[TO] Règles techniques

Du béton pour une usine textile

Mots clés : Architecte - Architecture - Béton - Gros oeuvre - Produits et matériaux - Technique de construction

Un choix guidé par l’absence de condensation et de corrosion, un entretien quasi nul et une bonne tenue au feu. L’ossature poteaux-poutres de grande portée (36 m) est préfabriquée et assemblée par brochage.

Porcher Industries-NCV a lancé la construction d’un bâtiment pour regrouper deux sites de production à la Tour-du-Pin (Isère). De géométrie simple pour permettre les extensions et les évolutions à venir, il requiert un nombre restreint de poteaux porteurs pour dégager une surface utilisable maximale, optimiser les flux de production et conserver une grande souplesse dans la transformation.

Spécialiste du textile, Patrick Deveraux, architecte à Lyon, a préconisé des travées de portée maximale de 36 m et une charpente en béton précontraint de préférence à la charpente métallique. PPB bâtiments (groupe BDI) à Brignais (Rhône) a relevé le défi avec la fabrication de poutres en béton précontraint : 19 unités de 33 m de long et 48 de 36 m.

Un profil en I pour alléger les poutres

Le bâtiment destiné à accueillir des activités très variées (tissage, préparation, teinture et traitement, stockage des matières premières et des produits finis, bureaux et laboratoire) est organisé en trois travées de portées variables, une de 33 m et deux de 36 m : cette première tranche de 18 600 m2 est le noyau dur d’un projet extensible à 31 000 m2.

L’architecte a choisi de recourir aux poutres en béton précontraint (lire Le choix du béton) : « Avec 36 m de long, il s’agit d’une des plus grandes portées en France ». Ces poutres en I à inertie variable (1,8 m de hauteur au centre, 1,15 m aux extrémités pour la plus longue et 0,50 m au plus épais) sont espacées de 9 m les unes des autres. Des pannes également en béton précontraint (section en I de 20 cm X 35 cm), sont brochées tous les 3,6 m.

Les poutres reposent sur des poteaux en béton armé préfabriqués de 6,5 m de long pour une hauteur sous poutre de 6 m. Particularisme local selon Alain Cubizolle chargé d’affaires chez PPB Bâtiment, « les liaisons poteaux-fondation recourent à la technique du brochage et non au traditionnel encuvement » – tout comme d’ailleurs les liaisons poutres-poteaux- bien que cette méthode se révèle à l’usage plus contraignante techniquement et économiquement.

Grâce à un travail sur les profils en I, les poids respectifs des différentes poutres sont limités à 23 t et 25 t, un atout pour le transport exceptionnel routier et la mise en oeuvre à l’aide de deux grues.

En périphérie, une ossature secondaire est supportée par un réseau de potelets : en béton précontraint pour supporter le bardage et en béton armé pour la double fonction de support de bardage et de plancher intermédiaire en dalles alvéolaires.

FICHE TECHNIQUE

Maîtrise d’ouvrage : Porcher Industries-NCV.

Maîtrise d’oeuvre : Patrick Deveraux architecte ; TEC Bat (BET structures), Helair énergie (fluide), Denizou (économiste).

Entreprises : PPB bâtiments (charpente béton armé et précontraint), Chanut (gros oeuvre), Rocland (dallage), Slamm Bergeroux (couverture-étanchéité).

Surface : terrain : 7 ha ; bâtiment : 18 600 m2.

Durée du chantier : 10 mois (livraison du bâtiment en juillet 1999). Coût : 70 millions de francs TTC.

PHOTOS + SCHEMA :

1. De géométrie simple pour permettre les extensions à venir, le bâtiment comporte un nombre restreint de poteaux porteurs pour dégager une surface utilisable maximale.

2. Les poutres en I à inertie variable de 36 m de long sont profilées pour limiter leur poids à 23 t et 25 t.

3. Détail d’assemblage des poteaux et des poutres (système Scope).

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ENCADRE

AVIS D'EXPERT Patrick Deveraux «Le choix du béton»

Spécialiste dans la construction d’usine textile en France et à l’étranger avec en 1998 notamment deux sites de productions à Shanghai (Chine). Les atouts de la charpente en béton armé face à la charpente métallique sont amplifiés dans le cadre d’une activité textile :

« Le béton armé avec sa géométrie simple de poutres, poteaux et pannes n’accroche pas plus la bourre textile que la poussière et demeure insensible à la corrosion. Même en atmosphère humide, on ne constate ni pont thermique ni condensation, il n’y a ainsi pas de risque de chute de goutte d’eau sur le tissu. Il faut ajouter à cela les qualités plus générales du béton armé confronté au feu, sa résistance mécanique face aux chutes de neige courantes en Isère, son coût nul de maintenance, d’entretien et de nettoyage et son coût d’investissement égal voire inférieur à celui d’une charpente métallique ».

ENCADRE

Cinq solutions techniques complémentaires

Ventilation : soufflage par des gaines en plafond au-dessus des métiers à tisser et reprise d’air par des bouches encastrées dans le dallage.

Sol en béton armé teinté avec incorporation de quartz.

Parois intérieures lisses sur toute la hauteur avec une peinture de finition satinée et menuiseries extérieures affleurant, au nu du mur intérieur, avec doubles vitrages et profils à rupture de pont thermique.

Alimentations des fluides par encastrement des circuits électriques et d’air comprimé des métiers dans des galeries techniques situées sous le dallage.

Lutte anti-condensation : le traitement des ponts thermiques joue un grand rôle dans la lutte contre la condensation. L’isolation thermique des murs et couverture (panneaux isolants sur bacs acier) est réalisée en continuité, sans interruption due à la structure. Les descentes d’eau pluviales intérieures sont capotées et isolées.

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