Technique et chantier

ELECTRICITE Clemessy crée la surprise

Mots clés : Electricité - Enfance et famille - Industriels du BTP

Malgré le pacte d’actionnaires qui lie Vivendi à Mme de Valence, celle-ci a annoncé son intention de vendre l’entreprise familiale à EDF.

Mme de Valence, héritière du fondateur de l’entreprise alsacienne Clemessy, a créé la surprise vendredi 19 mars, en déclarant avoir l’intention de vendre les parts (majoritaires) qu’elle détient dans le capital de l’entreprise au groupement EDF-Cogema-Siemens, et non à GTIE (groupe SGE), comme elle s’était engagée à le faire au mois de février. Mme de Valence a considéré que l’offre d’EDF comportait « un vrai projet industriel », mais elle a aussi écouté les cadres et les personnels de son entreprise, qui s’étaient prononcés à l’unanimité le 11 mars dernier en faveur de l’offre de l’entreprise publique.

Reste que l’électricien se retrouve maintenant dans un imbroglio juridique qui risque de retarder sa vente, dans la mesure où le groupe Vivendi, maison mère de la SGE et donc de GTIE, dispose d’un droit de préférence, au titre de sa détention de 10 % du capital de la holding SRPG. Par ailleurs, la loi n’autorise pas encore EDF à intervenir sur le marché concurrentiel (voir « le Moniteur » du 19 mars, p. 23). Prochain épisode : le conseil d’administration de Clemessy, à la fin du mois.

Un perdant qui entend faire valoir ses droits

GTIE a pris connaissance avec surprise de l’annonce de Mme de Valence : « L’entreprise rappelle que cette intention, si elle était confirmée, entrerait en contradiction avec les engagements écrits récents de Mme de Valence à GTIE. C’est sur la base de ces accords que GTIE entend faire valoir ses droits. Par ailleurs, le groupe réaffirme que son projet se propose d’entraîner Clemessy dans l’ensemble européen de tout premier plan qu’il constitue d’ores et déjà, inscrivant ainsi Clemessy dans une logique de développement stratégique et industriel favorable au développement d’emplois pérennes, dans un environnement concurrentiel et ouvert. »

GTIE s’étonne enfin « que puisse être envisagé un choix qui réduirait, en l’état du projet en cours de discussion au Parlement sur l’ouverture à la concurrence du marché de l’électricité, la clientèle de Clemessy aux seuls clients éligibles d’EDF ».

A l’annonce de la décision de Mme de Valence, Eligio Macuba, secrétaire du comité central d’entreprise et délégué syndical CFDT de Clemessy (70 % des mandats), a déclaré : « C’est un coup dur pour GTIE, mais pas pour les salariés. J’espère que le perdant écoutera l’appel à la raison lancé par la famille Valence. Dès le 4 mars et après analyse des dossiers, le comité central d’entreprise avait clairement pris position. Du point de vue de l’emploi, du projet industriel et de la pérennité de l’entreprise, « il n’y a pas photo » . D’un côté, GTIE, qui n’a pas la réputation d’un innovateur social, proposait de nous absorber tels que nous sommes. Certes, le groupe a beaucoup investi dans l’information, mais l’avenir ne se construit pas sur du papier. De l’autre, le consortium EDF-Cogema-Siemens proposait de développer nos activités et nos métiers. La Cogema et EDF représentent déjà le quart des activités de Clemessy. Nous rentrons complètement dans leur objectif de recherche de marchés complémentaires à ceux de l’énergie. L’arrivée de cette seconde proposition a provoqué une forte motivation du personnel, qui espère une nouvelle dynamique de management. »

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