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Communes Un parc immobilier mieux connu

Mots clés : Collectivités locales - Efficacité énergétique - Energie renouvelable - Gestion et opérations immobilières - Marché de l'immobilier - Marché de lénergie

Disparate et dispersé, le parc municipal oblige les communes à créer des outils de recensement et de suivi pour appliquer leur programme énergétique.

Avec près de 21 milliards de kWh consommés en 2005, les bâtiments communaux représentent les trois quarts de la consommation énergétique des communes pour une facture de 1,3 milliard d’euros, révèle l’enquête « Energie et patrimoine communal », menée tous les cinq ans par l’Ademe. Les écoles représentent le poste le plus important (35 % des consommations), devant les équipements sportifs et les bâtiments socioculturels. L’envolée des prix des énergies fossiles et les engagements nationaux de réduction des gaz à effet de serre sont pour les maires de bonnes raisons de s’impliquer dans l’amélioration des performances énergétiques du patrimoine, et de consacrer des moyens à sa bonne gestion.

Dresser l’état des lieux

Si nombre de petites communes sont encore peu organisées, celles qui dépassent 50 000 habitants ont de plus en plus souvent un élu en charge de l’énergie et des agents dédiés. Elles se dotent de tableaux de bord et font un suivi informatique de leurs consommations. Et pour dresser l’état des lieux et des consommations d’un parc de bâtiments disparate et dispersé, elles ont recours aux audits énergétiques. Une meilleure connaissance de leur parc sera indispensable pour élaborer d’ici à 2012 leurs plans climat – énergie territoriaux, comme les y incite la loi Grenelle I. Ces plans devront être en cohérence avec les schémas climat – air – énergie définis par les régions, qui déclineront les objectifs européens des « 3 x 20 » : moins 20 % de consommation d’énergie, moins 20 % de rejets de gaz à effet de serre et une part de 20 % d’énergies renouvelables dans le bilan énergétique en 2020.

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REIMS Une panoplie d’outils de gestion

La ville de Reims consommait 10 000 tonnes équivalent pétrole en 1982, moitié moins aujourd’hui. Son patrimoine bâti tourne à 120 kWh/m2.an, contre le double en France. Le résultat d’une politique, menée depuis plusieurs mandats, en faveur des économies d’énergie.

Un service dédié aux économies d’énergie

>Quand Gérard Jupin est arrivé en 1976, le service génie climatique et économies d’énergie comptait un technicien. Aujourd’hui, le chef de service dispose d’une douzaine d’agents. « Nous avons des missions transversales. Nous intervenons en amont pour que les bâtiments construits soient le plus économes possible. Nous faisons un suivi énergétique pointu du patrimoine, ce qui permet de fixer des priorités en termes de rénovation, en lien avec le service maintenance. »

Les chaufferies pilotées à distance

>La gestion technique centralisée, installée en 1993, pilote à distance les chaufferies de 83 sites municipaux sur 200. Jusqu’alors, les connexions passaient par les lignes téléphoniques. Depuis un an, elles basculent vers la fibre optique et l’ADSL, ce qui ouvre un contrôle permanent. La GTC permet de programmer finement et en temps réel la chaleur des bâtiments, en particulier les écoles, qui ne sont occupées que 20 % du temps annuel, et d’intervenir rapidement en cas de problème.

Des écoles vertueuses

>En installant des chaudières au gaz à condensation, en renforçant l’isolation et en régulant informatiquement les températures, la mairie obtient des résultats spectaculaires. La consommation d’énergie liée au chauffage a par exemple été divisée par deux au groupe scolaire Danube, qui date pourtant de 1970. A l’école Charpentier, on est descendu à 61 kWh/m2.an. Les services municipaux anticipent toujours sur la réglementation thermique à venir de façon à gommer le décalage provoqué par les délais de construction.

EDF et Gaz de France partenaires

>La Ville a signé deux chartes avec EDF et GDF (la première en France avec ce dernier). La subvention de 62 700 euros que doit verser EDF pour l’isolation et la rénovation des chauffages réalisés en 2006-2007 sera réinvestie dans les économies d’énergie. GDF, de son côté, peut se féliciter de compter parmi ses clients une commune qui n’hésite pas à installer une climatisation au gaz naturel dans un site classé monument historique, la bibliothèque Carnegie, pour mieux en contrôler la température et l’hygrométrie.

Un site unique HQE à l’horizon

>La chaleur distribuée dans le quartier Croix-Rouge (le plus peuplé) provient à 35 % de l’incinération des déchets ménagers. La Ville veut passer à 60 % d’énergies renouvelables et les nouveaux bâtiments publics s’inscrivent tous dans le développement durable. Mais le but ultime est de regrouper les principaux services municipaux dans une cité administrative certifiée HQE.

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PARIS Le plan climat doit trouver des moyens de financement

Le 1er octobre 2007, le Conseil de Paris adoptait son plan climat. La Ville s’y engage notamment à réduire de 30 % la consommation énergétique du parc municipal de bâtiments en 2020 par rapport à 2004. Les bâtiments neufs consommeront au maximum 50 kWh/m2 hon.an d’énergie primaire pour le chauffage, l’eau chaude sanitaire, l’éclairage, la ventilation et la climatisation. Et les réhabilitations lourdes (plus d’un million d’euros, impliquant une équipe de maîtrise d’œuvre), 80 kWh/m2.an.

Avant d’engager un plan de rénovation, les 3 000 équipements de la ville doivent subir un diagnostic énergétique. Commencée en 2008, cette opération se déroulera sur trois ans. A la fin de l’année, 500 des 660 écoles auront été diagnostiquées, ainsi que vingt mairies. Pour les écoles, le bilan s’établit en moyenne à 250 kWh/m2.an. « Pas trop mauvais, estime Jacques Monthioux, directeur du patrimoine et de l’architecture de la Ville de Paris.

Concours d’idées

Si les établissements de la génération Jules Ferry ne nécessitent que des interventions relativement légères (isolation de la toiture et changement des fenêtres), les constructions des années 60 sont des gouffres énergétiques et leur enveloppe doit être remplacée. » La principale difficulté étant le financement de ces opérations, la Ville a signé avec la Fondation Clinton un protocole de partenariat afin de trouver des montages financiers innovants impliquant le privé. Un concours d’idées portant sur cinq écoles a été lancé auprès des entreprises pour expérimenter et valider des solutions possibles.

Concernant les équipements thermiques, une campagne de rénovation des chaudières avait déjà été lancée. Le plan climat a donné un coup de pouce à son budget, passé de 6 millions d’euros annuels à 7,5 millions. Quant aux gestionnaires des équipements (un tiers privé, deux tiers en régie), ils sont intéressés aux gains d’énergie : au-delà de 1 % d’économie par an, ils perçoivent une prime.

2,5 millions de m2 c’est la suircafe du ârc immobilier de la Ville de Paris, datant pour l’essentiel d’avant la première réglementation thermique de 1974

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