Actualité Ingénierie

Egis et Iosis annoncent leur alliance

Mots clés : Conception - Démarche environnementale - Développement durable - Energie nucléaire - Entreprise du BTP - Travail

Egis, leader de l’ingénierie des infrastructures, et Iosis, son homologue dans le bâtiment et le génie civil nucléaire, annoncent leur « alliance » pour former le leader français de l’ingénierie de construction. Dans cette opération, Egis entre à hauteur de 34 % dans le capital de Iosis Holding.

Nul doute que c’est un rapprochement dont on entendra parler dans les allées des prochaines rencontres de l’ingénierie, le 22 octobre. Egis, filiale de la Caisse des Dépôts, spécialiste de l’ingénierie des infrastructures, et Iosis, son alter ego dans le bâtiment et le génie civil nucléaire, annoncent leur « alliance » pour former le leader français de l’ingénierie de construction. « Alliance est le terme qui convient, insiste Bernard Boyer, président de Iosis. Les deux groupes sont très complémentaires en termes de savoir-faire, ce qui nous permet de lancer une nouvelle offre d’ingénierie globale adaptée aux enjeux de la construction durable. »

Pour sceller ce partenariat stratégique, Egis entre au capital de Iosis Holding à hauteur de 34 %. Le capital, jusqu’alors détenu intégralement par les cadres référents de la société, reste inchangé. « Nous n’avons jamais caché notre intention de nous développer vers de nouveaux métiers, rappelle Nicolas Jachiet, directeur général d’Egis. Les stratégies de nos deux groupes convergent depuis longtemps, nous avons le même souci d’innovation et, aujourd’hui, nous allons mettre en résonance nos compétences. »
Ces dernières années, le territoire de réflexion des ingénieurs s’est élargi à la faveur du Grenelle de l’environnement : infrastructures, mobilité, énergie, bâtiment. « Le développement durable sort de l’anecdotique. Les besoins de nos clients en matière d’ingénierie nécessitent un décloisonnement des spécialités, analyse Bernard Le Scour, vice-président de Iosis. Quelle que soit leur taille, les donneurs d’ordre, publics ou privés, ont besoin de faire appel à un concepteur global capable de leur apporter une large palette de solutions. » Et si cette demande de compétence globale n’est pas encore pleinement exprimée, les trois dirigeants ont bien l’intention de la susciter.

Direction l’export

Voilà pourquoi la première concrétisation de l’alliance entre les deux groupes sera la création d’une filiale commune, opérationnelle dès janvier 2010, « dédiée au conseil stratégique et à la conception pour le développement durable des territoires ». Parallèlement, les deux groupes ont déjà identifié des projets où ils travailleront en commun, à commencer par celui d’Iter à Cadarache.
Avec 8 400 collaborateurs (7 300 chez Egis et 1 100 chez Iosis), le nouvel ensemble devrait réaliser un chiffre d’affaires de plus de 700 millions d’euros en 2009 dont 40 % à l’international. L’international où l’alliance Egis-Iosis affiche de fortes ambitions. « Il n’est qu’à regarder le nombre de projets de villes nouvelles dans le monde pour se convaincre de la pertinence de notre démarche », assure Bernard Boyer. Egis-Iosis veut donc se frotter sans complexes aux mastodontes internationaux de l’ingénierie, notamment aux anglo-saxons. Il était temps. « Prenez tous les classements de l’ingénierie au niveau européen ou international, il n’y a pas un français dans les dix premiers », rappelle Jean-Luc Schnoebelen, président du directoire du groupe Ginger. Et de poursuivre son analyse : « A l’export, les grands groupes étrangers jouent les poissons-pilotes et ouvrent la voie à d’autres. En France, ce n’est pas notre culture. » « Si ça n’est pas la vocation première de notre alliance, nous n’excluons pas de le faire », indique Bernard Boyer.
En France, un nouveau paysage se dessine dans l’ingénierie. Les alliances, mariages, fusions ou acquisitions se multiplient. Ainsi en est-il de Coteba et Sogreah qui devraient finaliser leur mariage en fin d’année.

De l’intérêt d’un grand groupe

La bataille, si elle est feutrée, a déjà commencé. Les leaders mondiaux ne se privent pas pour acheter en France, à l’image du hollandais Oranjewoud NV qui vient de conclure le rachat de la société d’ingénierie et de conseil Antea. Jean-Claude Pingat, P-DG de SNC-Lavalin Europe, s’appuie sur la puissance du groupe canadien pour asseoir sa stratégie. « Nous regardons toute opportunité de croissance externe dès lors qu’elle vient compléter nos savoir-faire et n’est pas redondante avec nos centres d’expertise mondiaux. » Il indique qu’une dizaine de candidatures spontanées lui parvient chaque année de sociétés d’ingénierie souhaitant s’adosser à un grand groupe. Nul doute que l’alliance Egis-Iosis saura également faire valoir ses atouts.

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