Enjeux

Cycle Up veut booster le réemploi

Icade et Egis lancent une plate-forme de marché dédiée aux déchets et matériaux de chantier réutilisables.

Un acteur de poids débarque sur le marché des matériaux d’occasion. Icade et Egis, les deux filiales de la Caisse des dépôts, s’apprêtent en effet à lancer une plate-forme numérique baptisée Cycle Up. Leur constat : une fois les travaux achevés, entreprises, architectes, promoteurs et foncières se retrouvent souvent encombrés par divers déchets de chantier, surplus par anticipation ou matériaux inutilisés. Lors de la restructuration de l’immeuble Défense 1, à Nanterre (Hauts-de-Seine), les équipes d’Icade, en charge du projet, se sont sérieusement penchées sur cette problématique. De leurs observations menées aux côtés de l’ingénieriste Egis a débouché une réflexion plus large sur le réemploi des matériaux, notamment après une démolition.

Capital ouvert. Sur ce chantier, ce sont 20 000 m² de planchers techniques, 1 000 m² de parquet en bois, des mains courantes d’escalier et des vestiaires qui ont retrouvé une nouvelle vie. Ils ont été utilisés pour Pulse, le projet bois-béton de 28 000 m² développé par Icade Promotion près de la station de métro Front Populaire, sur le territoire de Plaine Commune (Seine-Saint-Denis).

Pour parvenir à ce résultat, les deux acteurs ont mis en place une équipe de travail commune, dans une logique d’intrapreneuriat. Baptisée « Les Transformeurs », elle a donné naissance fin octobre à la société Cycle Up. « Nous voulions aller au-delà de la simple structure associative. Nous avons donc créé une véritable entreprise de cinq personnes, trois issues d’Egis et deux d’Icade, raconte Olivier Wigniolle, directeur général d’Icade. Il ne s’agit pas de donner un simple vernis environnemental à notre image, même si cela compte dans notre bilan RSE. L’idée, c’est de démontrer qu’il s’agit d’une activité économique à part entière, créatrice de valeur et d’emploi. Cette structure vise à être évolutive, et son capital est ouvert à ceux qui voudraient y participer. » Cycle Up, forte d’un investissement de 3 millions d’euros, est pour le moment détenue à parts égales par Icade et Egis. Sa présidence a été confiée à Emmanuelle Baboulin, également membre du comité exécutif d’Icade en charge du pôle Foncière tertiaire.

Les matériaux revendus sur la plate-forme seraient 25 à 30 % moins chers que les produits neufs.

Prestations d’audit et de conseil. La plate-forme s’adresse aux maîtres d’ouvrage et aux concepteurs, qui peuvent ainsi connaître les ressources disponibles recensées et l’alimenter eux-mêmes au quotidien. La jeune pousse propose aussi de les accompagner dans leurs démarches : les prestations d’audit et de conseil, réalisées par exemple lors de l’étude d’un projet de chantier de démolition, seront facturées. Cette analyse permet de faire le tri entre ce qui peut être réemployé, recyclé, donné ou revendu. « Les solutions de réemploi peuvent générer un gain de 25 à 30 % par rapport à des matériaux neufs, avance Olivier Wigniolle. Avec l’aide d’experts-comptables, nous réfléchissons à la manière dont ces réemplois pourraient être comptabilisés, ce qui pourrait limiter de façon importante les mises au rebut. » D’autres pistes de réflexion sont suivies. « Nous étudions les possibilités de certification pour réduire l’empreinte carbone des bâtiments », indique Nicolas Jachiet, le PDG d’Egis. Cette initiative vise aussi à « développer l’économie territoriale et l’emploi local, dans une véritable démarche d’économie circulaire ». Des arguments déjà bien rodés.

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ENCADRE

Premiers pas en Ile-de-France

Officiellement, Cycle Up passe en phase de test cet automne. Mais dans les faits, la jeune pousse est déjà entrée en action.

« Nous venons de signer notre premier partenariat avec l’entreprise de réinsertion Ares Services Seine-Saint-Denis, à Plaine Commune », annonce Emmanuelle Baboulin, présidente de Cycle Up. La plate-forme interviendra sur les opérations de dépose, de logistique et de transports ainsi que sur le stockage des matériaux. « Nous allons travailler sur de nombreux chantiers urbains comportant des phases de démolitions.

Et la région Ile-de-France n’en manquera pas, notamment dans la perspective des Jeux olympiques de 2024 », confie Olivier Wigniolle, le directeur général d’Icade, co-actionnaire de Cycle Up.

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