Enjeux Entretien avec Paul Duphil,secrétaire général de l'Organisme professionnel de prévention du BTP (OPPBTP).

« Continuer à développer la culture sécurité »

Mots clés : Entreprise du BTP - Hygiène et sécurité du travail - Manifestations culturelles

L’OPPBTP célèbre ses 70 ans.

Son secrétaire général fait le point sur l’évolution de la prévention dans le secteur et dégage des axes de progrès.

SPECIAL PREVENTION

Dans quel contexte l’OPPBTP fête-t-il ses 70 ans ?

Nous notons d’abord que tous les professionnels du BTP – constructeurs, concepteurs, fabricants de matériels et de matériaux – ont su monter en puissance en matière de prévention.

Nous avons notamment observé, ces dernières années, une professionnalisation de l’approche en prévention dans les grands groupes : elle constitue désormais une donnée à part entière de la performance. Si les majors se placent ainsi comme des tireurs d’exigence, ce mouvement se déploie de plus en plus largement dans nos entreprises. Nous nous réjouissons d’ailleurs de voir cette année le BTP présenté par l’assurance-maladie comme un bon élève à l’occasion de la publication des dernières statistiques sur les accidents du travail et les maladies professionnelles [lire page 12 ets., NDLR].

Quel rôle votre organisme a-t-il joué dans ces évolutions ?

Nous avons avant tout contribué à un changement de regard sur la prévention chez les employeurs et les salariés. Notre étude « Prévention et performance » a apporté des éléments de démonstration pour passer de l’obligation à l’intérêt de prendre ce sujet à bras-le-corps. L’OPPBTP a également redéveloppé ses capacités pour offrir un appui technique à la profession et aux pouvoirs publics. Avec, par exemple, dans le cadre de notre rôle de mutualisation au service de la branche, notre campagne « Carto » initiée en 2014 pour réaliser une cartographie des niveaux d’empoussièrement sur de petits chantiers impliquant de l’amiante.

Nous avons aussi été missionnés début septembre par le gouvernement au sujet des particules minérales allongées, qui ressemblent à de l’amiante, pour engager une campagne de mesurage sur le terrain. Il s’agit d’identifier les risques éventuels pour les travailleurs qui nécessiteraient, le cas échéant, des mesures réglementaires. Nous avons enfin, ces dernières années, renforcé nos actions en formation initiale : participation aux commissions de révision des diplômes, mise à disposition d’outils pédagogiques, interventions directes dans les établissements… Avec un objectif : l’intégration de la prévention comme composante à part entière des enseignements, afin de permettre une prise de conscience chez chaque acteur de la construction.

La fusion des institutions représentatives du personnel prévue par la dernière réforme du Code du travail menace-t-elle la prévention en entreprise ?

Dans les structures de 300 salariés et plus, malgré l’absorption du comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) par une instance unique, on peut imaginer que rien ne changera, puisqu’elles devront mettre en place une commission « santé, sécurité et conditions de travail ». Que cette structure possède ou non la personnalité juridique, avec la possibilité de saisir la justice, ne représente à mon sens pas d’enjeux particuliers : dans les entreprises où les CHSCT sont aujourd’hui des outils effectifs en matière de prévention, cette dernière ne devrait pas être remise en cause. Concernant celles de 50 à 300 salariés, nous attendons encore la publication de décrets d’application pour connaître les détails de la mesure.

Quels axes de progrès identifiez-vous pour le BTP ?

La profession doit continuer à améliorer les conditions de travail et à faire baisser des niveaux de sinistralité encore inacceptables. Il faut donc aller plus loin dans le développement de la culture prévention dans nos entreprises et nos métiers. Les avancées technologiques offrent d’ailleurs au secteur des perspectives pour l’avenir, dans le domaine des matériaux et des matériels comme de l’utilisation du digital et de ses supports. La profession est consciente de la nécessité d’évoluer, en matière de techniques comme d’organisation.

L’OPPBTP compte également s’appuyer sur le digital pour toucher les 220 000 entreprises du secteur. Elles sont aujourd’hui plus de 30 000 à utiliser nos services numériques en ligne.

Vous devez être abonné au moniteur pour lire la suite de ce contenu
PAS ENCORE ABONNÉ
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X