[TO] Urbanisme et aménagement

Ecoquartiers (2/2) Le dock des Alcools passe à la basse consommation

Mots clés : Aménagement paysager - Efficacité énergétique - Energie renouvelable - Mobilier urbain - Qualité de l'eau, de l'air et du sol

Barrière entre la ville et les berges de Seine, le quartier des Docks, à Ris-Orangis, va évoluer vers une zone d’habi­tat composée en relation avec l’eau, en restituant le passé industriel du site.

A Ris-Orangis, l’ancien dock des Alcools, en bord de Seine, va être reconverti en un quartier de 650 logements basse consommation valorisés par la présence de l’eau. Cette friche de 18 ha se situe au contact d’un tissu pavillonnaire et d’un ensemble d’habitat social proches de la gare RER. Les voies ferrées la traversent, avec d’un côté le dock des Alcools, densément bâti et en partie inconstructible, et de l’autre un secteur plus arboré aux abords d’un plan d’eau, caractérisé par une grande halle centrale.

L’activité industrielle du site a cessé en 2003, les bâtiments situés entre la gare et le fleuve étant utilisés par le CAES (Centre autonome d’expérimentations sociales). Sur la base d’études réalisées par les urbanistes de l’agence BAO, la Ville et la communauté d’agglomération Evry centre Essonne ont engagé la reconversion urbaine du site, désignant en 2006 un aménageur, l’AFTRP (Agence foncière et technique de la région parisienne), et un concepteur, l’agence Brochet-Lajus-Pueyo.

Enserré dans un tissu hétéroclite, le projet va l’unifier par une structure paysagère forte. Elle se composera en lanières vertes parallèles à la Seine, tissant des continuités piétonnes entre la gare et le plan d’eau. Au point bas de ces mouvements de terrain, des noues permettront de gérer les eaux de pluie en surface, tirant parti des sols en gravières. Perpendiculaires aux coulées vertes, les voies de circulation desserviront les plots de logements, implantés en séquences désarticulées : « Cette disposition offrira des vues en diagonale sur le plan d’eau à un maximum de logements, limitant aussi les vis-à-vis », explique l’urbaniste Olivier Brochet.

Potentiel géothermique

Ventilés dans des maisons en bande faisant la couture au sud avec les pavillons et des petits collectifs, les logements devraient tous atteindre le standard bâtiments basse consommation. Une question d’abord de conception : « Nous avons opté pour des structures simples, avec des blocs très compacts de maçonnerie béton isolés par l’extérieur, explique Olivier Brochet, mandaté pour le premier îlot test. Les balcons, les loggias et les terrasses, réalisés en métal et bois, seront indépendants de ces structures ». Des performances liées aussi au sous-sol : « Des études cofinancées par l’Ademe et la région ont révélé un fort potentiel géothermique, lié à la proximité des nappes de la Seine et Yprésienne, peu profondes à cet endroit », précise Laurent Haddad, chef de projet à l’AFTRP. Ainsi, la mise en place d’un réseau de chaleur par géothermie très basse température, couplé à des pompes à chaleur eau-eau, couvrira plus de 60 % des besoins du quartier en eau chaude et chauffage.

Econome, l’habitat se composera aussi en relation avec son passé industriel. Ainsi, la grande halle centrale fera l’objet d’un ambitieux projet de réhabilitation sur l’une de ses nefs, combinant stationnements, logements, et équipement culturel. Les bâtiments des docks, qualifiant l’entrée de ville par la RD 31, seront aussi reconvertis pour la plupart en logements et en activités. Ils protégeront aussi l’intérieur du quartier des nuisances sonores liées à la voie ferrée.

Avant les réhabilitations, la phase opérationnelle débutera par les constructions neuves : « La déconstruction et la dépollution des sols sont en voie d’achèvement, explique Stéphane Raffalli, maire-adjoint de Ris-Orangis, chargé de l’urbanisme. Compte tenu de l’état du marché, nous commercialiserons d’abord la résidence services pour personnes âgées et la maison de retraite médicalisée. Nous lancerons à la fin du mois les consultations de promoteurs sur l’îlot test de 120 logements, très avancé dans sa définition. » De leur côté, les berges pourraient aussi rapidement faire l’objet d’aménagements financés par le conseil général, intégrées au projet de coulée verte entre la forêt de Sénart et le bois de Saint-Eutrope.

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ENCADRE

Fiche technique

Maîtrise d’ouvrage : Ville de Ris-Orangis et communauté d’agglomération Evry centre Essonne.

Aménageur : AFTRP.

Etudes urbaines : BAO.

Maîtrise d’œuvre : agence Brochet-Lajus-Pueyo, architectes urbanistes (mandataire) ; agence Laverne, paysagiste (espaces publics, mandataire) ; Alter Développement, BET environnement ; BET énergie ; Progexial, BET VRD.

Date de création de la ZAC : octobre 2006.

Programmation : 685 logements, 11 000 m2 Shon d’activités, 8 500 m2 Shon d’équipements.

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