[TO] Règles techniques

Des berges végétalisées résistantes aux crues

Mots clés : Aménagement paysager - Sécurite civile

Autrefois canalisée par un ouvrage en béton de 8 m de large (12 m entre berges) et rectiligne sur 500 m à l’intérieur du parc de Morsang-Savigny (Essonne), l’Orge présente maintenant un cheminement sinueux et végétalisé sur cette partie de son cours. Cet aménagement souhaité par le Syndicat intercommunal de la vallée de l’Orge aval (Sivoa) procède d’un choix technique déjà validé sur un chantier réalisé en 1993-1994 sur le Blutin, une rivière sur le territoire du syndicat.

Ouvert à la mi-novembre 1998 et terminé au printemps, ce chantier a commencé par le retrait du béton de 10 cm d’épaisseur, très dégradé. Concassé sur place, ce matériau a été recyclé en fondations d’allées latérales sur une épaisseur de 30 cm. Une solution qui a évité un important trafic de camions et une coûteuse mise en décharge.

Le nouveau cours a été conçu par le service environnement du Sivoa, dirigé par Michel Valois. La largeur entre berges est portée de 12 à 21,50 m, des méandres ont été créés, ainsi que des berges à pente douce et des risbermes de 2 à 2,50 m de large sur 10 à 15 m de long.

Le bord de berge est fixé par le battage, à une profondeur de 1,80 m, de deux rangs, distants de 40 cm, de pieux en châtaignier de 2,50 m espacés tous les 80 cm. Ce type de soutènement, mécaniquement très résistant, renforce le bord de berge. Une nécessité d’autant plus grande que deux collecteurs de 1 200 mm longent la rivière à cet endroit. Par ailleurs, cette structure devra résister au régime hydraulique du bassin versant, qui varie de 1,50 m3/s à l’étiage à 20 m3/s.

Esthétique et biodiversité

L’espace entre pieux est compacté, rempli de fagots de saules, puis remblayé de terre. Les talus, préparés pour un engazonnement, sont recouverts d’un treillis de coco fixé par des agrafes en rond à béton. Sur les risbermes, d’une pente de 3 à 4 cm/m, la terre rapportée est plantée d’hélophytes, une espèce végétale bourgeonnant dans la vase. Des plantations de ramilles séparent cette plage du talus. « Nous avons mélangé des fascines de branches vivantes et mortes, explique Laurent Lecoustumer, chef de chantier de l’entreprise de génie végétal SMAE, car on ne peut pas créer un écran sur un tel site : il faut ménager des accès pour la pêche, et ouvrir la vue sur la rivière pour les promeneurs. »

Les liaisons avec l’amont, encore bétonné, et l’aval, où un pont de l’A6 franchit le cours d’eau, ont été traitées par des techniques de génie civil. La transition entre le canal bétonné et la partie végétalisée est franchie, en fond de cours d’eau, avec un matelas de gabions de ballast 80/100. Les berges sont reconstituées en meulières jointoyées.

Pour Yves Deverne, directeur du Sivoa, « l’avantage de cet aménagement est écologique. Sur le parcours bétonné, il n’y avait pas de poissons, et bientôt, ils reviendront. Sans oublier l’intérêt esthétique ».

Fiche technique

Maîtrise d’ouvrage et maîtrise d’oeuvre : syndicat intercommunal de la Vallée de l’Orge aval.

Bureau d’études : Silen-Biotec.

Génie civil : Sobea.

Techniques végétales :

SMAE.

Terrassement : TPSP.

Budget : 3 millions de francs TTC (agence de l’eau Seine-Normandie : 40 % ; conseil régional : 20 % ; conseil général : 20 % ; Sivoa : 20 %);

PHOTO : Les berges à pente douce, d’un profil 1/2 ou 1/3, sont recouvertes de treillis de coco maintenu par des agrafes métalliques. Le parcours à méandres présente des risbermes plantées de touffes d’hélophytes.

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