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Contre le radon, la ventilation!

Mots clés : Bâtiment et santé - Energie nucléaire - Gaz - Qualité de l'eau, de l'air et du sol

Invisible mais omniprésent, le radon, faiblement concentré à l’air libre, s’accumule dans les espaces confinés La prévention contre ce gaz radioactif combine ventilation et étanchéification des sous-sols de bâtiments.

En provenance de la croûte terrestre et plus particulièrement des sous-sols granitiques (Bretagne, Vosges, Massif central), le radon représente la première source d’exposition à la radioactivité naturelle. Relargué dans l’air, depuis le sol ou l’eau, il peut être piégé dans l’atmosphère confinée de certains bâtiments où il s’accumule et présente alors un risque avéré pour la santé : on lui impute 2000 décès annuels en France par cancer du poumon. Pour réduire sa concentration dans les bâtiments, différentes techniques, préventives et curatives, sont mobilisées parmi lesquelles la ventilation joue un rôle-clé.

Aérer pour diluer

Si l’étanchéité à l’air entre le bâtiment et son sous-sol (pose d’une membrane, colmatage des fissures, etc.) est un préalable nécessaire, elle se révèle souvent insuffisante et doit alors être jumelée avec une dilution du radon par ventilation. Parmi les techniques en lice, une ventilation mécanique contrôlée (VMC) dite « double flux » (avec insufflation d’air neuf) permet, tout en améliorant la qualité de l’air intérieur, de placer le bâtiment en légère surpression vis-à-vis de l’extérieur, et donc de s’opposer à la lente remontée du radon dans la cellule habitée. En troisième approche, la ventilation du socle de l’édifice (vide sanitaire, cave) peut également être envisagée. La mise en dépression du sous-sol, par extraction mécanique et rejet vers l’environnement extérieur, permet au radon de s’y diluer et empêche la convection ascensionnelle de l’air chargé en radon en direction des pièces d’habitation. La conception du bâtiment comportera donc des réservations à cet effet dans le soubassement.

Diagnostic préalable

Si l’intégration de ces dispositions aux constructions neuves présente l’avantage d’une efficacité avérée à coût marginal, ces techniques sont en revanche plus délicates à mettre en oeuvre dans l’ancien où n’existe généralement aucun dispositif de ventilation maîtrisée. Dans ce cas, un diagnostic préalable s’impose.

Une évaluation du niveau d’aération des espaces de vie du bâtiment ainsi que des tests de mise en dépression du soubassement pourront faire partie de ce diagnostic d’ensemble. Selon les niveaux de concentration relevés à l’issue des mesurages, les dispositions présentées plus haut pourront être mises en oeuvre de façon itérative afin d’optimiser l’investissement consenti.

Pour en savoir plus

« Réduire la concentration en radon dans les bâtiments existants : guide de propositions de solutions techniques », par Bernard Collignan et Jean-Robert Millet. Cahiers du CSTB no 3143, livraison no 401, juillet-août 1999.

« Réduire la concentration en radon dans les bâtiments neufs : guide de propositions de solutions techniques », par Bernard Collignan et Jean-Robert Millet. Cahiers du CSTB no 3144, livraison no 401, juillet-août 1999.

Le site « radon » du CSTB – http : //ddd.cstb.fr/radon/

European Radon Research and Industry Collaboration Concerted Action (Erricca) – http : //european.radon.ntua.gr

PHOTO : Gaz radioactif émanant du sol et surtout des terrains granitiques comme en Bretagne (ci-dessus), le radon peut être nocif dans un bâtiment mal ventilé.

ENCADRE

«Radon : un cadre réglementaire renforcé pour les lieux ouverts au public»

Christel Rougy, ingénieur sanitaire, Direction générale de la sûreté nucléaire et de la radio- protection, ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie.

La Direction générale de la sûreté nucléaire et de la radioprotection (pour le compte du ministère de la Santé) et le ministère en charge du Logement élaborent actuellement un nouveau cadre réglementaire pour la gestion du risque radon dans les lieux ouverts au public. Celui-ci découle de la transposition de la directive européenne Euratom 96/29 fixant les normes de base relatives à la protection de la population et des travailleurs contre les dangers des rayonnements ionisants. Cette transposition introduit l’obligation pour les propriétaires de ces lieux de « mettre en oeuvre des mesures de surveillance de l’exposition lorsque celle-ci est de nature à porter atteinte à la santé du public ». Cette obligation est applicable dans les zones géographiques où le radon est présent en concentration potentiellement élevée (31 départements dits « prioritaires » pour la mesure du radon) et dans les locaux où le public est susceptible de séjourner. A savoir : les établissements d’enseignement, les établissements sanitaires et sociaux hébergeant des personnes, les établissements thermaux ainsi que les établissements pénitentiaires. Par ailleurs, les mesurages devront être effectués par des organismes agréés selon les modalités de l’arrêté du 15 juillet 2003. Après signature d’un dernier arrêté, ce dispositif entrera en vigueur courant 2004.

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