Régions Marseille

Dernière ligne droite pour la rocade L2

Mots clés : Bâtiment d’habitation individuel - Démarche environnementale - Réseau routier - Urbanisme - aménagement urbain

25 km Portion de routes transférées par le département des Bouches-du-Rhône à la métropole d’Aix-Marseille.

+ 12 % de permis de construire de logements en région Paca sur 12 mois glissants au 3e trimestre 2016.Source : Cerc Paca.

357 ha Surface dédiée aux compensations écologiques dans le domaine de Cossure, à Saint-Martin-de-Crau (13).

Le 8 décembre dernier, la section est de la rocade L2 de Marseille a été inaugurée en présence du président de la République. Il s’agit d’un tronçon de 5,5 km entre l’échangeur de Florian et celui de Frais-Vallon. A terme, plus de 100 000 véhicules devraient circuler chaque jour sur cette rocade pour accéder plus facilement aux autoroutes A7 et A50.

Pour l’heure, la connexion avec l’A50 n’est pas encore directe, de façon à ne pas surcharger cette partie de Marseille, déjà saturée par les travaux de rénovation urbaine en cours et la construction du tronçon nord de la L2 (4,5 km entre les échangeurs de Frais-Vallon et des Arnavaux). Les 600 hommes mobilisés sur le chantier ont encore une bonne année d’activité avant la livraison complète, prévue en mars 2018. Cela clôturera un chantier démarré à la fin 2014.

Né il y a plus de quatre-vingts ans, le projet de contournement par le nord de la ville de Marseille est aujourd’hui une réalité. En 1993, l’Etat avait réalisé et mis en service une première tranchée couverte. D’autres avaient été entamés sans que les projets aboutissent, faute de financements. La situation a été débloquée en 2007 avec la décision du gouvernement d’examiner la possibilité d’une procédure du partenariat public-privé (PPP), qui a abouti six ans plus tard à la signature du contrat de partenariat entre l’Etat et la société de la rocade L2 (SRL2), titulaire du marché de PPP sur trente ans (quatre ans de conception-construction et vingt-six ans de maintenance).

Un phasage très précis. Le département des Bouches-du-Rhône, la métropole d’Aix-Marseille, la région et l’Etat portent les deux tiers du coût d’investissement, qui s’élève à 620 millions d’euros. Le reste est pris en charge par la SRL2 (1), dont le groupe Bouygues est l’actionnaire principal, via l’emprunt obligataire. S’y ajoutent 80 millions d’euros financés par le contrat de Plan Etat-région pour des opérations connexes : aménagement du secteur du marché d’intérêt national (MIN), travaux de parachèvement de la L2, relogement en raison des opérations de démolition.

La livraison de la section est ne s’est pas faite sans soubresauts. En juillet, alors qu’elle devait être mise en service, le préfet de Paca Stéphane Bouillon avait pointé 352 réserves en comité de suivi des engagements de l’Etat. Il demandait notamment à la SRL2 de revoir des points de sécurité. Par ailleurs, la section nord a pris du retard compte tenu de marchés non attribués par la métropole pour permettre le déménagement des entreprises situées sur l’emprise du MIN. A ce niveau, la L2 s’insère entre le MIN et la voie ferrée Paris-Lyon-Marseille. L’enjeu est de laisser au MIN une surface d’exploitation maximale et de veiller à conserver des emprises foncières pour la SNCF réalise le projet de transformation de la gare Saint-Charles.

La livraison complète est prévue en mars 2018.

Apaiser le cadre de vie. « Le chantier de la rocade n’est pas compliqué techniquement. Il s’agit pour l’essentiel de tranchées couvertes avec des fondations profondes. En revanche, il demande un phasage très précis, car la rocade se construit dans un environnement urbain dense et sous exploitation », rappelle Inouk Moncorgé, directeur général de la SRL2.

Si la L2 a vocation à désengorger Marseille, elle doit aussi contribuer à apaiser le cadre de vie. « Son principe est de libérer le maximum d’espace en surface. Plus de la moitié de son parcours sera enterrée », confirme Inouk Moncorgé. Sa construction s’accompagne ainsi d’aménagements urbains pour permettre notamment les déplacements des piétons et des cyclistes sur un axe nord-sud. Au niveau du secteur de Saint-Jérôme, par exemple, une tranchée couverte est en cours de construction ; au-dessus, des trottoirs et une voie en site propre seront aménagés pour un très grand bus. Celui-ci reliera la station de métro Frais-Vallon à celle de Capitaine-Gèze en construction.

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ENCADRE

Un chantier colossal qui limite son impact

Autoroute sans péage à 2 x 3 voies, la rocade L2 (également appelée A507) comprend sept échangeurs ou demi-échangeurs, huit tranchées couvertes, sept bassins de traitement des eaux et deux bassins de rétention. Il faut y ajouter des équipements, dont 214 caméras et systèmes de détection automatique d’incident, 5 550 luminaires, 800 km de câbles, 39 km de chemins de câbles, 13,5 km de réseau incendie et 3 km de colonnes sèches.

Pour ce chantier qui va mettre en œuvre 180 000 m2 de béton et nécessiter 900 000 m2 de terrassement, la SRL2 s’est engagée à réutiliser les deux tiers des déblais. Autre mesure environne mentale : la qualité de l’air est contrôlée quotidiennement, avec des vérifications des émissions de poussières.

En outre, pendant les travaux, le niveau sonore ne doit pas dépasser 70 dB le jour et 65 dB la nuit. Classée en zone de bruit modéré, la rocade ne devra pas excéder 60 dB le jour et 55 dB la nuit après sa mise en service.

(1) L a Société de la rocade L2 est composée de Meridiam ( 35 %), la Caisse des dépôts ( 35 %), Bouygues Construction (13 %), Spie Batignolles (7 %), Colas Midi-Méditerranée (5 %) et Egis (5 %).
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