandes métropoles vont avoir de graves soucis.

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(1) Cet entretien a été réalisé avant l’annonce du prolongement du PTZ et du CITE.
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