Evénement Aménagement intérieur

Dans la maison, rien ne se perd, tout se transforme

Mots clés : Second oeuvre

Les revêtements de sols incorporent toujours plus de matériaux recyclés.

Et les industriels font leur miel du biosourcé dans les finitions.

Face aux enjeux environnementaux, les industriels des matériaux de finition (revêtements de sol, peintures et enduits décoratifs) s’organisent et innovent. Les deux grandes tendances actuelles sont le recyclage des produits et l’utilisation de solutions biosourcées. La première répond à un double objectif : la préservation des ressources et la recherche d’alternatives à l’enfouissement et à l’incinération. Gerflor, fabricant de revêtements de sol qui utilise du PVC pour composer ses gammes, a par exemple fait évoluer son process. L’industriel, qui a lancé en 2010 le programme « Seconde vie », s’est associé début 2017 avec Paprec Recyclage pour créer la société Floor to Floor afin de récupérer sur les chantiers les chutes de ses revêtements. Il espère passer, en trois ans, de 1 500 tonnes récoltées annuellement à 5 000 tonnes.

« Nous travaillons aussi sur la conception de nos produits, explique Arnaud Challande, son directeur marketing. Nous avons notamment mis au point la gamme Creation, dont le contenu en matière recyclée varie entre 60 % et 80 %, et le produit Bateco, un revêtement de protection qui atteint, lui, les 100 %. » Le recyclé représente ainsi 25 % du total de la production de Gerflor. « Notre objectif à moyen terme est de franchir la barre des 30 % », annonce Arnaud Challande.

S’affranchir de l’industrie pétrolière. Interface, fabricant de dalles de moquette à base de fibres issues du pétrole, intègre également une grande part de ressources recyclées. « Plus des deux tiers de notre production comportent entre 52 % et 74 % de contenu recyclé », détaille Mickaël Cornou, son directeur marketing. Le fabricant va même plus loin puisqu’il utilise, pour la couche et la sous-couche de ses dalles, un isolant calcaire fabriqué à partir de poussières issues de carrières. « Depuis 2009, nous en avons utilisé plus de 100 000 tonnes », détaille Mickaël Cornou.

Du côté des revêtements de finition, le biosourcé fait également son chemin. Dans la peinture, « même si le marché reste à l’état de niche, il suscite un intérêt grandissant », observe Bernard

Boyeux, directeur de l’agence BioBuild Concept. L’avantage est double : s’affranchir de l’industrie pétrolière et offrir de meilleures garanties en matière sanitaire (qualité de l’air). Sur ce marché, une entreprise se distingue, Algo Paint, dont la peinture est fabriquée à 98 % avec des substances biosourcées. Outre une résine d’origine végétale, le produit intègre des algues déshydratées ayant deux fonctions distinctes : certaines jouent un rôle d’épaississant tandis que d’autres apportent de l’opacité. « Algo offre un meilleur rendement qu’une peinture classique, de l’ordre de 12 m² par litre, contre 10 m² », indique Lionel Bouillon, directeur de la marque.

Une volonté d’utiliser des produits sains. Le panneau pour agencement mural de Dehondt Composites (stand 4-F153) emploie également des matériaux biosourcés. Il est composé d’une âme en balsa, liège ou carton, et de parements en biocomposite intégrant des fibres de lin. L’enduit décoratif d’Akta mise pour sa part sur le chanvre. Constitué d’un liant à base de chaux hydraulique, d’agrégats de carbonates et de chanvre fin, il fait office de « finition pour les intérieurs », indique Laurent Goudet, son créateur. Celui-ci table sur une augmentation de la demande dans les années à venir. « On sent une volonté dans le bâtiment d’utiliser des produits sains, même si nous restons le plus souvent à l’initiative de la prescription », conclut-il.

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