Architecture et urbanisme

Eloyes Requalification d’un centre-bourg

Mots clés : Architecte - Architecture

La requalification du centre-bourg d’Eloyes, dans les Vosges, associe la création d’un programme d’équipements et de commerces à l’aménagement de la place principale.

Le long du parc, la première tranche, réalisée, des travaux du centre-bourg a permis d’installer la mairie dans une ancienne maison de maître restaurée et agrandie, et une salle de « convivialité » attenante à un logement de fonction. Le cahier des charges de la salle laissait le choix entre la réhabilitation d’un bâtiment et un équipement neuf, solution retenue par l’architecte. Adossé au mitoyen, il vient cadrer, avec la mairie en vis-à-vis, une place, séparée de la première par une rue. Là sont mis en valeur les édicules – serre et tourelle – conservés et restaurés.

Sur le troisième côté, un bassin tout en longueur marque la limite avec le parc.

La place est divisée en son milieu par une galerie extérieure, colonnade de métal chapeautée par une toiture en zinc, qui assure la liaison entre les deux bâtiments. Côté rue se trouve le stationnement, discrètement marqué au sol par des pavés de granit récupérés sur le site ; côté parc, l’espace public est réservé aux piétons, avec un sol en dalles alvéolaires Evergreen.

Le choix de matériaux identifie en façade chaque bâtiment : blocs de grès maçonnés pour l’existant, béton pour le neuf. La finition à bossages du mur de grès ancre l’extension dans la continuité de l’ancienne maison : le mur double son soubassement et le voile porteur de l’extension. Il est strié de fines rainures lisses qui font écho aux listels de grès incrustés dans le béton lasuré du nouveau bâtiment. Au sud, les façades au cordeau et vitrées cadrent la vue sur le parc.

Même souci de transition en douceur à l’intérieur de la mairie, entre la nouvelle salle du conseil et les autres pièces. Une bande de grès au sol sépare l’ancien carrelage du parquet de bois, bois que l’on retrouve en habillage des murs et du plafond (panneaux Oberflex). La vue lumineuse sur le parc est mise en scène depuis un couloir aux parois enduites de plâtre ciré.

Dans la partie neuve, l’entrée isole le logement de fonction de la salle de convivialité, volume incliné ouvert sur le parc. Prolongé par une terrasse, il est occulté en partie haute par des brise-soleil en bois.

FICHE TECHNIQUE

Maîtrise d’ouvrage : commune d’Eloyes ; DDE des Vosges, conducteur d’opération.

Maîtrise d’oeuvre : Gilles Barré, architecte ; Laurent Koetz et Eric Olivier, assistants ; Sibat, et Becsi EIC Epinal, BET.

Programme :

1e tranche : réhabilitation d’une nouvelle mairie ; construction d’une salle de convivialité et d’un logement de gardien (livraison, janvier 1999).

2e tranche : création et aménagement d’une place ; construction de cellules commerciales (appel d’offres en cours ; livraison en octobre 1999).

3e tranche : construction d’un centre culturel, d’une salle de spectacle de 400 places et d’une bibliothèque-médiathèque (appel d’offres lancé d’ici 4 à 5 mois ; livraison en 2000).

Coût de l’opération :

1e tranche : mairie (réhabilitation/extension), 5,109 millions de francs HT ; salle de convivialité, 3,778 MF HT.

2e tranche : cellules commerciales neuf, 1,4 MF HT ; aménagement de la place, 2,5 MF HT.

3e tranche : salle de spectacle et bibliothèque, 12,5 millions de francs HT.

Total : 25,28 millions de francs HT.

PHOTOS :

1. La salle du conseil : détail du mur de grès. Dans les bossages sont insérées de fines rainures, obtenues dans cette pierre par une finition adoucie.

2. La mairie et son extension (à g.) et la nouvelle salle de convivialité (à dr.) cadrent une place qui met en valeur la tourelle et la serre existantes. Une galerie lie les deux bâtiments.

3. Un long couloir enduit de plâtre ciré mène de l’accueil (à dr. ) à la salle du conseil.

4 et 5. La salle de convivialité est protégée par le débord de toiture et les brise-soleil en bois.

PLAN :

1 Place basse, rue des Donjons, où a lieu le marché. 2 Commerces. 3 Place haute : dessert la mairie, la bibliothèque et la salle de spectacle. Depuis la place basse, on y accède au nord par des escaliers, parallèles au front bâti, et au sud, par un large parcours, en « pas de mule », orienté vers la mairie. Ils sont adossés à un mur bahut, traité dans sa partie haute en parcours d’eau. 4 La mairie dans la maison Raulin, restaurée et agrandie, desservie par un parvis. Les « pas de mules » devant la mairie sont des dalles de grès flammées. 5 Logement du gardien et garages. 6 La salle de convivialité.

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ENCADRE

Claude Thiriet, maire d'Eloyes « Dynamiser de façon économique »

Pourquoi une opération de cette envergure ?

Jusque-là, nos interventions avaient porté sur des programmes en périphérie de la ville (aménagement de la zone industrielle, équipements sportifs…), si bien que le centre-ville, longtemps délaissé, souffrait d’un manque d’équipements. En outre, nous avions projeté le transfert de la mairie dans une maison de maître, adossée à un parc de 1,5 ha. Avant d’engager ces travaux, nous avons préféré examiner les besoins globaux de la population (3 200 habitants) pour les équipements à long terme. En réactivant aussi le commerce, nous souhaitions redynamiser le centre, et ce de façon économique : les équipements et les commerces regroupés nous permettent de minimiser voiries, parkings et VRD. La DDE nous a aidés à formaliser le programme et le plan global d’aménagement, qui ont servi de base à la consultation (plus de 80 équipes candidates). Nous avons également effectué des visites d’équipements en Alsace pour préciser ce que nous voulions.

Quel est le montage financier ?

Le recours à l’emprunt est minimum. Parce que la situation économique de la commune est saine (nous nous efforçons de maintenir un faible endettement) et parce que nous bénéficions d’une taxe professionnelle importante. C’est pourquoi, outre les subventions du conseil général, cette opération se réalise en trois tranches pour étaler la charge financière et permettre un autofinancement important.

Pourquoi confier tous ces réaménagements à une même équipe ?

Le dialogue avec un interlocuteur unique nous semblait important, ne serait-ce que pour affiner les programmes bâtiment par bâtiment. Notre cahier des charges était précis pour la mairie, plus souple pour la salle de convivialité. De plus, nous souhaitions une grande flexibilité d’usage pour chaque bâtiment : la salle de «convivialité» peut aussi bien servir à la municipalité qu’aux associations ou aux particuliers. Cela a permis de mieux concentrer nos investissements. Le choix d’un seul architecte garantit une cohérence d’écriture, qui s’intègre ici à l’existant sans rivalité.

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