Enjeux

Donald Trump, un climatosceptique protectionniste

Mots clés : Réglementation européenne

Offensif sur les infrastructures, le milliardaire veut saborder le TTIP, le traité de libre-échange entre les Etats-Unis et l’UE, ainsi que l’Accord sur le climat.

Le 8 novembre, l’Oncle Sam a choisi Donald. Trump sera le 45 président des Etats-Unis d’Amérique. Quoi qu’on puisse penser du personnage et de son inexpérience en politique, il faut reconnaître que l’homme n’est pas un inconnu pour le secteur de la construction. Dès son premier discours post-élection, il a d’ailleurs fait référence à de nécessaires investissements dans les infrastructures. Fils d’un promoteur immobilier new-yorkais, Donald Trump rejoint l’entreprise familiale après des études de commerce, puis en prend la tête en 1971. Son père construisait des logements pour la classe moyenne. Pour le fils, ce sera plutôt tours de luxe à son nom (et à sa gloire), hôtels, casinos, golfs… Il est devenu milliardaire grâce à ces projets grandioses mais a aussi été la cible de dizaines de procès dans le cadre de ses affaires et a frôlé la banqueroute en 1995 avec des pertes de 916 millions de dollars. Si elle ne concerne évidemment pas au premier chef le BTP en France, l’élection de Trump pourrait tout de même impacter le secteur de manière indirecte.

Quel avenir pour le Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (TTIP) ?

Dès l’élection de Trump, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, et le président du Conseil européen, Donald Tusk, ont invité, dans une lettre commune, le président des Etats-Unis à un sommet Union européenne – Etats-Unis en Europe. Parmi les dossiers à discuter, les deux dirigeants n’ont pas manqué de citer les négociations sur le TTIP. Celui-ci contient un important chapitre sur une ouverture plus grande des marchés publics américains aux entreprises européennes, et donc hexagonales. Pas sûr que Trump, qui se veut très protectionniste, favorise des négociations déjà au point mort en raison de l’intransigeance américaine. Le milliardaire est fortement opposé au TTIP. Hillary Clinton y était aussi hostile, mais il s’agissait davantage d’une posture électorale. Aujourd’hui, le TTIP semble mort-né.

Quel avenir pour l’Accord de Paris sur le climat ?

Dans leur lettre, Jean-Claude Juncker et Donald Tusk ont également cité le « changement climatique ». Une référence à l’Accord de Paris sur le climat signé au terme de la COP 21, en décembre 2015, qui aura des répercussions sur le BTP. Selon Ségolène Royal, Trump « ne peut pas empêcher » la « mise en œuvre » de l’accord. « A l’heure où je vous parle, 103 pays ont ratifié, représentant 70 % des émissions [de gaz à effet de serre]. Il ne peut pas, contrairement à ce qu’il a dit, dénoncer l’Accord de Paris », a indiqué la ministre de l’Environnement. Pendant la campagne, Trump a annoncé son intention « d’annuler » le traité et a également qualifié le réchauffement climatique de « canular total ». Ségolène Royal a présidé les négociations internationales sur le climat jusqu’à l’ouverture de la COP 22 à Marrakech, le 7 novembre. « L’Accord de Paris dit lui-même que pendant trois ans on ne peut pas en sortir », a-t-elle précisé. Le texte, entré en vigueur le 11 novembre, prévoit que les pays l’ayant ratifié ne pourront le dénoncer avant quatre ans (dont un de préavis).

Quel programme pour le BTP américain ?

Dès son premier discours post-élection, Donald Trump a fait référence à la construction, signe que le sujet n’est pas neutre pour lui : « Nous allons reconstruire les ponts, les autoroutes, les hôpitaux, les écoles. Nous allons reconstruire nos infrastructures qui vont devenir les meilleures. » Son programme électoral prévoit 1 000 milliards de dollars d’investissements dans les infrastructures sur dix ans, grâce à des partenariats public-privé et des investissements privés encouragés par des abattements fiscaux. Il est aussi très favorable à la production d’énergies fossiles, pour lesquelles il lèvera les restrictions. A l’inverse, tout porte à croire que les politiques sur l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables, notamment dans le bâtiment, seront abandonnées.

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