[TO] Règles techniques

Des rupteurs de pont thermique

Mots clés : Gros oeuvre - Politique du logement - Produits et matériaux - Réglementation technique - Second oeuvre - Travail

LE CHANTIER La construction de 32 logements en R + 3, à Nancy. LE PROGRAMME Diminuer les déperditions thermiques de 20 % par rapport au seuil réglementaire. LES SOLUTIONS Une isolation intérieure avec des rupteurs de ponts thermiques dans la structure au droit des façades.

Pour la construction d’un immeuble de trente-deux logements en accession à la propriété, rue Saurupt à Nancy, un dispositif de rupture de pont thermique a été expérimenté. Son choix résulte d’un arbitrage effectué par le maître d’ouvrage de l’opération Nouvel habitat promotion et construction, à partir de l’étude réalisée par le cabinet Pouget.

« Nous avons retenu un mode de chauffage électrique qui nous permet de bénéficier de l’offre commerciale Vivrélec d’EDF, à condition de diminuer les déperditions thermiques de 20 % par rapport au seuil réglementaire. L’emploi d’un tel dispositif permet de conserver une isolation par l’intérieur tout en résolvant les problèmes de ponts thermiques notamment au niveau des balcons », explique Jean-Marc Petitpain, chargé d’affaires à Nouvel habitat.

De son côté, Charles Bottger, directeur du bureau d’études de l’entreprise générale Saee-Ramelli, affirme que « sans ce rupteur, il aurait fallu se contenter d’une diminution de seulement 10 % des déperditions thermiques ».

Des armatures en acier inoxydable

L’emploi du rupteur Rutherma, de la société allemande Schöck, évite d’interrompre l’enveloppe thermique du bâtiment (de type R + 3). Bénéficiant d’un avis technique du CSTB, il autorise trois types de jonction : dalle/façade, refend/façade ou dalle/balcon (voir croquis). Le coeur du dispositif est constitué par une plaque de polystyrène expansé qui supporte, à ses extrémités, deux plaques en silico-calcaire de 15 mm d’épaisseur.

Capable de supporter une compression de 3 t/cm2, le bloc de polystyrène de 80 mm d’épaisseur est traversé par une série d’armatures en acier, dont le nombre varie en fonction de la portée des dalles. Pour une portée de 6 m, cinq étriers assurent les efforts de traction/compression et quatre autres reprennent l’effort tranchant.

Ces armatures comprennent une partie en acier inoxydable, au niveau de l’isolant, pour éviter la corrosion et améliorer leur assemblage par soudure bout à bout aux armatures en acier, ancrées dans le béton.

Un surcoût de 80 francs par mètre

En fourniture, le surcoût du rupteur est d’environ 80 francs par mètre linéaire. « Il reste inférieur au recours à l’isolation extérieure, en remplacement d’une isolation intérieure classique sans rupteur », indique Charles Bottger, de la Saee-Ramelli.

La société Schöck annonce, quant à elle, un prix de référence au mètre linéaire compris entre 270 à 400 francs, selon la portée, en incluant la livraison et la pose.

« Pour cette opération de Nancy, le prix avoisine 300 francs pour une dalle de 6 m de portée et un temps de mise en oeuvre de douze minutes par mètre linéaire », précise Didier Tuaillon, conducteur de travaux chez Saee-Ramelli.

Le coût du projet s’élève à 9 millions de francs HT pour une surface hors oeuvre nette de 2 371 m2. Les travaux dureront deux mois.

FICHE TECHNIQUE

Maître d’ouvrage : Nouvel habitat promotion et construction.

Maître d’oeuvre : Cabinet André (Nancy).

Entreprise générale : Saee-Ramelli.

Rupteurs de ponts thermiques : Schöck Bauteile GmbH.

Bureau d’études : Adam (structures) ; André Pouget (fluides).

Bureau de contrôle : Socotec.

SCHEMA : Les rupteurs intègrent des armatures, pour partie en acier inoxydable, qui sont soudées bout à bout avec les armatures ancrées dans le béton lors du chantier. Le coeur du rupteur est constitué par 80 mm de polystyrène expansé avec, aux extrémités, deux plaques de silico-calcaire.

PHOTO : Si l’isolation est classique avec un complexe rapporté par l’intérieur, en revanche, les jonctions dalle/façade, refend/façade ou dalle/balcon sont équipées de rupteurs de ponts thermiques.

ENCADRE

Suppression des ponts thermiques

Le principal atout du rupteur réside dans l’augmentation de la température de surface critique pour le point de rosée. « Avec des températures de 19 °C (pour l’intérieur) et de – 5 °C (pour l’extérieur), une hygrométrie courante de 60 %, cette température de surface critique passe de 12 à 17,1 °C », affirme Marcel Begoc, responsable export de la société Schöck. Corollaire de l’absence de pont thermique, les risques de condensation et de moisissures au droit des balcons sont écartés. Par ailleurs, les caractéristiques de ce dispositif sont conformes à la réglementation acoustique et incendie.

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