Réglementation Commande publique

Entreprises, acheteurs : comment avoir un bon mémoire technique?

Mots clés : Passation de marché

Difficile à élaborer mais essentielle sur le plan stratégique, la note méthodologique présente à l’acheteur public l’offre technique d’un candidat. Conseils aux acheteurs et aux entreprises pour son optimisation.

Des enjeux forts en temps de crise

A l’heure où la réglementation de la commande publique invite à choisir le mieux-disant, la fourniture d’un mémoire technique par les candidats à un marché prend toute son importance. Sans existence légale, mais créé par la pratique, le mémoire technique, aussi appelé « note méthodologique » ou encore « offre technique », est un document pouvant être demandé par l’acheteur public pour apprécier la valeur technique des offres.
Pourtant, dans un contexte de crise économique où la concurrence entre les entreprises est exacerbée, « le prix est souvent prépondérant, favorisant ainsi le moins-disant », rapporte Sabine Basili, vice-présidente chargée des affaires économiques à la Capeb. Pour Renaud Marquié, délégué général du Syndicat national du second œuvre (SNSO), « il est cependant essentiel de valoriser sa compétence technique pour montrer sa valeur ajoutée et contrer cette concurrence mortifère ». Gérant de l’agence Conseil service collectivités (CSC), Pierre Battas constate d’ailleurs que « si certaines entreprises se retirent des marchés publics du fait des bas prix, d’autres se tournent vers la commande publique face au déclin des marchés privés. Ces opérateurs, explique-t-il, ne connaissent pas forcément les enjeux liés au mémoire technique et ses principes d’élaboration ».

Difficultés d’élaboration

Les entreprises peinent encore souvent à faire des mémoires adaptés, perdant ainsi des marchés sur le critère de la valeur technique (voir ci-dessous). « Elles fournissent parfois des informations relatives à la présentation générale de leur organisation, alors que ces éléments ne sont pas exploités par l’acheteur, car ils ne relèvent pas des critères de sélection des offres », précise Arnaud Latrèche, adjoint au directeur de la commande publique et de la valorisation immobilière au conseil général de la Côte-d’Or. Pierre Battas (CSC) explique que « certaines entreprises ne sont pas habituées à mettre en avant leur savoir-faire, car leur cœur de métier est la technique et non le rédactionnel ». Structurer le mémoire technique n’est pas évident, surtout quand les documents contractuels se contredisent. De plus, il existe une grande disparité entre les grandes et les petites entreprises, qui ne disposent pas des mêmes moyens. Pourtant, la note méthodologique est une pièce cruciale. La valeur technique voit, en effet, son importance croître dans la notation des offres, avec des pondérations souvent aux alentours de 50-60 %.

La pièce maîtresse d’une offre

Le mémoire technique constitue un outil précieux pour l’entreprise. Il lui permet de valoriser ses capacités techniques, humaines, financières selon l’objet du marché. « C’est la pièce maîtresse d’une offre, car il démontre toute la valeur ajoutée de celle-ci, adaptée au besoin particulier de l’acheteur », résume Julie Massieu à la tête de l’Agence Déclic – Marchés publics. Autre atout non négligeable, « le mémoire permet de justifier un prix plus élevé que celui d’autres offres », signale Maximilien Godgenger, dirigeant de Cap’AO, société de conseil. Ce document est également « l’expression de la créativité de l’entreprise, un moyen de se différencier de ses concurrents, estime Thierry Beaugé, consultant en marché public. Afin de laisser place à l’innovation, l’acheteur public a tout intérêt à indiquer la possibilité pour les candidats de présenter un mémoire technique, tout en autorisant les variantes ».

Des astuces pour...

Vous lisez un article de la revue Moniteur n° 5804 du 20/02/2015
PAS ENCORE ABONNÉ
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X