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Energie grise

Mots clés : Bois - Marché de lénergie

Un vocabulaire écologique, souvent forgé dans les années 70 et 80, se diffuse désormais rapidement dans l’ensemble de la société. L’énergie grise en fait partie, mais demeure souvent une notion difficile à appréhender. Le secteur de la construction, afin de réduire ses très importantes consommations de matière et d’énergie, commence ainsi à parler d’énergie grise et à comptabiliser les KWh et les Joules.

L’énergie grise est définie par la quantité d‘énergie nécessaire à la production et à la fabrication d’un produit. Son calcul prend en compte le plus de facteurs possibles, afin de parvenir à une bonne approximation. Il additionne ainsi l’énergie dépensée pour la conception du produit, l’extraction des matières premières, leur transformation, la fabrication du produit, sa mise en œuvre, son utilisation et son recyclage, ainsi que l’ensemble des transports successifs. Sont notamment incluses les dépenses énergétiques des matériels et engins ayant contribué à son élaboration. L’énergie grise est généralement exprimée en Joule (rappelons la conversion 1 kWh = 3.62GJ). Si la définition fait l’objet d’un consensus, la difficulté d’un calcul exhaustif se traduit par des chiffres contradictoires pour un même matériau. Par exemple l’énergie grise du béton armé est ainsi estimée entre 1,4 et 2,5 GJ/tonne, en fonction notamment de la densité du ferraillage et du transport. Il faut donc considérer avec prudence les chiffres disponibles, qui souvent ne fixent que des ordres de grandeur moyens. De même, il faut être vigilant sur les unités utilisées (joules rapportés au m2, au m3 ou au kg). Par exemple le polystyrène expansé présente une énergie grise très supérieure à celle du béton si on la rapporte au kg (près de 70 fois plus) et très inférieure si on la rapporte au m3 (environ 2 fois moins). Le calcul de l’énergie grise oblige à connaître l’histoire d’un produit : quelle est sa composition, son origine, son mode de fabrication, etc. L’énergie grise du bois est nulle pour la fabrication, et augmente progressivement selon le transport et la transformation. Ainsi, chaque sciage et chaque rabotage augmentent l’énergie grise du produit, une planche présentant par exemple une énergie grise trois fois supérieure à une poutre de la même essence. On comprend ainsi que l’énergie grise d’un contre-plaqué est très supérieure à celle d’un bois massif (environ 8 fois plus), et que plus le bois est dur à travailler, plus l’énergie grise du produit augmente. La même logique s’applique à la pierre, ce qui conduit par exemple à constater qu’une pierre dure...

Vous lisez un article de la revue AMC n° 179 du 01/05/2008
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