Technique et chantier

Eco-industries Redémarrage limité

Mots clés : Collectivités locales - Conjoncture économique - Eau - Gestion des déchets

-Selon Bipe-conseil, le chiffre d’affaires des éco-industries pourrait croître de 4 % en valeur par rapport à 1996, année de ralentissement global.

Après avoir, pendant plus de dix ans, augmenté dans des proportions proches du double de celle de l’activité générale, le marché des éco-industries s’est globalement ralenti en 1996 ( + 3 %). Aujourd’hui, l’attentisme des industriels se confirme : la progression de leurs investissements est estimée à 2 % cette année et à 5 % en 1998, ce qui est loin de suffire pour effacer le recul enregistré depuis les années 90. La reprise ne saurait donc venir que des dépenses d’environnement des collectivités locales (115 milliards de francs en 1996, dont 70 % pour les services), de nouveau prêtes à investir (1), mais cette reprise devrait être d’ampleur limitée. La progression des dépenses d’investissement des collectivités locales dans le secteur de l’environnement devrait s’établir cette année autour de 2,4 % ( + 3,1 % en 1998).

Air : un secteur en progression constante

Selon Bipe-conseil qui publie ces chiffres (voir tableau), les évolutions sont différentes d’un marché à l’autre. La chute des ventes d’équipement « eau » aux collectivités locales a été plus significative que prévu en 1996, mais les anticipations des professionnels laissent prévoir une stabilisation au premier semestre et une reprise par la suite, dans un contexte toutefois encore marqué par de fortes pressions sur les prix. Le marché de l’installation de nouveaux équipements de traitement des déchets ménagers, qui paraissait très prometteur à l’automne dernier, au vu de la publication des plans départementaux et des marchés en préparation, appelle aujourd’hui beaucoup de prudence de la part des professionnels, dans l’attente de précisions sur les priorités de la politique des déchets. Quant aux déchets industriels spéciaux (DIS), les tonnages traités en incinération se sont élevés à environ 700 000 tonnes et le marché a progressé de 3 % en valeur. Mais le secteur est soumis à une très forte concurrence, en raison des surcapacités d’incinération (de l’ordre de 2,4 millions de tonnes) et l’augmentation des coûts de traitement n’est pas entièrement répercutée sur le prix des installations. Il faut donc s’attendre cette année à une stabilité de ce marché.

Enfin, le faible dynamisme des marchés industriels d’équipement de dépollution traditionnels (eaux résiduaires, déchets) pourrait traduire la part croissante des technologies propres dans les investissements, qui provoque une réduction des affluents aqueux et de la production des déchets. Par ailleurs, en ce qui concerne les services, on constate que, parallèlement à la décélération du prix de l’eau (selon l’Insee, l’augmentation moyenne est passée de 13,3 % en 1994 à 6,2 % en 1996), la croissance des services d’eau et d’assainissement tend à se ralentir, ce qui n’est pas le cas des services de collecte et de traitement des déchets ménagers, en raison d’un effet « qualité » important sur le traitement.

C’est le marché de l’air qui s’avère le plus dynamique : il progresse de 17 % cette année, en raison de l’achat de pots d’oxydation par les voitures diesel et de la généralisation des instruments de mesure et d’analyse dans les agglomérations.

(1) Voir « Le Moniteur » du 11 juillet 1997, p. 21.

TABLEAU : LA PART DES SERVICES CROIT PLUS VITE QUE CELLE DES EQUIPEMENTS

La vente d’équipements «eau» aux collectivités locales a particulièrement baissé en 1996 mais semble désormais se redresser.

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