Droit immobilier

Construire, un acte difficile et passionnant pour bâtir des liens

Bâtir ces liens, c’est construire la diversité sociale, une clé pour ouvrir sur de nouveaux rapports humains.

Ce désir de vivre ensemble existe-t-il vraiment ou n’est-il qu’un alibi permettant de garder encore quelques illusions dans un monde désenchanté.

À une heure où tant de personnes vivent le mal logement, la question de la mixité peut apparaître seconde, les urgences donnent priorité au provisoire, souvent destructeur. Notre société serait-elle plus malade qu’elle ne le pense pour ne point éprouver la nécessité de soigner les maux qui la déstabilisent ?

Qui peut penser que la différence constitue une menace, sauf à s’installer dans une culture de l’exclusion et du mépris.

Qui peut consentir au regard souffrant de ces enfants qui n’ont point de toit ou de ces personnes qui, au soir de leur vie, sont dans le dénuement, confrontées à la solitude alors que la perte des forces les rejoint.

La diversité sociale n’est ni une cohabitation, ni une juxtaposition pour instaurer la personne et la ville : – la personne, suivant l’expression d’Edgar Morin, se construit dans la relation à l’autre, dans cette tension entre l’autonomie et la dépendance, l’aptitude et l’insuffisance alors que l’individu par ses illusions de puissance et d’autonomie fait échec à l’échange ; – la ville offre la chance d’une plus grande créativité avec le décloisonnement des quartiers et des strates sociales. L’approche de l’hétérogénéité nécessite, sans doute, les conditions d’un apprivoisement, mais elle appelle tout autant une ambition politique pour une cohérence entre les liens et les lieux sans laquelle la cité, meurtrière de l’humain, porte les traces de l’apartheid.

L’ouverture du chantier de la cohésion sociale s’impose. Elle nécessite la maîtrise des peurs pour porter le débat sur la seule question qui vaille : le sens. Sommes-nous prêts à ne pas nous contenter de penser contre, ni de penser ailleurs, mais de penser là où ça fait mal (Jean-Marie Domenach). Sans ce courage, les causes endémiques du mal logement, dénoncées depuis plus de 60 ans, subsisteront.

Sans audace, comment supprimer les lieux de non droit à force de créer passivement les conditions de relégation. Un enfant sur cinq, victime du mal logement, voit son avenir compromis.

Qui peut dire je ne savais pas. Alors, que faire ?

Le prendre-soin des liens nécessite de la retenue et de la bienveillance pour s’éloigner de la brutalité des jugements. Discerner, ce n’est point juger, mais évaluer une situation en vue de la faire évoluer.

La précarité, plus encore la pauvreté, accable. Il est malheureusement un urbanisme qui signe et concourt au développement de ces difficultés suscitant des lieux si périphériques que les liens sont dans tous leurs états.

Les cultures, les revenus, les aspirations, que de situations qui séparent. Pourtant la fraternité ne demande qu’à surgir. Une des clés est de se relever et de s’élever vers les sommets. Tout ce qui monte converge (Teilhard de Chardin).

L’expression « premier de cordée » du Président de la République fait florès. L’ image est suggestive pour introduire la présence de guides qui mènent vers des sommets des personnes qui n’auraient jamais pu isolément y parvenir, tout en veillant à ce qu’aucune ne se perde.

Que...

Vous lisez un article de la revue Operations Immobilieres n° 101 du 12/02/2018
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