Enjeux

Depuis trois générations, Robert trace sa route

Mots clés : Enfance et famille

Cette entreprise familiale du Gard, fondée il y a 70 ans, a su se diversifier. Aujourd’hui, elle joue dans la cour des grands.

C ‘est l’une des rares entreprises routières indépendantes de l’ex-région Languedoc-Roussillon. L’une des plus intégrées, surtout. Le groupe Robert, basé à Verfeuil, un village du Gard rhodanien, maîtrise toute la chaîne de la construction routière, depuis la production de granulats jusqu’à la fabrication d’enrobés, en passant par le terrassement et le confortement d’ouvrages. En décembre dernier, deux mois après avoir inauguré un laboratoire flambant neuf à Tresques (Gard), l’entreprise a obtenu la certification Laboroute, détenue en général par de gros donneurs d’ordre, des laboratoires ou des groupes nationaux.

Un vocabulaire nouveau. Le groupe Robert a été créé en 1946 par Aimé Robert, le grand-père des dirigeants actuels. A sa mort, en 1959, c’est son épouse Madeleine qui reprend le flambeau, jusqu’à l’arrivée de ses deux fils, Pierre et Francis, dans les années 1970. Les représentants de la troisième génération, Olivier, Marion et Florent, ont intégré l’entreprise en 2004 et 2005, après de solides études supérieures et une expérience de plusieurs années dans des groupes nationaux. En 2010, les décès consécutifs de leurs pères respectifs les propulsent en première ligne. Le choc est d’autant plus rude que le secteur est alors secoué par la crise. « Nos pères appliquaient des méthodes rationnelles mais intuitives, commente Olivier Robert. Ils avaient leurs propres réseaux commerciaux. Il a fallu rebâtir tout ça. Nous avons dû tirer très fort sur le manche pour sortir de la zone de turbulences. » Dans cette entreprise qui fonctionnait à la parole donnée, les trois cousins introduisent un vocabulaire nouveau : budgets, suivi analytique, centres de profit, situations mensuelles. Et décident d’investir.

CA 2016 : 30 M€ Capital : 100 % familial 145 salariés 7 filiales et 8 sites

En 2011, ils engagent 1,5 million d’euros dans l’équipement d’une carrière à Pouzilhac, entre Nîmes et Bagnols-sur-Cèze. Objectif : développer la production de granulats de manière industrielle pour diversifier l’activité et améliorer la rentabilité du groupe. Heureuse coïncidence, un formidable chantier s’engage alors dans le Gard, le contournement ferroviaire de Nîmes et Montpellier, qui requiert d’importants apports en matériaux. « Nous n’étions pas vraiment attendus sur un tel marché, commente Olivier Robert. Les volumes étaient importants et le cahier des charges très pointu. Nous avons relevé le défi. » En l’espace de deux ans, l’entreprise a ainsi livré 300 000 tonnes de granulats sur le chantier de la ligne à grande vitesse (LGV).

Constitué de sept filiales coiffées par une holding, le groupe Robert rayonne aujourd’hui sur cinq départements de part et d’autre du Rhône (Ardèche, Gard, Lozère, Bouches-du-Rhône et Vaucluse). Il réalise 30 millions d’euros de chiffre d’affaires avec 145 salariés. « Nous avons atteint une taille qui nous assimile à la filiale d’un grand groupe, observe Olivier Robert. Notre manière de fonctionner est la même, mais avec une chaîne de décision très courte. » Le savoir-faire des grands, l’agilité des petits.

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