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DEFLOCAGE DE L’AMIANTE Des conditions de travail difficiles

Mots clés : Bâtiment et santé - Retraite

Le colloque organisé par l’INRS, le 3 décembre dans ses locaux de Vandoeuvre, a mis en lumière la pénibilité des conditions de travail des ouvriers sur les chantiers d’enlèvement d’amiante. « Une situation insultante », estime Jean-Pierre Meyer, chef de laboratoire à l’INRS Vandoeuvre et auteur d’une étude sur l’astreinte physique du déflocage de l’amiante. Les travaux d’Alain Garrigou, chercheur au Laboratoire d’ergonomie des systèmes complexes à l’Université de Bordeaux II, confirment ce point de vue : « Aux risques classiques du bâtiment, s’ajoutent les risques spécifiques aux chantiers de désamiantage ». Alain Garrigou remarque notamment une « focalisation exclusive sur le risque amiante » qui engendre une sous-estimation des autres dangers graves. Les efforts en situation d’inconfort et les contraintes thermiques provoquent des pertes importantes en sels minéraux et des pertes de poids pouvant atteindre 3 à 5 kg.

Ces risques sont liés notamment au port de combinaisons étanches « qui empêchent l’évaporation et qui créent un microclimat », explique Jean-Pierre Meyer. Le chercheur a étudié le rythme cardiaque des travailleurs et leur durée limite d’exposition (voir encadré). La transpiration engendre aussi des difficultés lors du déshabillage, « comme en témoigne l’astreinte cardiaque au cours de la douche », précise l’étude de Jean-Pierre Meyer, qui n’hésite pas à qualifier ce problème de « scandale de la profession ». Selon lui, « cette astreinte doit être réduite en permettant aux salariés de disposer d’une douche plus vaste ». Les participants au colloque ont également abordé le thème des appareils respiratoires. Les études réalisées par l’INRS démontrent que le système par adduction d’air semble plus performant et plus pratique que le procédé de filtration ou de ventilation assistée. Ces équipements montrent toutefois leurs limites dans des postures extrêmes ou d’inconfort. « La protection respiratoire ne peut rien en cas de défaillance ou de lacune en matière de formation ou d’information des travailleurs », précise Michel Hery de l’INRS. Une trop grande sophistication peut nuire à l’efficacité : une confiance excessive envers le matériel provoque parfois des prises de risques inconsidérées.

Surveiller la température ambiante

Dans son étude sur « l’astreinte physiologique lors d’opérations de retrait d’amiante », Jean Pierre Meyer, chef de laboratoire à l’INRS Vandoeuvre, a établi qu’à partir d’une température de 25° C dans le local, la température sous le vêtement étanche dépasse les 30° C.

A ce niveau, la durée d’exposition doit être inférieure au seuil légal (3 heures par demi-journée) car l’équilibre thermique ne peut plus être maintenu : la température comme la fréquence cardiaque augmentent.

La durée d’exposition doit donc être réévaluée pour des températures ambiantes supérieures à 25 °C.

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