Economie

CONCLUSION

« Dis-moi comment tu consommes, je te dirai qui tu es ». Cette citation anonyme exprime l’importance de la signification individuelle de l’acte de consommation. Elle peut aussi être comprise au niveau de la personne considérée dans son environnement humain, familial et social, voire de la société toute entière. Le commerce est ainsi un enjeu sociétal qui renvoie aux modes de vie et à l’organisation sociale dans les villes et les territoires, ainsi qu’au sein des espaces virtuels. La place du commerce et de l’acte de consommation dans les villes est révélatrice de l’équilibre entre survie, rêve, plaisir et partage tout autant que des tensions entre les aspirations individuelles et les défis du « vivre ensemble ». Sans réduire les questions afférentes à la consommation à celles relevant de l’urbanisme commercial, force est de constater à quel point les choix politiques en la matière (à l’échelle des villes ou des pays) sont révélateurs de la hiérarchie entre les valeurs que l’on veut sauvegarder, susciter ou réinventer. Mais la « transition écologique » dans laquelle nous sommes entrés concerne indissociablement tous les aspects de la vie sur la planète, ceux de l’urbanisme comme ceux des modes de vie et de consommation, que le rapport n’a pu s’empêcher d’effleurer, bien qu’ils se situent au-delà de son sujet et de la compétence des rapporteurs.

Peut-on consommer autrement et mieux ? Les pratiques ancestrales proches de la nature ou naissantes de l’alter-consommation peuvent-elles devenir à la portée de tous ? Peut-on passer du client roi du commerce de masse d’hier au client partenaire et coproducteur annoncé dans tous les médias comme un nouveau paradigme ? Le consommateur sera-t-il ainsi complice du dernier avatar du système ou réellement responsable écologiquement et socialement ? Autant de questions qui laissent à penser que plusieurs modèles vont continuer de coexister, d’évoluer, voire de s’affronter au cours des prochaines années… Dans ce contexte mouvant, les pouvoirs publics ont pour mission de faciliter les évolutions et de protéger les plus faibles, en permettant le déploiement des dynamiques de créativité et d’innovation dont les acteurs du commerce et de l’immobilier commercial sont capables, tout en bornant les excès, facteurs de déséquilibres et d’impacts irrémédiables sur notre environnement naturel et urbain. Et ce défi se situe bien au-delà des différences partisanes.

Sur toile de fond d’un questionnement de plus en plus tendu sur le modèle européen que les pays membres entendent promouvoir, notamment en termes de cohésion sociale et de ville durable, le rapport de mission montre qu’il est indispensable d’ouvrir une voie nouvelle en matière d’urbanisme commercial faite de réparation urbaine, d’embellissement et de reconfiguration des centralités anciennes ou récentes. Il montre aussi que, sous réserve d’une impulsion et des règles du jeu adaptées à l’échelle nationale et européenne, cette approche peut être conduite de façon partenariale au bénéfice de tous, des consommateurs comme de l’ensemble des opérateurs du commerce et de l’immobilier commercial.

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