Régions

Dijon L’Etat répare Saint-Bénigne

Mots clés : Architecte - Architecture - Conservation du patrimoine - Culte - Maîtrise d'œuvre

– Le coût de la restauration de la cathédrale, entamée en 1984, atteindra à son terme le milliard de francs.

En travaux sans discontinuer depuis dix ans, la cathédrale Saint-Bénigne, à Dijon, patrimoine de l’Etat, supporte actuellement une rénovation extérieure conséquente. Il s’agit, notamment pour des raisons de sécurité, de remplacer les pierres défectueuses de la tour sud. La plupart sont d’origine (XIIIe et XIVe siècle) et provenaient des carrières de la région dijonnaise.

« La pierre de Dijon a un inconvénient majeur. Elle est très dure, fragile et surtout coupée de veines de glaise qui provoquent son éclatement lorsqu’il gèle », précise Bernard Collette, architecte en chef des Monuments historiques. Aussi a-t-il mis au point « une solution de fortune, qui a fait ses preuves, lors de la restauration de la porte Guillaume, à Dijon ».

La glaise est retirée par un décapage à l’eau. Puis, une fois la pierre séchée, les fêlures sont colmatées avec une résine déversée au compte-gouttes dans les fentes avec un entonnoir. Deux types de résine sont utilisées, car la résine de surface est teintée dans la masse pour être ensuite patinée. Ce traitement est retenu uniquement pour les pierres en meilleur état. « Quand il y a trop de failles à réparer, il est préférable de remplacer la pierre car la résine coûte trois fois plus chère que la pierre », note l’architecte en chef. Les plus dégradées sont donc remplacées par de la pierre de Jours-les-Baigneux, extraite dans le nord de la Côte-d’Or.

Plus résistante aux intempéries, elle est particulièrement bien adaptée aux parties les plus ventées et les plus humides et permet également de sculpter assez facilement de nouvelles corniches. Chaque pierre remplacée pèse entre 200 et 300 kg. La tour sud, haute d’une quarantaine de mètres va nécessiter l’utilisation de 80 m3 (soit 240 m2) de cette pierre.

Une réflexion sur la rotonde

Depuis 1984, 60 millions de francs (rénovation intérieure, couvertures, porche d’entrée, orgue) ont déjà été injectés dans la restauration de la cathédrale. Selon les estimations, 30 autres millions de francs sont nécessaires pour achever l’opération. Les priorités n’ont pas encore été définies entre les maçonneries extérieures, la façade et la tour nord (un tiers des pierres à remplacer). A l’intérieur, il reste à terminer les enduits du transept et à refaire l’électricité. La Drac de Bourgogne a, par ailleurs, lancé une étude sur la rotonde de Guillaume de Volpiano, un ancien lieu de culte situé en contrebas de l’édifice, dont l’état sanitaire est critique.

FICHE TECHNIQUE

Coût des travaux (tour sud) : 12 millions en trois tranches successives (1997-1998-1999).

Groupement d’entreprises : carrières Scandola (Baigneux-les-Juifs, Côte-d’Or) ; SAC (Autun) ; Jacquet (Longvic) pour la taille des pierres et atelier Bouvier (Avignon) pour la sculpture.

Procédure : sur appels d’offres restreints.

Les pierres les plus dégradées sont remplacées par de la pierre de Jours-les-Baigneux, extraite dans le nord de la Côte-d’Or.

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