enjeux

Dijon devient pionnière de la ville intelligente

Mots clés : Service public

La métropole connecte l’ensemble de ses services publics et les pilotera depuis un poste central unique.

Changement d’échelle pour la ville intelligente. Après les immeubles connectés puis les îlots et quartiers, qui se développent de Lille à Marseille, c’est à l’échelle de tout son territoire que Dijon Métropole (24 communes et plus de 256 000 habitants) veut déployer un projet de smart city . La collectivité avait lancé, en 2015, un marché pour connecter l’ensemble des équipements et espaces publics de son territoire (éclairage, vidéo protection, services de voirie…), et surtout – c’est là l’ambition nouvelle du projet – les piloter à distance et en temps réel via un unique poste central (PC). Ces tâches étaient auparavant éclatées dans six directions : le PC circulation, le centre de supervision urbaine, etc.

Au terme de deux ans d’appel d’offres, le nom du vainqueur de ce marché a été dévoilé ce 7 septembre à Dijon : le consortium mené par Bouygues Energies et Services (mandataire) et Citelum (filiale d’EDF), appuyés par Capgemini et Suez, l’emporte face à trois prétendants, Engie, Vinci et Eiffage. Le contrat de conception, réalisation, exploitation et maintenance, d’un montant de 105 millions d’euros, et qui porte sur les douze prochaines années, sera signé d’ici à novembre.

Associer les habitants à la gouvernance urbaine. « Grâce aux données numériques, ce poste de pilotage permettra de gérer, coordonner et entretenir la plupart de nos équipements urbains », projette François Rebsamen, maire de Dijon et président de la Métropole. En additionnant les avantages du numérique, de l’intelligence informatique et du temps réel, l’édile compte à la fois « améliorer la qualité des services publics pour les citoyens, qui connaîtront par exemple en direct les problèmes de circulation et les solutions pour y remédier » et « associer les habitants à la gouvernance urbaine, puisqu’ils auront accès à l’ensemble des données collectées » (lire ci-dessous) .

Bouygues remporte en consortium ce contrat de 105 M€ sur douze ans.

Signe de l’importance de ce marché, les principaux dirigeants des entreprises lauréates s’étaient déplacés à Dijon pour promouvoir le projet. « Nous allons réaliser la première smart city française et, je pense, du monde, se réjouissait Martin Bouygues, le P-DG du groupe Bouygues. Ce projet précurseur va nous permettre de progresser tous ensemble. » Les travaux pratiques vont démarrer rapidement puisque le centre de commandement connecté doit être opérationnel fin 2018. Suivront le déploiement d’un réseau très haut débit dans toute la métropole, la mise en connexion de 1 660 places de parkings, l’installation de 34 000 leds intelligentes…

L’audacieux projet dijonnais s’inscrit dans une trajectoire financière tenable pour la métropole, qui va investir 53 M€ sur douze ans. « Nous devions de toute façon renouveler nos marchés et, si le gouvernement ne baisse pas les dotations, ce projet n’entraînera aucune hausse des impôts locaux », promet François Rebsamen. Le marché inclut aussi un contrat de performance : les membres du consortium s’engagent solidairement à atteindre des résultats, par exemple 65 % d’économies d’énergie sur l’éclairage public au terme du contrat.

Ecosystème local de start-up. La collectivité prévoit, par ailleurs, de réduire de 15 millions d’euros ses coûts de gestion sur douze ans, grâce au centre de pilotage centralisé. La démarche de smart city et la philosophie open data du projet devraient, en parallèle, générer une dynamique économique favorable à la métropole. Dijon parie notamment sur l’émergence d’un écosystème local de start-up qui voudraient développer de nouveaux services.

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Le pari de l'open data

L’ensemble des données produites par la smart city dijonnaise seront disponibles en open data (données ouvertes), c’est-à-dire accessibles à tous, habitants comme start-up. « Les données issues des services publics permettront d’identifier des usages de masse mais en aucun cas d’identifier des comportements individuels de citoyens », assure François Rebsamen. La Métropole, selon le contrat, reste seule propriétaire des données.

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