[TO] Règles techniques

Dragage de précision sur ponton flottant

Mots clés : Transport fluvial - Travail

Le chenal d’accès du port de plaisance de Port la Forêt (Finistère) fait l’objet d’une assistance à l’aide d’outil de repérage satellitaire.

« Il y a seulement trois-quatre ans, on draguait un peu au jugé, et seule l’expérience du pelleur garantissait l’homogénéité du travail sur le sol marin », juge Alain Madranger, chef du chantier chez Armor. « Avec les technologies modernes, on arrive à des précisions centimétriques, alors qu’avec un simple GPS marin on reste à 5 m de précision, souligne-t-il. Le cahier des charges est d’une redoutable précision sur les niveaux de dragage. Cela vaut également pour les documents administratifs de suivi de chantier ».

L’entreprise Armor utilise une pelle Liebherr équipée du système ICH de navigation par satellite. La pelle arrimée à un ponton flottant repose sur trois pieux de 20 m de course. Ceux-ci sont commandés par le pelleur et actionnés par câbles et treuils. La modification de la poussée des pieux sur le sol, seul moyen de garantir la stabilité de l’ensemble. Le bras de pelle permet de travailler à 14 m de profondeur, et son godet jauge 2,1 m3. « Pour draguer la largeur du chenal de 50 m, on travaille en deux passes », explique le pelleur.

Informatique embarquée et savoir faire

L’informatique embarquée associe un écran d’ordinateur et une balise GPS. Sur écran, les plans aux coordonnées Lambert de l’emplacement de dragage permettent de localiser précisément la pelle et le godet en XYZ. « On recherche un niveau d’eau de 1,70 m en dessous du zéro marine. En réalité, on va toujours un peu au-delà, et on prend bien soin de passer le chenal sur toute sa largeur », précise Alain Madranger. « Nous utilisons le GPS avec une qualité de réception de niveau 9, que l’on atteint avec au moins cinq ou six satellites visibles sur les dix auxquels nous avons accès, poursuit-il.

L’ordinateur de bord enregistre le passage du godet, le niveau de profondeur (trois couleurs en fonction des cotes fixées) qui permettent au chef de chantier de sortir tous les soirs sur imprimante et de transmettre à la direction départementale de l’Equipement l’état d’avancement centimètre par centimètre.

Autres paramètres importants : les grandes marées et la houle. « On ne raisonne pas en mer comme sur terre, insiste Alain Madranger. Ici, un coup de pelle par forte houle peut disloquer l’ensemble du ponton, et un mauvais usage des pieux peut nous enliser ». Il faut ensuite larguer les matériaux collectés : le ponton est arrimé à un navire porteur. La zone de clapage est délimitée précisément, au large de la baie de Port la Forêt sur un carré de 150 m par 200 m. « Le sémaphore de Beg Meil de la marine nationale surveille et donne l’autorisation de chaque clapage », explique le capitaine Le Guillou, qui relève sur un plan informatisé les coordonnées précises du clapage.

FICHE TECHNIQUE

Maître d’ouvrage : Saem de Port la Forêt.

Maître d’oeuvre : DDE du Finistère.

Entreprise : Armor.

Durée : janvier-mars 1999.

PHOTO : La pelle Liebherr guidée par une balise GPS et une informatique embargée est arrimée à un ponton flottant qui repose sur trois pieux de 20 m de course. Ceux-ci sont commandés par le pelleur depuis sa cabine et actionnés par un système de câbles et de treuils.

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