Management et prévention Sécurité

« Dans le gros œuvre, la prise de risques n’apparaît pas comme une valeur »

L’Organisme professionnel de prévention du BTP (OPPBTP), le groupement national multidisciplinaire de santé au travail dans le BTP (GNMST-BTP) et le groupe de recherche sciences humaines et sociales de l’Ecole centrale Paris s’associent pour étudier les conduites collectives et individuelles face aux risques dans les métiers du gros œuvre.

Quel est l’objectif de cette démarche visant à mieux comprendre les comportements en matière de sécurité ?

L’objectif de cette recherche-action est double : produire des connaissances scientifiques sur les conduites humaines et apporter des outils concrets aux professionnels du gros œuvre pour les aider à lutter contre les risques. Nous avons choisi de centrer ce travail sur le gros œuvre, secteur de PME davantage sujet aux accidents, sans nous disperser sur l’ensemble des métiers de la construction.

Comment conduisez-vous cette recherche-action ?

Ce travail de recherche, démarré l’an passé, se veut participatif. Outre nos partenaires, nous associons des dirigeants et des salariés de PME du secteur (Pagot, TBI-Sham et Saussine…).
Trois études seront conduites. La première permettra de capitaliser les connaissances des conseillers prévention de l’OPPBTP et des médecins du GNMST-BTP. La deuxième, conduite avec la participation de Jacques Chevalier, ethno-anthropologue à l’université de Carleton au Canada, vise à développer un outil dédié aux entreprises du secteur pour les aider à évoluer en termes de conduite individuelle et collective.
Enfin, la troisième explorera des situations de travail identifiées par les équipes d’ouvriers comme sensibles du point de vue des risques. Nous aurons recours à la vidéo dans ce cadre-là.

Après un an de travail, quels sont les premiers enseignements recueillis ?

Sans dévoiler les résultats que nous publierons après consolidation en 2012, trois éléments sont notables.
Le premier constat intéressant est que les équipes s’expriment volontiers dès lors qu’elles sont invitées à identifier les problèmes liés aux risques et à y réfléchir.
Autre enseignement : prendre des risques n’apparaît pas comme une valeur. En d’autres termes, il n’y a pas d’affirmation d’une identité professionnelle autour d’une prise de risque. Enfin, nous avons noté l’importance des relations dans l’équipe et entre les équipes. Le groupe peut-être un facteur de sécurité lorsqu’il y règne une bonne entente. A contrario, les difficultés surviennent en cas de tensions. Si l’équipe n’est pas en soi cause directe d’accidents, son fonctionnement apparaît comme déterminant sur la gestion des risques en situation de travail.

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