Régions Marseille

Des axes structurants repensés

L’été prochain, la mise en service totale de la rocade L2 (9,7 km), construite pour relier les autoroutes est et nord, libérera Marseille d’une partie du trafic de transit. Avec la livraison promise en 2022 du boulevard urbain sud (8,5 km), réalisé pour mieux desservir le littoral (conception : Egis, SMM, Ilex, Mascarelli), le contournement par l’est, du nord au sud, de Marseille sera ainsi continu, améliorant grandement la situation dans une ville parmi les plus polluées de France. « Environ 20 à 30 % de véhicules n’auront plus besoin de traverser l’hypercentre. Cela représentera aussi un gain de temps indéniable pour les 200 000 habitants de la métropole qui se rendent chaque jour à Marseille ou ceux qui transitent entre Aix-en-Provence, au nord, et Aubagne, à l’est », affirme-t-on à la métropole Aix-Marseille-Provence. Ce nouveau contexte et le cofinancement du département des Bouches-du-Rhône (lire ci-dessous), annoncé le 1er décembre, rendent aujourd’hui possible la reconquête de nouveaux espaces publics.

Redonner son lustre au cours Lieutaud. Situé sur le tronçon est de la ceinture de boulevards du centre-ville, le cours Lieutaud (1,3 km) permet l’accès à la gare Saint-Charles et à l’autoroute A7 depuis le centre et les quartiers sud. Cette position charnière lui vaut d’être aujourd’hui complètement asphyxié par la circulation. Sur le cours créé au XIXe siècle, les arbres ont été coupés depuis longtemps. L’essentiel de l’espace est mangé par la voiture et le stationnement anarchique. L’enjeu pour l’équipe de maîtrise d’œuvre conduite par l’agence Tangram Architectes (Donjerkovic, Artelia Ville et Transport, Latérale) consiste à redonner au cours son lustre d’antan tout en l’adaptant aux usages d’aujourd’hui et en préservant son identité. En effet, au fil des années, les magasins de motos et de deux-roues ont fait de la voie le rendez-vous des motards. « Notre objectif n’est pas de les chasser. Nous souhaitons valoriser cette singularité en commençant par ordonner l’exposition des deux-roues sur une bande délimitée, dans la stricte longueur de la façade. Les produits seront mis en avant et l’identité commerciale du cours préservée », déclare Laure de Buzon, chef de pôle paysage chez Tangram Architectes.

Réalisés en deux phases, les travaux démarreront fin 2018-début 2019. A cette date commencera la première tranche de « l’humanisation » du boulevard du Jarret (3,6 km) : entre Saint-Just, au nord, et la place de Pologne, au sud. Communément appelée « Le Jarret » car construite au-dessus d’un ruisseau du même nom couvert entre 1955 et 1968, la voie est complètement saturée. Elle est notamment empruntée par les automobilistes qui refusent de prendre le tunnel Prado-Carénage, ouvrage payant qui passe sous l’hypercentre et relie les autoroutes nord et est. Délestée d’une partie de son trafic grâce à la L2, elle pourra se transformer en boulevard urbain multimodal.

« Créer des liens transversaux ». Confiée à l’équipe de maîtrise d’œuvre conduite par Christian Devillers (Tangram Architectes, Réussir l’espace public, 8’18 », Ingérop conseil et ingénierie), sa requalification comprend plusieurs volets : « Il s’agit de réduire l’emprise réservée aux véhicules et d’en faire une avenue arborée. Nous doublerons le nombre de passages piéton pour créer des liens transversaux confortables. Enfin, il s’agira d’améliorer la desserte de l’hôpital de la Timone », détaille Pierre Frachon, chef de projet chez Devillers et Associés.

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ENCADRE

Près de 400 millions d'euros de travaux

Le 2 décembre ont été inaugurés les nouveaux aménagements autour de la rue Paradis (4,5 millions d’euros) cofinancés par la Ville de Marseille, la métropole Aix-Marseille-Provence et le département des Bouches-du-Rhône. Ce dernier poursuit son engagement financier en mettant sur la table 218 millions d’euros, soit 56 % du coût total des trois axes routiers. Le boulevard urbain sud (300 millions d’euros) va ouvrir le bal avec le chantier des trois tranchées couvertes confié au groupement conduit par GTM Sud. Une première section (Florian/Sainte-Marguerite) sera mise en service en 2020. La requalification du Jarret (74 millions d’euros) va démarrer avec une première section (avenue de la Timone/boulevard Chave) réalisée entre 2019-2020. Quant au cours Lieutaud (16 millions d’euros), la première phase (boulevard Baille/boulevard Salvator) débutera en 2019.

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