Enjeux Entretien avec Philippe Plaza directeur général d'Eiffage Immobilier.

« D’ici à 2020, nous commercialiserons 5 000 logements par an »

Mots clés : Bâtiment d’habitation individuel - Entreprise du BTP - Gestion et opérations immobilières - Innovations

Eiffage Immobilier affiche des objectifs optimistes tant pour les bureaux que les habitations et mise sur l’innovation interne.

La baisse annoncée des loyers dans le parc social pour accompagner la baisse des APL vous inquiète-t-elle ?

Je reste vigilant, car les compensations proposées par le gouvernement ne sont pas à la hauteur des enjeux. Nous vendons en moyenne 2 000 logements aux bailleurs sociaux chaque année. Cette réforme pourrait ralentir l’activité des promoteurs, puisque la baisse des APL réduira d’autant les fonds propres des organismes HLM. Ils ne seront pas incités à investir et tireront les prix vers le bas… au risque de bloquer des projets immobiliers commercialisés par les promoteurs.

Quelles sont vos ambitions en matière de construction de logements ?

En 2017, nous aurons enregistré 4 500 réservations en Europe. D’ici à l’an prochain, le volume de commercialisations devrait se stabiliser autour de 4 500 à 4 700 unités, de façon à atteindre 5 000 réservations en 2020. La moitié de la production sera réalisée en Ile-de-France, l’autre en région.

Sur un an, le prix de vente des logements a augmenté de 3 % en raison de l’inflation du prix des terrains, des taxes d’aménagement, des frais d’ingénierie qui ont doublé, etc.

Qu’en est-il pour le bureau ?

En 2016, nous avons livré 150 000 m2 et, dans les deux ans qui viennent, nous souhaitons arriver à un rythme annuel de 200 000 m2. Nous avons beaucoup de projets en développe ment sur des fonciers maîtrisés. A chaque fois, il s’agira de projets neufs, en Ile-de-France, à Lyon, Marseille, Nantes, Toulouse ou encore Lille.

Quelle est votre stratégie en matière d’innovation ?

Eiffage Immobilier vient de lancer un laboratoire qui sera nourri en projets grâce à l’organisation en interne du challenge de l’innovation. Depuis début octobre et jusqu’à mi-janvier, les collaborateurs peuvent soumettre leurs idées. Nous sélectionnerons entre 15 et 20 équipes que nous accompagnerons pour approfondir leur problématique. Les premiers lauréats seront désignés en mars et les premières innovations déployées en 2019. L’objectif de ce laboratoire consiste à développer des démarches « intrapreneuriales ». Les équipes pourront travailler avec des start-up. Par la suite, ce laboratoire se tournera vers l’extérieur pour collaborer avec de grands groupes industriels, tels que Saint-Gobain. En parallèle, l’aménagement de deux écoquartiers sera lancé en 2018 dans les Hauts-de-Seine, l’un à Clamart, l’autre à Asnières-sur-Seine. Pour ce dernier, nous créerons une unité de production géothermique qui fournira le chauffage et l’eau chaude sanitaire à 1 600 logements. Elle couvrira aussi 50 % des besoins en froid. Pour la première fois, Eiffage sera chargé de l’installation du réseau, de la distribution énergétique et de la facturation.

Vous avez lancé une filiale bois avec Eiffage Construction. Quels sont ses objectifs ?

Cette filiale se positionne comme une entreprise générale du bois. Basée en Ile-de-France, elle disposera d’une trentaine de projets à développer. Je n’imagine pas aujourd’hui concevoir un projet d’aménagement sans programmer un immeuble en bois. Avec le déploiement de cette filiale, nous nous fixons une ambition : une construction en bois doit avoir le même prix qu’une en béton. Grâce à la tour Hypérion, à Bordeaux, nous savons désormais appréhender les surcoûts.

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