Régions Montpellier

Cure de jouvence pour l’ex-hôpital Saint-Charles

Mots clés : Architecture - Artisanat - Bâtiment d’habitation individuel - Établissements de soins - Gros oeuvre - Marché de l'immobilier

24 000 Nombre de logements de Bordeaux Métropole desservis par un réseau de chaleur urbain.

42,3 % Part des entreprises artisanales de Nouvelle-Aquitaine qui relèvent du secteur du bâtiment.

75 000 Nombre de visiteurs qui ont profité de la biennale d’architecture Agora organisée mi-septembre à Bordeaux.

« Dans l’ancien, le travail de l’architecte est invisible, alors qu’il faut redoubler d’inventivité pour s’affranchir des contraintes », explique l’architecte Brigitte Hellin, dont l’agence a mené la reconversion de l’ancien hôpital Saint-Charles comme une course de fond. Car son agence, Hellin-Sebbag Architectes Associés, travaille depuis 2004 sur la création d’un campus pour l’université Paul-Valéry, sous maîtrise d’ouvrage du rectorat de l’académie de Montpellier. La première tranche a été livrée en 2011, la seconde a été inaugurée le 12 octobre après trente-trois mois de chantier. Au total, le projet a porté sur 6 377 m2 SP pour un coût de 9,95 millions d’euros HT.

L’ancienne aile des Incurables, un bâtiment du XVIIIe siècle inscrit à l’inventaire des monuments historiques, a retrouvé son cachet. Dans les années 1970, le CHU avait modifié l’ensemble, puis pendant vingt ans, le bâtiment avait en effet été laissé à l’abandon, les escaliers vandalisés et les toitures éventrées. Il a fallu désamianter l’édifice, consolider les planchers mais aussi reconstituer la façade en pierre de taille de Vers et de Beaulieu, les percements d’origine et les menuiseries à petits bois des hautes fenêtres.

Rénové de fond en comble. Désormais, l’intérieur, sobre et moderne, est bercé d’une lumière naturelle soutenue par quelques leds minimalistes. Les voûtes sont traitées au plâtre « dans un esprit à la fois monacal et moderne », selon l’architecte. L’étroitesse du bâtiment (10,5 m) a posé une contrainte majeure : il était impossible de pousser les murs porteurs pour aménager un amphithéâtre de 100 places sans bloquer les circulations d’une partie du rez-de-chaussée : il occupe donc toute la largeur de l’aile centrale. En haut des gradins, la salle technique et les cabines de traduction y entrent « au chausse-pied ». Pour y accéder, les architectes ont pu négocier avec la Drac une belle extension contemporaine : un jardin d’hiver, volume autonome apposé au bâtiment. Cet espace est composé d’un plancher en bois sur pilotis, d’une charpente métallique et de lames de verre mobiles s’ouvrant à l’italienne, qui permettent de ventiler et de voir en transparence, depuis le jardin méditerranéen en restanque, la façade réhabilitée du XVIIIe siècle.

Pour conjuguer exigences patrimoniales, esthétiques et acoustiques, toutes les gaines ont été camouflées. Ce qui permet de mettre en valeur les voûtes de plein cintre dans les quatre salles de séminaires de 80 places, la bibliothèque d’archéologie et les espaces de travail pour les chercheurs. La centrale de traitement de l’air est installée en sous-sol et dans le comble d’une tour. Les flux disparaissent dans de grands coffres à chaque extrémité des salles, sauf l’une d’elles qui a changé de fonction à la dernière minute, à la demande du nouveau président de l’université. Partout ailleurs, des panneaux acoustiques suspendus laissent apparaître les voûtes tout en cassant la réverbération. La rémission de l’aile des Incurables est enfin complète.

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