Technique et Construction durable Smart city

Comment le BTP occupe le terrain

Mots clés : Entreprise du BTP - Réglementation

L’essor des villes intelligentes promet une compétition féroce lors des appels d’offres. L’atout des constructeurs : leur savoir-faire en matière d’aménagement et de pilotage de projets complexes.

Au cœur du Cher, Marmagne vit un début d’année historique, et pas seulement à cause des chutes de neige qui ont perturbé le quotidien de ses 2 000 habitants au début du mois de février. L’essentiel est ailleurs. La commune a lancé en janvier une expérimentation inédite de smart city, à travers un ambitieux projet d’autoconsommation énergétique collective. SmartMagne, c’est son nom, se concrétise par l’installation de 817 panneaux solaires sur neuf bâtiments publics. L’énergie produite devrait couvrir une grande partie des besoins de la collectivité : elle alimentera les neuf ouvrages, des bornes de recharge rapide pour véhicules électriques et quelques habitations à proximité. Mieux, des algorithmes permettront de déterminer le sort de l’énergie produite : consommation, stockage, réinjection dans le réseau…

Un sacré défi technologique – et un investissement de départ de 1,6 million d’euros – qui se révèle emblématique à deux titres au moins. Il témoigne d’abord de l’appétit des collectivités de toutes tailles pour les démarches de ville intelligente. « Les exemples d’initiatives des métropoles sont souvent cités, mais de nombreuses petites et moyennes communes s’intéressent au sujet et lancent des consultations. C’est même notre activité principale », témoigne Yehia Khalife, directeur smart city et infrastructures de transport chez l’ingénieriste Artelia.

Les ensembliers urbains bien placés. SmartMagne montre ensuite qu’un groupe de BTP peut endosser le rôle de chef de file. Le projet est en effet l’œuvre principale du spécialiste des infrastructures énergétiques Omexom, l’une des pépites de Vinci Energies. Une belle ligne sur le CV de la major, tant la concurrence s’annonce féroce sur les marchés de smart city à venir : énergéticiens (lire p. 16) , opérateurs télécoms, géants de la technologie… tout le monde veut sa part du gâteau. Le jeu est d’autant plus ouvert que « la révolution numérique efface les frontières des métiers de chacun, diagnostique Isabelle Baraud-Serfaty, directrice du cabinet Ibicity (lire p. 14) . Dans la smart city, ce sont les compétences d’ensemblier urbain, intervenant sur toute la chaîne de valeur, qui feront la différence. » Ce qui érige tout de même le BTP...

Vous lisez un article de la revue Moniteur n° 5964 du 23/02/2018
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