[TO] Urbanisme et aménagement

Ecoquartiers (1/2) Un paysage insulaire reconstitué

Mots clés : Aménagement paysager - Architecte - Architecture - Eau - Energie renouvelable

Enclavés au cœur de l’Ile-Saint-Denis, d’anciens entrepôts commerciaux vont faire l’objet d’une reconquête urbaine qui vise à faire émerger un écoquartier aux berges inondables.

Le site des anciens entrepôts de deux grands magasins parisiens – le Printemps et les Galeries Lafayette – va connaître une spectaculaire reconversion. Installées sur l’Ile-Saint-Denis, commune contenue sur une langue de terre très allongée dans un méandre de la Seine, ces friches de 22 ha, propriété du conseil général de Seine-Saint-Denis, sont une barrière au tissu urbain. La Ville et la communauté d’agglomération Plaine Commune veulent les faire évoluer en écoquartier ouvert sur la Seine.

Première phase du projet, la reconquête du site du Printemps a été confiée fin septembre au groupement de promoteurs ING Real Estate/Brémond, associés aux urbanistes hollandais de l’agence West 8. Sur cette parcelle de 7,7 ha, à moins de trois kilomètres de Paris, les concepteurs se sont donné des objectifs élevés en matière d’exemplarité écologique.

Premier axe : le partage de l’espace en faveur du piéton et des liaisons douces. « Nous souhaitions une hiérarchie claire tenant compte de la proximité du pro­longement du tramway T 1 vers Asnières-Genevilliers et de la station de métro Pleyel à Saint-Denis », explique Michel Bourgain, maire de l’île. Isolé de l’A 86 par un mur antibruit revêtu de panneaux photovoltaïques, le quartier s’organisera à partir du quai du Châtelier, complété par des voies exceptionnellement carrossables. La mutualisation du stationnement (660 places) limitera aussi la présence automobile dans le quartier, rapproché du métro par une passerelle piétonne enjambant la Seine.

Artère piétonne

Autre point fort : le parti pris de la mixité. En effet, la programmation du futur quartier évite l’écueil de l’enclave résidentielle. Autour d’une artère piétonne traversant le site : des bureaux et des commerces complétés par des ateliers d’artisans et d’artistes jouant la synergie avec la Cité européenne du cinéma, en front de Seine côté Saint-Denis. D’initiative privée, le futur quartier comportera néanmoins 50 % de logements en locatif social ou en accession aidée.

Le tout sans compromis sur les performances thermiques : orientations optimisées ; standard Bâtiment basse consommation pour la moitié des logements (et aussi 30 % visant même le PassivHaus) ; logements traversants avec double ou triple orientation… Un habitat écologique, varié, conçu par sept équipes d’architectes que les urbanistes coordonneront dans des séquences très diverses : front urbain, rue piétonne, jardins habités…

Parc aquatique

Le bâti, compact, libérera au sol des surfaces importantes : « 60 % des espaces du quartier seront en pleine terre », précise Fadia Karam, directrice adjointe Développement d’ING Real Estate.

Cette imperméabilisation minimale sera propice à la gestion des eaux pluviales en surface, mise au service d’un projet de paysage. En effet, le traitement sur place des terres polluées va redéfinir la topographie du site, avec des sols en pente douce vers les deux berges. Des microvallons y collecteront les précipitations, drainées vers un parc aquatique d’un hectare au nord du site, valorisant une bande inconstructible située sous des lignes à haute tension.

Ces coulées végétales seront pointées sur la Seine : « Le fleuve sera mis en scène à l’intérieur du quartier, renforçant le sentiment d’insularité », explique Fadia Karam. Côté Gennevilliers, l’écriture des berges sera aérée : la Seine s’insinuera ponctuellement dans des modelés de sol inondables, fixant un « biotope vert » étiré vers l’intérieur du quartier. Côté Saint-Denis en revanche, le traitement sera plus urbain, avec un front bâti composé en cadavre exquis, rappelant le quartier Bornéo (Amsterdam), dont l’agence West 8 avait assuré la coordination architecturale.

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ENCADRE

Fiche technique Site du Printemps

Promoteurs : ING Real Estate, Brémond.

Maîtrise d’œuvre : West 8, urbaniste coordinateur ; Mutabilis, paysa­giste coordinateur ; Alto, BET environnement.

Architectes : Neutelings-Riedjik, Dana Ponec, Babled-Nouvet-Reynaud, Bouillaud-Donnadieu, Emmanuel Combarel-Dominique Marrec, Jourda architectes, Périphériques.

Date de création de la ZAC : 2009.

Surface : 7,7 ha.

Programmation : 435 logements, 15 500 m2 shon de bureaux, 4 780 m2 d’ate­liers, 5 460 m2 de commerces, un hôtel.

Livraison : à partir de 2013.

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