Technique et chantier

Conjoncture Euroconstruct prévoit une modeste amélioration à l’Ouest

Mots clés : Conjoncture économique - Entreprise du BTP - Rénovation d'ouvrage - Travail

-Seuls les secteurs du BTP dépendant de financements privés progresseront. -La réhabilitation jouera un rôle moteur, tandis que le génie civil se rétablira doucement.

L’activité de la construction s’est stabilisée cette année et entre dans une phase de faible croissance tirée par la conjoncture générale (+ 2,5 % en 1997) a indiqué Euroconstruct lors de sa 44e conférence qui s’est tenue à Barcelone les 1er et 2 décembre. Ses prévisions sont légèrement plus optimistes sont légèrement plus optimistes qu’en juin dernier (« Le Moniteur » du 20 juin 1997, p.34) : dans la zone analysée, après une croissance négative en 1996 (- 0,6 % avec 4 735 milliards de francs), le chiffre d’affaires total du BTP doit progresser de 0,4 % en 1997 et 1,7 % en 1998 (« Le Moniteur » du 5 décembre 1997, p. 7). Mais le poids du secteur dans l’économie diminue : sur la période 1994-1998, son taux de croissance (+ 5,2 %) décroche de celui du PIB (+ 9,6 %) et, du fait du désengagement de l’Etat, son activité devient moins sensible aux cycles économiques.

La structure du secteur retrouve une ventilation comparable à 1987 : entretien-réhabilitation 34 %, logement 26 %, non-résidentiel 19 %, génie civil 21 %.

L’entretien-réhabilitation est le secteur le plus important mais aussi celui qui se porte le mieux : en tête, on trouve des pays accusant un net retard (Finlande, Espagne, Portugal).

Avec 1 212 milliards de francs (- 1,7 % en 1996), le logement neuf reste en crise. Les pays où le secteur privé domine profitent d’un contexte financier plus favorable et d’une augmentation de la demande, tandis que les autres subissent encore le retrait d’un secteur public traditionnellement important.

Le non-résidentiel privé se stabilise et seuls quatre pays seront encore dans le rouge : Allemagne, Italie, Norvège, Suisse. Le Danemark, l’Irlande, les Pays-Bas et la Grande-Bretagne vont particulièrement bien.

Il n’en va pas de même pour le non-résidentiel public, affecté par deux déterminants négatifs : les coupes budgétaires et la chute des constructions neuves au profit de la réhabilitation : neuf pays affichent des taux négatifs cette année, et onze seront encore à ou sous le zéro en 1998. Seuls la Finlande et l’Irlande s’en tirent bien (+ 25 et + 9,1 %).

Le génie civil remonte doucement la pente, après plusieurs années de récession : un phénomène particulièrement net en France, Allemagne, Suisse, Belgique et Espagne.

Les chiffres sur la période 1993-1998 permettent de distinguer trois groupes de pays :

Les pays éprouvant encore d’importantes difficultés : Suisse (- 2,3 % en 1998) et Allemagne (- 0,2 % en 1998) ne voient toujours pas le bout du tunnel, tandis que France (+ 2 % en 1998 : amélioration du climat d’investissements, hausse des dépenses d’infrastructures des collectivités) et Suède (+ 3 %) aperçoivent la reprise.

Les pays à croissance modérée mais continue : ceux qui retrouvent des bases solides de croissance (3 % en 1998) grâce au bâtiment privé et à l’entretien (Italie, Belgique, Espagne) et ceux qui affichent une croissance moindre en 1998 : Grande-Bretagne (3 %), Pays-Bas (1,3 %), Autriche (1,5 %).

Les pays qui s’orientent vers une croissance plus modeste. Les pays nordiques : Danemark (1,9 % en 1998) et Finlande (10,6 %), grâce au bâtiment privé, et Norvège (- 3,8 % en 1998 à cause du génie civil); les pays dont la très forte croissance a jusqu’ici été insufflée par les fonds européens : l’Irlande (8,5 %) et le Portugal (4,2 %).

TABLEAU : une Europe a deux vitesses (tendances du chiffre d’affaires de la construction)

En 1998, la reprise du BTP devrait se consolider à l’Ouest et se renforcer à l’Est.

ENCADRE

Europe de l'Est : la croissance va s'accentuer

L’année 1997 est la première durant laquelle le PIB de l’Europe de l’Est atteint globalement + 1 % grâce à la relative stabilisation de l’économie en Russie et en Ukraine. Les quatre pays associés à Euroconstruct affichent des taux de croissance du PIB en moyenne supérieurs à 4 %.

La construction suit cette tendance (4 à 5 %), même si les chiffres sont toujours à prendre avec prudence. La Slovaquie (12 milliards de francs de chiffre d’affaires BTP, + 8,7 % en 1997, + 8,6 % en 1998) et la Pologne (85 milliards, + 6,8 %, + 6,4 %) sont les seuls pays à avoir maintenu un taux de croissance soutenu cette année. La Tchéquie (45 milliards) est entrée dans une phase de restructuration brutale (- 3,4 % en 1997, + 1 % en 1998) sous l’effet d’une crise financière et politique, et la Hongrie (25 milliards, + 4,5 %, + 7 %) se stabilise. Par secteurs, les taux de croissance les plus importants sont observés dans les infrastructures (+ 6 % attendus, sauf Tchéquie) et dans le non-résidentiel (+ 9 % dans le privé depuis 3 ans, + 3,6 % par an prévus sur 1994-1998 dans le public). Pour le résidentiel, après la chute de 1994-1995, la reprise se consolide partout (5 à 10 % prévus pour 1998). Mais les conditions d’une croissance à la mesure du potentiel ne semblent pas encore toutes réunies.

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