Architecture Préfabrication

Chantier express pour bâtiment pérenne

Mots clés : Réglementation - Technique de construction

Le procédé de calepinage et de découpe de l’entreprise NCH a obtenu la garantie décennale fabricant.

« L’avenir est à la concentration des logements. Il faudra construire moins de maisons individuelles au profit du petit collectif », prévoit Christian Ferrière, président de NCH France. Son entreprise, dont le nom est formé par le sigle de « Nouveau Concept pour l’Habitat », est prête pour cette évolution. Basée à Saint-Hilaire-de-Brethmas dans le Gard, elle produit des logements de façon industrielle, à partir d’éléments usinés en béton cellulaire.

Les modules sont découpés dans des blocs de 3 m par 1,20 m, d’une épaisseur de 62,5 cm. Dûment calepinés, numérotés et planifiés, ils sont prêts à poser. Collés, ferraillés, les murs sont ensuite rigidifiés par coulage d’un béton autoplaçant dans les réservations découpées en atelier. Les constructions répondent ainsi aux règles parasismiques, thermiques et de protection contre l’incendie. Fin 2016, le procédé a obtenu la garantie décennale fabricant. « Il nous permet de réaliser des ouvrages performants en matière de structure et bon marché », affirme Christian Ferrière.

100 m² de façade par jour. Sur le chantier, le rythme d’avancement peut atteindre environ 100 m² de façade par jour pour une équipe de deux ou trois maçons. Des outils de préhension spécifiques, mis au point pour les grues et engins de levage traditionnels, réduisent la fatigue des opérateurs. Seuls quelques ajustements, anticipés sur les plans, nécessitent des découpes.

« Notre bureau d’études réalise le plan du bâtiment en trois dimensions », explique Romain Ferrière, directeur général de NCH.

L’opérateur utilise pour cela les plans des architectes qu’il traite avec les logiciels SCIA (Nemetschek) et SolidWorks (Dassault Systèmes). « L’opérateur prépare la découpe des parois en éléments de béton cellulaire et crée les fichiers de commande de l’unité d’usinage, poursuit Romain Ferrière. Chaque pièce est alors préparée. Le logiciel produit aussi la nomenclature des éléments – qui sont numérotés – et les plans de pose. Le système anticipe l’organisation des racks de livraison et optimise le placement de la grue sur le site. » Une construction NCH peut donc être reprise dans un projet sous maquette numérique.

Intégrer les réseaux techniques. Bénéficiant de l’appui des équipes commerciales d’Ytong, industriel spécialisé dans le béton cellulaire, le procédé est à l’heure actuelle essentiellement proposé dans le sud-est de la France. Mais l’agrandissement de l’atelier et l’installation de plusieurs lignes de production à partir de l’an prochain devraient permettre à NCH d’étendre son activité. L’industriel devrait ainsi pouvoir répondre à l’attrait suscité par la garantie décennale.

L’autre développement concerne l’intégration des réseaux techniques. Après des essais satisfaisants sur les passages de gaines des réseaux électriques, NCH travaille sur l’hydraulique, plus précisément sur les alimentations en eaux chaude et froide et l’évacuation des eaux usées. Ce dispositif peut d’ores et déjà être étudié.

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ENCADRE

Bouches-du-Rhône - Un hôtel en R + 3 prêt à encaisser les chocs sismiques

Situé à la sortie de Martigues (Bouches-du-Rhône), cet hôtel de 49 chambres en R + 3 de la chaîne Comfort Hotel demandait une construction rigoureuse : le site est situé en zone de sismicité 3, et le sol est sableux. Pour décrocher ce marché représentant 1 650 m² de surface de plancher, NCH France a soumis sa solution en éléments de béton cellulaire de 30 cm d’épaisseur à l’Eurocode 8 (calcul des structures pour leur résistance aux séismes). La solution, précisément calepinée, armée et rigidifiée, a été validée par le bureau de contrôle Socotec. Elle répond aux exigences des établissements recevant du public (ERP).

L’ouvrage présente une grande rigidité, et la légèreté de sa structure constitue un autre atout majeur pour minimiser les contraintes sismiques : 1 200 tonnes contre 3 000 tonnes s’il avait été réalisé en béton traditionnel. L’industriel a produit 1 200 m² de mur livrés en 150 racks. Le montage du gros œuvre à l’aide d’une petite grue équipée d’une pince spéciale a demandé cinq jours par étage.

Maître d’ouvrage : SCI EVE. Maître d’œuvre : A. Berthet.

Entreprise : CLM/NCH France. Bureau de contrôle Socotec Salon-de-Provence et Socotec Paris. Durée des travaux de gros œuvre : huit mois. Livraison : mars 2016. Budget du gros œuvre : 480 000 euros HT, dont 98 000 euros HT pour NCH France.

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