Droit immobilier

Demain, l’immobilier résidentiel ?

Mots clés : Gestion et opérations immobilières

Et si l’on tentait ensemble, au-delà des réactions protestataires qui ont d’abord été les nôtres, de donner du sens à la volonté présidentielle de réduire l’attrait des Français pour la pierre, de façon que leur épargne soutienne davantage le monde de l’entreprise ?

L’exercice revient à identifier ce que révèle aujourd’hui cet engouement national pour l’investissement dans l’immobilier et à se demander si l’on peut y répondre autrement.

Propriétaire ou locataire ?

Devenir propriétaire de son logement, c’est, en l’état, satisfaire plusieurs désirs profonds, pas toujours exactement identifiés par le candidat accédant : être chez soi, ne dépendre de personne, sécuriser sa retraite, pouvoir transmettre aux enfants. Et ces désirs mêlés sont si puissants qu’ils justifient aujourd’hui vingt ans ou plus d’un endettement qui obère le pouvoir d’achat du ménage et un enracinement géographique qui entrave toute mobilité professionnelle. En somme, les ménages français sont prêts à se serrer la ceinture le temps d’une génération, pour accéder à la propriété du logement de leur vie. Il est vrai que l’autre branche de l’alternative, la location d’un logement, est en France très rarement choisie : on devient locataire le plus souvent parce qu’on ne peut pas devenir propriétaire et c’est le cas de onze millions de ménages. Cet état subi de locataire s’organise dans un cadre juridique bien insatisfaisant : trop longue attente d’un logement social en zone tendue, statut figé de la relation locative, sentiment d’insécurité partagé entre le bailleur et le locataire, celui-ci de perdre son logement, celui-là de perdre le loyer et de ne pouvoir récupérer, en temps voulu, les lieux libres d’occupation. Bref, c’est un tableau insecure, fragile, qui caractérise la location d’un logement, renforçant en large part l’attrait pour l’acquisition. Ainsi, la voie qui permettrait de réduire l’attrait de notre société pour la propriété de plein exercice passe nécessairement par l’invention d’une troisième branche de l’alternative, entre propriété et location, qui, en même temps, satisferait l’essentiel des désirs de ceux qui veulent devenir propriétaires et évincerait l’essentiel des inconvénients de la relation locative. Ce qui appelle à rechercher un cadre médian participant...

Vous lisez un article de la revue Operations Immobilieres n° 104 du 30/04/2018
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